Madagascar : RAJOELINA ET LA FRANCE-AFRIQUE
20 octobre 2025 05:00 0 messages
13 octobre. Nouvelle logique ? Non. Logique de toujours. Celle que tout le monde murmurait, mais que j’ai voulu taire. Par pudeur. Par espoir aussi. Pour ne pas céder à la vieille rengaine accusatrice, pour ne pas ouvrir une plaie déjà purulente dans la chair d’une société exsangue. Mais elle est bien là. La France-Afrique, dans toute sa bassesse. Ce n’est pas un cauchemar, c’est la réalité nue.
Jamais je n’ai mentionné la France. Parce que c’est devenu le réflexe pavlovien de toute pensée africaine d’acccuser la France de tout, de la misère, de la corruption, du chaos. J’ai voulu m’en détacher, chercher d’autres logiques, d’autres causes, d’autres responsabilités. Mais les faits sont là, brutaux.
Le 13 octobre, Emmanuel Macron parle au micro de RFI de l’exfiltration de Rajoelina. Il s’érige en garant de la Constitution, adopte le ton du maître inquiet. Son discours transpire la peur et l’arrogance du donneur de leçons . En résumé, il aurait pu dire "Sans nous, la communauté internationale, la France, vous n’êtes rien. " Et, le soir même, Rajoelina répète la même rhétorique. La similitude est effrayante. On croirait que c’est Macron lui-même qui a dicté son texte. Ce pantin, sauvé par sa mère-patrie au détriment de la souveraineté malgache, s’exprime comme un écolier récitant sa punition.
Je n’ai jamais fait cas de sa double nationalité. Je la croyais anecdotique, un détail dérisoire. Comme il l’a dit lui-même, " un 8 cm sans importance ". Mais aujourd’hui, tout s’éclaire. Rajoelina n’est plus un président. C’est un enfant réfugié dans les jupes de sa mère, la France.
Un enfant craintif, maladroit, répétant les mots de celle qui le couve, le guide et le surveille pour qu’il ne fasse plus de bêtise. Un enfant qui, à force de se protéger, s’est condamné à ne plus jamais se relever.
Je n’ai pas vu la France-Afrique dans le téléphérique, ni dans les contrats de Colas, ni dans la sous-traitance d’Henri Fraise à la Jirama. J’ai voulu y voir de simples affaires, pas une allégeance. Mais ce 13 octobre 2025, les masques sont tombés. Il suffit d’écouter les deux voix, celle de l’Elysée et celle d’Iavoloha, pour comprendre qu’ elles ne font plus qu’une. L’équation est simple. La démonstration par similitude est faite. Ce n’est plus seulement un homme qui nous opprime, mais un pays. La France.
Et si l’histoire ne se répète jamais tout à fait, elle bégaie encore un accent colonial. Ce soir, plus que jamais, les mots d’Aimé Césaire résonnent dans la nuit malgache. "Le malheur de l’Afrique, c’est d’avoir croisé la France."
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