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RDC : réactions internationales après la répression de Lubumbashi

D 30 avril 2016     H 05:11     A Christophe RIGAUD     C 0 messages


L’ONU, la France et le Royaume-Uni ont exprimé leur inquiétude après les arrestations et les opérations d’intimidations dans l’entourage de l’opposant Moïse Katumbi.

Dimanche, la manifestation organisée par l’ancien gouverneur du Katanga a été la seul à avoir été dispersée par la police...

La répression politique est encore montée d’un cran après la manifestation de dimanche 24 avril à Lubumbashi. Le G7 et Moïse Katumbi appelaient à un meeting pacifique contre un troisième mandat du président Joseph Kabila et pour la tenue, fin 2016, de l’élection présidentielle. L’entourage de l’ancien gouverneur est désormais clairement dans le viseur des autorités de Kinshasa. Son ancien conseiller, Huit Mulungo a été interpellé deux jours avant le meeting de dimanche, à son domicile, avant d’être transféré devant la Cour militaire de Lubumbashi pour « détention illégal d’armes ». Puis ce sont au tour de deux enfants de Pierre Lumbi, un membre influent du G7, d’être arrêtés dans l’hôtel qu’ils dirigent dans la capitale katangaise. Des armes auraient également été retrouvés dans l’une des chambres de l’établissement. Contrairement à Huit Mulungo, les deux enfants de Lumbi seront libérés lundi 25 avril après interrogatoire. Lors du meeting de dimanche à la Kenya, dispersé par la police au moyen de gaz lacrymogènes, une dizaine de manifestants dont quatre proches de Moïse Katumbi ont également été arrêtés. Kinshasa a confirmé avoir transféré quatre personnes dans la capitale congolaise, dont un citoyen américain, Darryl Lewis. Du côté de l’Unafec de Gabriel Kyungu, un allié de Katumbi, huit arrestations sont également à déplorer.

Opérations d’intimidations à Lubumbashi

Depuis que Moïse Katumbi a quitté la majorité présidentielle, fin 2015, la répression et les opérations d’intimidations s’accumulent autour de l’ancien gouverneur de la riche province minière. Jusque-là fief électoral du camp Kabila, l’ex-Katanga est en train d’échapper petit à petit au pouvoir pour tomber dans les mains du patron du TP Mazembe. Les proches de Katumbi : Mulungo, Lumbi, Kyungu… sont désormais la cible de la stratégie d’intimidation mise en place par la majorité présidentielle – voir notre article.

Depuis plusieurs semaines, la sécurité a été fortement renforcée dans l’ex-Katanga : patrouilles incessantes, contrôles fréquents, présence de nombreux militaires de la garde présidentielle et de chars de combat… l’ambiance à Lubumbashi devient de plus en plus tendue. Dimanche, alors que les manifestations de l’opposition à Kinshasa, Goma et Bukavu se sont déroulées dans le calme, seul le meeting de Lubumbashi a été victimes de violences policières. L’objectif de la répression de dimanche visait clairement Moïse Katumbi, rival le plus dangereux de la majorité présidentielle et ancien allié de Joseph Kabila passé dans l’opposition.

« Des événements graves »

Après la manifestation avortée de Lubumbashi, les réactions internationales ne se sont pas faites attendre. L’ONU, via le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme estime que « les événements qui ont eu lieu à Lubumbashi sont graves, car un candidat politique a été empêché de tenir un meeting en RDC ». L’ONU dénonce enfin un « impact négatif sur la crédibilité du processus électoral ». Car cette répression intervient alors que la présidentielle risque d’être retardée par le pouvoir en place, afin de « fiabiliser », officiellement, le fichier électoral. Mais pour l’opposition, il s’agit d’un stratagème pour prolonger le mandat de Joseph Kabila que la Constitution interdit de se représenter. La France, par la voix du Quai d’Orsay s’est également inquiétée des « entraves au débat politique en RDC ». Selon Paris, « les libertés fondamentales doivent être respectées (…) et le processus électoral libre, transparent et pacifique implique l’instauration d’un débat politique serein, sans restrictions ». Le gouvernement britannique est également « préoccupé par l’arrestation et l’intimidation des personnes ayant mené une activité politique à Lubumbashi au cours de la semaine dernière. Le peuple congolais doit pouvoir exprimer ses opinions librement ». Inquiétudes qui rejoignent les positions américaines émises plusieurs fois par John Kerry ou le sénateur Mac Cain en demandant à Joseph Kabila de « respect la Constitution » en quittant le pouvoir fin 2016. Des recommandations que Kinshasa devraient pourtant appliquer puisque le président Joseph Kabila tente de convoquer depuis plusieurs mois un dialogue politique avec l’ensemble de la classe politique pour trouver un calendrier électoral consensuel et organiser des élections « apaisées » en RDC.

Christophe RIGAUD

Source : http://afrikarabia.com

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