Vous êtes ici : Accueil » Afrique centrale » Centrafrique » Plus de 100 mineurs meurent dans un effondrement en Centrafrique : les (…)

Plus de 100 mineurs meurent dans un effondrement en Centrafrique : les multinationales responsables

D 25 août 2026     H 05:30     A Axel Justo     C 0 messages


Au moins cent personnes sont mortes ce mercredi 19 août dans l’effondrement d’une mine d’or en Centrafrique. Un accident effroyable, qui rappelle toute la barbarie d’un système qui profite avant tout aux intérêts des impérialistes.

Selon l’AFP, au moins 100 mineurs centrafricains, camerounais et tchadiens sont morts mercredi 19 août dans l’effondrement de la mine d’or de Zamboyé, dans l’ouest du pays, à la frontière avec le Cameroon. Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, on peut voir un impressionnant glissement de terrain visible de la surface, et causé d’après le parquet de Baboua (la ville centrafricaine la plus proche) par « l’effondrement de plusieurs galeries souterraines dans lesquelles des mineurs opéraient ».

Ce premier bilan risque fort d’exploser, alors qu’un nombre incalculable de mineurs sont toujours portés disparus deux jours après le drame. Mais cette tragédie est bien loin d’être un cas isolé. Les effondrements dans les mines sont fréquents en République centrafricaine, où des milliers de personnes travaillent dans l’exploitation minière artisanale, souvent sans équipement adéquat ni conditions minimales de sécurité. En juin, un autre effondrement dans une mine d’or avait déjà coûté la vie à des dizaines de personnes. En mars, sept travailleurs avaient trouvé la mort dans un autre accident.

Des conditions de travail désastreuses qui s’expliquent notamment par la misère immense dans laquelle sont maintenus les travailleurs du pays, forcés d’accepter des emplois aussi dangereux et précaires pour survivre. Alors que du point de vue de ses ressources, la Centrafrique est un des pays les plus riches du monde, disposant de très grandes réserves pétrolières et des gisements d’or, d’uranium et de diamants parmi les plus abondants de la planète, il s’agit en parallèle d’un des pays les plus pauvres au monde. Un paradoxe qui s’explique par des décennies d’exploitation et de prédation continue des ressources du pays, historiquement accaparées par des intérêts impérialistes, au premier rang desquels ceux de la France, ancienne puissance coloniale, mais aussi par des entreprises étasuniennes et canadiennes notamment. Plus récemment, Pékin et surtout Moscou, par l’intermédiaire du PMC Wagner, ont à leur tour pris pied dans le pays, participant à la poursuite de cette exploitation brutale du pays.

C’est au service de ces intérêts étrangers qu’une bourgeoisie compradore entretient et exploite dans des conditions effroyables plusieurs centaines de mines artisanales comme celle de Zamboyé. L’or qui en est extrait alimente ensuite le marché occidental de l’électronique, de la joaillerie et des grandes banques. Cette exploitation sert donc, en dernière instance, les intérêts des pays impérialistes et de leurs multinationales ; les conditions désastreuses de travail qui prévalent tant dans les mines artisanales que dans les mines industrielles du pays, tout comme cet accident, ne peuvent se comprendre si on ne prend pas en compte la course au profit qui sous-tend cette exploitation. Si la violence exceptionnelle de la catastrophe a, pour une fois, attiré l’attention des réseaux sociaux pour quelques jours, il s’agit en réalité de la simple face émergée d’un véritable iceberg de violences causées par l’exploitation minière, que ce soit en Centrafrique, ou dans la République Démocratique du Congo voisine, qui subit des logiques d’exploitation similaires, comme dans le reste des semi-colonies du monde, de la Bolivie à l’Indonésie. Au Congo, l’effondrement de la mine de Rubaya il y a quelques mois avait similairement retenu l’attention des réseaux sociaux et soulevé une légitime indignation, sans que le gouvernement, que ce soit celui de Kinshasa ou de Kigali, par le truchement du M23 qui contrôle la mine, ne fassent quoi que ce soit pour inverser la tendance, ni, bien sûr, les principaux pays qui profitent de ces ressources, au premier rang desquels la Chine et, de plus en plus, les États-Unis depuis la signature du nouveau partenariat stratégique avec la RDC.

L’industrie minière, qui compte une surreprésentation d’enfants parmi ses travailleurs, expose des millions de prolétaires à une réduction drastique de leur espérance de vie et à des conditions de travail abjectes : chaleurs extrêmes, maniement sans protection d’outils dangereux et dans des positions atroces, le tout sous la menace permanente des fréquents accidents qui secouent l’industrie.

Face à cette horreur quotidienne, directement causée par l’impérialisme et l’exploitation capitaliste, nous exprimons depuis Révolution Permanente toutes nos condoléances aux familles des victimes, et nous exigeons surtout, depuis la France, le départ immédiat des toutes les entreprises et troupes françaises présentes hors de nos frontières. Nous soutenons le droit au contrôle total de l’ensemble des nations sur leur marché extérieur, l’annulation de toutes les dettes impérialistes et la nationalisation sous contrôle des populations de l’ensemble des richesses naturelles des pays qui subissent aujourd’hui leur pillage en règle par l’impérialisme.

Source : https://www.revolutionpermanente.fr