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De la responsabilité de la France au Rwanda : non au silence et à la désinformation !

D 2 mai 2014     H 12:41     A     C 0 messages


Nous sommes plusieurs militant-es du Front de Gauche, militant-es associatifs, adhérent-es ou non du Parti de Gauche à avoir été interpellé-es par le communiqué de presse que ce parti a publié au sujet du Rwanda et de la non-présence de la France aux commémorations du 20ème anniversaire du génocide des Tutsi à Kigali, communiqué que l’on peut lire ici

Oui il faut effectivement que la vérité soit mise au jour, mais ce n’est pas en se servant du camouflet infligé à la France par Kagamé comme d’une diversion que nous avancerons.

Tout ce dont ce communiqué aurait du faire état, nous le disons ici :

De quelle mission d’enquête parlementaire « pluraliste » ce communiqué ambigu parle-t-il ? La mission d’information menée par Paul Quilès en 1998 n’avait rien de pluraliste puisqu’elle était composée uniquement de parlementaires socialistes et communistes. De plus, cette mission a refusé d’enquêter sur certains points clés tels que Bisesero ou les agissements du capitaine Barril.

Il faut rappeler que l’opération militaire Turquoise, mandatée à la demande de la France par l’ONU, avait un soit disant un objectif humanitaire, mais ne devait s’opposer aux autorités génocidaires. Lorsque les forces françaises arrivent, le génocide n’est pas terminé, il dure depuis 90 jours. Qui la France entendait-elle sauver à ce moment-là ? A quoi était censée servir réellement l’opération Turquoise ?

Nous ne pouvons pas ne pas entendre les militaires qui ont commencé à parler. Ainsi Thierry Prugnaud qui était à Bisesero en juin 94 : « Nous avons donné à manger aux tueurs ». Ainsi l’officier Guillaume Ancel qui définit Turquoise comme « une mission agressive » au cours de laquelle « on a rendu des dizaines de milliers d’armes à un gouvernement qui venait d’être déchu ».

Nous ne pouvons pas faire comme si les journalistes Antoine (>> Patrick) de Saint Exupéry et Laure de Vulpian n’avaient rien mis au jour du rôle de « la France », et n’avaient pas pointé les mensonges sous serment de deux haut gradés de l’état major de l’armée française sur la non transmission d’informations le 27 juin à Bisesero, alors qu’un détachement les informe de la découverte de 2000 survivants tutsis en danger de mort, dont plus de la moitié sera exterminée avant qu’une autre patrouille ne les découvre par hasard trois jours plus tard.

Nous ne pouvons pas accepter aujourd’hui, vingt ans après les faits, que le seul Hubert Védrine, omniprésent à ce moment-là auprès du président Mitterrand, très affaibli par sa maladie, puisse être entendu (à sa demande ?) par la commission de la Défense, sans aucune contradiction.

On ne peut pas, comme le fait ce communiqué, parler sur une même ligne du génocide et de cette affirmation contestable « des massacres de grande ampleur commis cette fois par les extrémistes tutsis du FPR contre des populations hutus accusées d’avoir participé à ce génocide » à des fins d’instrumentaliser vers un double génocide qui dédouanerait la France de son alliance coupable avec ceux qui commettaient le génocide.

La France continue d’abriter encore aujourd’hui bon nombre de ces génocidaires, sans les juger, pourquoi ? Et pourquoi au TPIR d’Arusha, nos militaires ont-ils toujours été cité en témoins de défense en faveur des génocidaires qui y ont été jugés ?

L’accusation de « complicité de génocide » est de la plus extrême gravité. Mais rien ne doit entraver le chemin vers la vérité, quelle qu’elle soit, et il ne faudrait pas attendre cinquante ans pour que la responsabilité de l’Etat français soit examinée. C’est pourquoi nous demandons que la clause de « secret défense » soit complètement levée afin que la justice, les historiens, qui ont déjà commencé à faire leur travail, puissent continuer à le faire.

Une République digne de ce nom s’honorerait à faire toute la lumière sur ce tragique épisode. Mais nous ne voyons dans la très grande majorité de la classe politique française qu’opacité et déni. Nous estimons qu’il en va de la crédibilité d’un parti de la gauche de transformation sociale de se montrer à la hauteur des enjeux, en rompant avec la loi du silence.

Nous appelons tou-tes les citoyen-nes à signer l’appel à la levée du secret-défense sur le site de l’association SURVIE ici

Nous demandons au PG de se démarquer du texte qui a été publié sous son nom et d’affirmer clairement une position en accord avec celle que nous exprimons ici.

Premiers signataires :

André Bigo (Survie) – Armelle Rioualen Chevassu (PG)- Jean Sicard (PG)- Duval MC rappeur – Philippe Dieudonné (LDH)- Pierre Maurice (PG) – Rémy Jean (Ensemble) – Luc Sarlin (Ensemble)

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