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Guinée équatoriale : Un blogueur et directeur d’une revue littéraire en grève de la faim pour protester contre le manque de libertés

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D 27 février 2011     H 05:42     A Reporters sans frontières     C 0 messages


(RSF/IFEX) - Le 11 février 2011, Juan Tomás Ávila Laurel, blogueur et directeur du magazine culturel et littéraire "Atanga", a entamé une grève de la faim en signe de protestation contre le régime autoritaire de Teodoro Obiang Nguema. Trois jours plus tard, le 14 février, il a quitté la Guinée équatoriale en direction de l’Espagne, se disant victime de "pressions".

"En raison du caractère extrême de la démarche et des risques qu’elle engendre pour la santé de celui qui la mène, Reporters sans frontières n’encourage pas la grève de la faim comme moyen de contestation. Mais nous saluons le courage de ce militant de la liberté dans un pays où toute démarche de protestation et tout discours critique sont réprimés. Nous demandons aux autorités, et surtout aux partenaires occidentaux de la Guinée équatoriale, d’entendre les revendications de Juan Tomás Ávila Laurel, concernant en particulier l’absence de liberté d’expression", a déclaré Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters sans frontières.

Le militant a récemment déclaré dans une interview pour le journal en ligne GuinGuinBali : "Cela fait trente ans que nous vivons une situation terrible et que nous empruntons une mauvaise route. Il est temps d’agir. Nous ne pouvons pas continuer à subir cette dictature (. . .). Pendant longtemps, nous avons cru qu’il était impossible de renverser un dictateur. Maintenant nous savons que c’est possible et nous devons essayer. Nous devons nous inspirer de l’esprit de changement qui souffle au Maghreb" ( http://www.guinguinbali.com/index.php?lang=es&mod=news&task=view_news&cat=3&id=1539 ).

Le blogueur a notamment demandé au président de l’Assemblée nationale espagnole, à la tête d’une délégation de parlementaires en visite en Guinée équatoriale, d’exercer "les pressions nécessaires" pour qu’un gouvernement de transition soit constitué sans aucun membre du régime actuel.

Par crainte de voir poindre en Guinée équatoriale un mouvement de contestation similaire à celui du Nord de l’Afrique, le gouvernement a décidé d’organiser un black-out médiatique sur les chutes de Zine el-Abidine Ben Ali et Hosni Moubarak. Le ministre de l’Information et porte-parole du gouvernement, Jeronimo Osa Osa, a donné des instructions claires au personnel de la radio-télévision d’Etat RTVGE pour que les événements en Tunisie et en Egypte ne soient pas couverts.

Sur son blog ( http://www.fronterad.com/?q=blog/18 ), à travers ses œuvres romanesques, poétiques et théâtrales, ou encore lors des conférences qu’il donne dans plusieurs universités étrangères, l’écrivain équato-guinéen n’a de cesse de critiquer le régime de Malabo, sa mauvaise gouvernance, ainsi que la complaisance étrangère vis-à-vis de la dictature de Teodoro Obiang Nguema.

La publication de câbles Wikileaks par le quotidien espagnol "El País" a révélé, par exemple, l’indulgence coupable des Etats-Unis à l’égard de Malabo. En 2009, le diplomate américain en poste en Guinée équatoriale, Anton K. Smith, qualifiait ainsi Teodoro Obiang Nguema de "mec sympa", dirigeant le pays de manière "sereine et bienveillante". Autrement dit, tout va bien dans le "Koweit de l’Afrique", pays sans libertés mais important fournisseur de pétrole pour les entreprises américaines.

La Guinée équatoriale occupe la 167e place, sur 178 pays, dans le classement mondial 2010 de la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières. Son président, Teodoro Obiang Nguema, figure depuis plusieurs années parmi la liste des prédateurs de la liberté de la presse publiée par l’organisation. Mainmise sur l’économie, culte de la personnalité, corruption, absence de pluralisme, presse strictement encadrée, le chef de l’Etat dirige le pays d’une main de fer depuis 1979.

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SOURCE : Reporters sans frontières

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17 February 2011

Blogger and magazine editor starts hunger strike to protest against lack of freedom
SOURCE : Reporters Without Borders

(RSF/IFEX) - Juan Tomás Ávila Laurel, a novelist, blogger and editor of the arts and literature magazine "Atanga", left Equatorial Guinea for Spain early on 14 February 2011 saying he had been "harassed" because of the hunger strike he began on 11 February to protest against President Teodoro Obiang Nguema’s dictatorial rule. He was planning to continue his protest in Spain.

"We do not encourage hunger strikes as a form of protest because of their extreme nature and the danger they pose to the protestor’s health, but we salute this activist’s courage in a country in which any form of protest or criticism is quickly repressed," Reporters Without Borders said. "We call on Equatorial Guinea’s government and its western partners to heed Ávila’s demands, especially those concerning the lack of freedom of expression."

In an interview two days ago, Ávila said : "We have been in this terrible situation for 30 years, moving in the wrong direction, and it was time to do something. We cannot go on like this, with this dictatorship (. . .) For a long time we thought it was too difficult to remove a dictator from power and now we have seen what can be done. We have to try it. We must take advantage of the winds of change in the Maghreb."

In the interview, he also urged the president of the Spanish national assembly, who led a parliamentary delegation on a visit to Equatorial Guinea’s capital, Malabo, last week, to apply "the necessary pressure" so that a transitional government without any members of the current regime could be installed in the country.

In an attempt to prevent North African-style protests from spreading to Equatorial Guinea, the government imposed a news blackout on the fall of Tunisia’s Zine el-Abidine Ben Ali and Egypt’s Hosni Mubarak. Information minister Jeronimo Osa Osa, who is also the government’s spokesman, issued clear directives to the staff of the state radio and TV broadcaster, RTVGE, not to cover the unrest in Tunisia and Egypt.

In his blog ( http://www.fronterad.com/?q=blog/18 ), novels, poems and theatre plays, and in the conferences he has given in foreign universities, Ávila has been constant critic of the Obiang Nguema dictatorship and the international community’s readiness to tolerate it.

According to the Spanish daily "El País"’s coverage of the US diplomatic cables leaked by WikiLeaks, the senior US diplomat stationed in Malabo in 2009, Anton K. Smith, described Obiang Nguema as one of "the good guys" and talked of his "mellow, benign leadership." So, in the US embassy’s eyes, everything is clearly fine in this "African Kuwait", which lacks any freedom but is a major source of oil for US companies.

Equatorial Guineas is ranked 167th out of 178 countries in the 2010 Reporters Without Borders press freedom index, while Obiang Nguema has been on the Reporters Without Borders list of "Predators of Press Freedom" for years. A stranglehold over the economy, a personality cult, corruption, a lack of pluralism and closely controlled news media have been the main features of Obiang Nguema’s iron rule since he took over in 1979.

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17 febrero 2011

Bloguero y director de revista emprende huelga de hambre para protestar contra falta de libertades
FUENTE : Reporteros sin Fronteras

(RSF/IFEX) - El 11 de febrero de 2011, Juan Tomás Ávila Laurel, bloguero y director de la revista cultural y literaria "Atanga", emprendió una huelga de hambre como señal de protesta contra el régimen autoritario de Teodoro Obiang Nguema. Tres días después, el 14 de febrero, salió de Guinea Ecuatorial para España al sentirse víctima de "presiones".

"Por las características extremas de tal conducta y los riesgos que conlleva para la salud del individuo que la lleva a cabo, Reporteros sin Fronteras no defiende la huelga de hambre como medio de oposición. En cambio, sí aclamamos el valor de este militante de la libertad en un país donde se reprimen cualquier tipo de protesta y cualquier discurso crítico. Pedimos a las autoridades, y sobre todo a los países socios occidentales de Guinea Ecuatorial, que escuchen las reivindicaciones de Juan Tomás Ávila Laurel, en particular sobre la ausencia de libertad de expresión", declara Jean-François Julliard, secretario general de Reporteros sin Fronteras.

El militante declaró hace poco en una entrevista : "Llevamos 30 años en una mala situación, caminando en la dirección equivocada, y ya era hora de hacer algo. No podemos seguir así, con esta dictadura (. . .). Durante mucho tiempo hemos creído que es difícil echar a un dictador del poder y ahora hemos visto que se puede hacer. Tenemos que intentarlo. Deberíamos aprovecharnos del espíritu de cambios que hay en el Magreb" ( http://www.guinguinbali.com/index.php?lang=es&mod=news&task=view_news&cat=3&id=1539 ).

El bloguero pidió especialmente al presidente de la Asamblea Nacional española, a la cabeza de una delegación de parlamentarios de viaje a Guinea Ecuatorial, que ejerza "las presiones necesarias" para que un gobierno de transición se constituya sin ningún miembro del actual régimen.

Al temer que aparezca en Guinea Ecuatorial un movimiento de protesta similar al de África del Norte, el gobierno decidió organizar un blackout mediático sobre los derrocamientos de Zine el-Abidine Ben Ali y Hosni Mubarak. El ministro de Información y portavoz del gobierno, Jeronimo Osa Osa, ordenó claramente al personal de la radio-televisión de Estado RTVGE que no se cubrieran los acontecimientos de Túnez y Egipto.

En su blog ( http://www.fronterad.com/?q=blog/18 ), a través de sus obras poéticas y teatrales, o bien en las conferencias que da en varias universidades extranjeras, el escritor ecuatoguineano no deja de criticar el régimen de Teodoro Obiang Nguema, su mala gobernabilidad, y también la complacencia mostrada por los países extranjeros con la dictadura.

La publicación de cables WikiLeaks por el diario español "El País" reveló, por ejemplo, la indulgencia culpable de Estados Unidos hacia el gobierno de Guinea Ecuatorial . En 2009, el diplomático estadounidense en funciones en Guinea Ecuatorial, Anton K. Smith, calificaba a Teodoro Obiang Nguema de "tipo simpático", dirigiendo el país de manera "serena y condescendiente". En otras palabras, no hay ningún problema en el "Kuwait de África", país sin libertades pero importante proveedor de petróleo para las empresas estadounidenses.

Guinea Ecuatorial ocupa el puesto 167 entre 178 países en la clasificación mundial de 2010 de la libertad de prensa publicada por Reporteros sin Fronteras. Su presidente figura desde hace varios años entre la lista de los depredadores de la libertad de prensa publicada por la organización. Con un control absoluto de la economía, culto a la personalidad, corrupción, ausencia de pluralismo, prensa controlada de forma estricta, el jefe de Estado lleva dirigiendo el país con mano de hierro desde 1979.

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