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Tchad - L’État français prend-il des cours de gestion musclée de l’opposition ?

D 10 mars 2019     H 05:58     A François Ruffin     C 0 messages


17383. − 26 février 2019. − M. François Ruffin interroge Mme la ministre des armées sur l’intervention militaire
au Tchad.

Les députés ont reçu, via le président de l’assemblée nationale, un courrier du Gouvernement les
informant de l’intervention des forces armées au Tchad, à la demande de Idriss Deby. Sollicité par diverses ONG,
il souhaite en savoir plus. Selon ses informations, cette intervention consiste à bombarder une colonne du groupe
rebelle de l’Union des forces de la résistance (UFR) au nord du Tchad.

L’opposition politique et de nombreuses
organisations de la société dénoncent une nouvelle ingérence de la France dans les affaires politiques internes du
pays. A priori, l’opération Barkhane vise à combattre des groupes armés terroristes, pas à soutenir les régimes
politiques en place. Si la lettre du Premier ministre aux présidents de l’Assemblée et du Sénat et la demande
d’intervention de l’État tchadien donnent l’apparence d’une légalité à l’opération, la réalité, c’est surtout le grand
flou autour des accords militaires qui lient la France aux pays africains, et en particulier au Tchad. Seul un accord
de coopération militaire de 1976 est accessible et il n’encadre ni ce type d’intervention, ni le stationnement de
forces armées françaises au Tchad. Alors que le Président de la République s’affiche comme le héraut du
multilatéralisme et du respect du droit international à la tribune des Nations unies, en vertu de quels accords la
France intervient militairement sur le territoire ?

M. le député ne soutient pas plus l’UFR que de M. Deby, mais
force est de constater que M. Deby bénéfice d’un soutien complaisant et incohérent avec les valeurs affichées par le
Président de la République. Arrivé au pouvoir par les armes, le président Idriss Deby musèle toutes les voix
contestataires dans son pays depuis 28 ans. 70 % des Tchadiens n’ont connu qu’Idriss Deby au pouvoir, c’est
comme si la France était encore sous Mitterrand. Si seulement, c’était pour son génie politique, mais plus de 60 %
de la population vit sous le seuil de pauvreté. Depuis mars 2018, les réseaux sociaux y sont interdits d’accès et la
société civile réprimée. L’État français a-t-il envoyé ses troupes dans un souci démocratique ?

Auquel cas, il
souhaite connaître le cadre et la légitimité de cette action. Ou à l’inverse, l’État français prend-il là-bas des cours de
gestion musclée de l’opposition et de la société civile ?

Source : http://questions.assemblee-nationale.fr/static/15/questions/jo/jo_anq_201909.pdf

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