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Madagascar : Le SeFaFi demande des lois électorales plus fiables

D 26 mars 2018     H 05:10     A Ny Aina Rahaga     C 0 messages


Les avancées majeures dans les projets de lois électorales qui devront être votés au sein du Parlement avaient été félicitées par les observateurs de la vie politique malgache. En effet, alors que l’on se félicitait de la mise en place d’un contrôle des financements des campagnes électorales, ou encore du rôle prépondérant accordée à la CENI (Commission électorale Nationale Indépendante), à la régulation des médias pour accentuer l’égalité entre les candidats, l’Exécutif qui avait apporté des corrections à ces projets de loi a su y mettre son grain de sel. Il semblerait que ce projet de loi ne soit que de la poudre aux yeux.

Le SeFaFi vient de relever un détail qui avait semble-t-il échappé au plus grand nombre dans son communiqué hier. « De l’art de se moquer du monde » titre l’Observatoire de la vie publique dans le dernier paragraphe de son communiqué hier. Une moquerie, c’est le cas de le dire lorsqu’on se penche sur les dernières dispositions de la loi organique relative au régime général des élections et référendum. « In cauda venenum (littéralement : le venin [du scorpion] se trouve dans la queue). Cette expression latine qualifie des écrits ou des discours qui semblent positifs au premier abord, mais qui réservent le négatif pour la fin ; en d’autres termes : les mauvaises surprises sont pour la fin », déclare le SeFaFi.

« C’est bien le cas du Projet de loi relatif au régime général des élections et des référendums, en son antépénultième article (243ème sur 245), dans le Titre VII - Dispositions transitoires et finales. En voici la teneur : « Sur une période de trois (3) ans qui court à compter de la promulgation de la présente Loi organique, les dispositions des sections 2 et 3 du chapitre II du titre II ne s’appliquent pas aux élections des membres de l’Assemblée Nationale et du Sénat, ni aux élections territoriales ». Les titres de ces sections, qui couvrent les articles 64 à 91, sont les suivants : - Section 1 - Le financement de la campagne électorale. - Section 2 - De la transparence en matière de compte de campagne électorale. ». Ainsi, les dispositions dont on se félicitait ne seront pas encore applicables pour les prochaines élections, à savoir les législatives et les communales car elles seront applicables pour l’élection présidentielle.

Calcul politique oblige afin de limiter les concurrents au parti HVM qui pourrait avoir plus d’argent ou plus de possibilités que le candidat du parti au pouvoir. Les prochains députés, afin sans doute de placer le plus grand nombre de HVM au sein de l’Assemblée Nationale et dans les collectivités décentralisées, pourront quant à eux faire comme bon leur semble. Une belle farce de la part du régime actuel qui a trouvé la parade parfaite pour se soustraire à toute forme de règles devant régir les prochaines élections. « 

Ainsi donc, la seule véritable avancée démocratique que comporte ce projet, et dont tout le monde se félicite, est mise au rancart pour trois ans. Le temps pour les prochains députés, sénateurs, maires, etc. (à l’exception du président de la République – pourquoi ce traitement différent ?) de se faire élire en toute sérénité, sans aucune obligation financière. Ils n’auront pas à tenir de comptes de campagne, ni à respecter les dispositions relatives au financement de leur campagne électorale, notamment celles qui se rapportent à la transparence, à la lutte contre le blanchiment de capitaux et à la corruption, ni à faire de déclaration de probité, ni à déclarer les recettes perçues (au pays ou à l’étranger) ou les dépenses engagées. Pour eux, la transparence financière ne sera pas exigée - pourquoi donc, dans ces conditions, l’imposer à leurs successeurs ?

Pousser le cynisme à cette extrémité révèle la vraie nature de nos dirigeants », conclue le SeFaFi.

Ny Aina Rahaga

Source : http://www.madagascar-tribune.com/

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