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Gabon : L’ONEP SUSPEND SON MOUVEMENT DE GRÈVE MAIS DÉNONCE LA MÉTHODE DU GOUVERNEMENT

D 6 février 2015     H 06:35     A Michel Ndong     C 0 messages


En grève le 1er décembre dernier, l’Organisation nationale des employés
du pétrole (Onep) a repris le travail ce lundi 2 février, même si le
syndicat continue de dénoncer le gouvernement sur une certaine logique
du pourrissement et la mise à mort de la Société gabonaise de raffinage
(Sogara).

L’annonce a été faite par le secrétaire général de l’Organisation
nationale des employés du pétrole (Onep), lors d’un point presse tenu le
1er février 2015 au siège du syndicat à Port-Gentil. Ce lundi 2 avril,
tous les employés grévistes du secteur pétrolier devront donc renouer
avec le travail qu’ils ont arrêté depuis le 1er décembre 2014.

Cette décision du bureau national est, cela va sans dire, la conséquence
des avancées observées dans les négociations entamées avec le
gouvernement. Loin d’obtenir la suspension des prélèvements pour le
compte de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale
(Cnamgs), l’Onep est, selon son secrétaire général, parvenu à faire que
l’assiette des cotisations naguère à 6 millions de francs passe à 2,5
millions. Pour ce qui est des prélèvements sur les salaires, ils sont
passés de 2,5 à 1%. Par ailleurs, il a fait remarquer que les
discussions pour revoir le fonctionnement de cette assurance maladie
considérée comme « une grosse arnaque d’État » se poursuivent.

Le préalable concernant la société Stsi-Boccard a également été abordé
de façon satisfaisante au regard du soutien apporté par le gouvernement
à la décision de l’administration du travail annulant les licenciements
entrepris par le directeur des opérations, Richard Lechien, concernant
53 employés de cette société. « Nous attendons du gouvernement qu’il
aille jusqu’au bout de sa logique pour que ces employés soit réintégrés
et que monsieur Richard Lechien qui est en situation irrégulière soit
traité conformément à la réglementation en vigueur dans notre pays », a
déclaré Paul Aimé Bagafou qui n’a pas manqué d’évoquer également le cas
de Libya Oil dont les accords d’établissements conclus avec la direction
générale de cette société « constituent une avancée significative dans
l’amélioration des conditions de travail des employés ».

Malgré ces quelques avancées, le secrétaire général a fustigé l’attitude
du gouvernement, lequel n’aurait montré, d’entrée de jeu, aucune volonté
de trouver des solutions aux problèmes, pourtant légitimes, posés par
les travailleurs du secteur pétrolier et activités connexes. Ainsi, pour
Paul Aimé Bagafou, la grève s’est éternisée parce que le gouvernement
« avait choisi l’option de l’intimidation et du bras de fer ». Il n’en
veut pour preuves que le remplacement illégal des salaries grévistes de
la Société gabonaise d’entreposage des produits pétroliers (SGEPP) par
les éléments des Sapeurs pompiers, l’importation du carburant de
l’étranger et la désinformation de l’opinion nationale et internationale
quant au prétendu manque de volonté de trouver une issue à la crise de
la part de l’Onep. « La grève n’a perduré que parce que le gouvernement
ne s’est pas montré à la hauteur du véritable enjeu qu’est l’avènement
d’un climat social durablement apaisé dans l’industrie pétrolière. De ce
fait, le gouvernement est seul responsable de la crise actuelle et de
toutes celles qui pourraient survenir si les problèmes posés sont
occultés avec le même mépris », a-t-il déclaré non sans revenir sur la
finalisation et la signature du procès verbal d’étape toujours attendues
par le syndicat. « Nos discussions ont abouti à des compromis dont nous
attendons toujours le procès verbal. Mais au lieu de continuer à
attendre, nous avons voulu montrer notre volonté à sortir de la crise et
notre patriotisme en suspendant notre grève générale illimitée. Nous
attendons toujours que le gouvernement nous appelle pour la signature de
ce procès verbal », a ajouté le SG de l’Onep.

Le syndicat a par ailleurs dégagé sa responsabilité quant à la situation
qui prévaut en ce moment à la Société gabonaise de raffinage (Sogara),
qui est au plus mal. L’État ne livre plus de brut à la raffinerie depuis
le 9 janvier alors même qu’un accord avait été trouvé entre l’Onep et la
direction générale de cette société pour un redémarrage de la
raffinerie. Une attitude qui selon le syndicat, témoigne d’une volonté
manifeste des dirigeants du pays de favoriser le plan de liquidation de
la Sogara. « Pensez-vous que la décision de libéraliser l’importation du
carburant qui donnera le coup de grâce à la Sogara profite à l’Onep ou
plutôt aux affairistes tapis dans l’ombre qui vont se déployer sur ce
nouveau créneau et s’enrichir sur le dos de nos adhérents ? », s’est
interrogé le SG de l’Onep qui n’a pas manqué de fustiger le fait que des
plaintes initiées devant les tribunaux pour de multiples entraves à
liberté syndicale « se sont égarées dans les tiroirs du palais de justice ».
S’il est vrai que tous les employés grévistes reprennent le travail ce
lundi 2 février, la guerre des mots entre l’Onep et le gouvernement,
elle, est loin de connaître son épilogue. En attendant la signature du
procès verbal d’étape et le nouveau chronogramme des négociations,
l’Onep a toutefois prévenu : « Notre organisation syndicale se réserve le
droit de répondre par tout moyen utile, à toute campagne de
désinformation de l’opinion le cas échéant ».

Michel Ndong

Source : http://gabonreview.com

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