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Djibouti : Des interrogations demeurent après la signature de l’Accord-cadre

D 18 janvier 2015     H 05:53     A ODDH (Djibouti)     C 0 messages


Après plus de 22 mois de crise politique et une répression multiforme avec des violations multiples des droits humains sans cesse dénoncer par l’ODDH (arrestations et détentions illégales, séquestrations et tortures, condamnations et retraits de nationalité, interdictions de voyager et confiscations de passeports à des opposants, des défenseurs des droits humains, des simples citoyens, …) et la montée en puissance d’un état de non-droit s’accentuant et se banalisant au fil du temps, au détriment des règles de la justice et de la constitution de notre pays que le pouvoir et la coalition de l’opposition (USN) ont signé un accord-cadre le 30 décembre 2014.

Comme nous l’avons exprimé déjà l’ODDH espère que cet accord permettra l’avènement d’une république où les valeurs fondamentales des droits humains seront respectées et édifiera les fondations d’une démocratie véritable et surtout le renforcement des institutions. Mais malheureusement une fois encore au-delà d’un accueil bon enfant et d’un enthousiasme empressé de deux (2) côtés, le peuple et la société civile djiboutienne restent médusés par rapport à cet accord-cadre dont le contenu ni la teneur n’ont pas été publiés jusqu’à ce jour ni sur le site de l’opposition ni sur celui du gouvernement.

Le peuple qui devrait être le témoin privilégié de ce processus de dialogue pour entériner les recommandations garantissant une meilleure vision de la politique nationale aboutissant à un pacte national et un cadre institutionnel de reforme de la constitution pour servir la démocratie à Djibouti, semble écarté.

- Pourquoi un tel silence autour de cet accord-cadre ?
- Quelles sont les garanties de la réussite d’un tel accord ?
- Pourquoi la mise en œuvre des questions immédiates qui devaient être initiées sous huitaine (8 jours) n’est toujours pas d’actualité ?

Par ailleurs, l’appel pressant à « une vie démocratique apaisée » prônée par la communauté internationale et les grandes puissances en incitant l’opposition à accepter un accord ne doit pas nous conduire aux mêmes résultats depuis plus de 37 ans à savoir obliger le peuple d’une manière ou d’une autre à garder le même régime au pouvoir, même si ce dernier désire un changement.

D’ailleurs bientôt deux (2) semaines après la signature de l’accord parmi les questions immédiates exceptée celle concernant l’intégration des huit (8) députés de l’opposition à l’assemblée nationale toutes les autres questions restent en suspens.

- Aucun « rétablissement dans leurs droits des personnes suspendues, licenciées et celles ayant subi des préjudices » ;
- Les harcèlements continuent. En effet, Areita, membre du parti Model et enseignant exerçant la fonction de conseiller pédagogique dans une circonscription de Djibouti-ville vient d’être muté à Mouddo dans la Région d’Obock en pleine année scolaire ;
- Ceux qui étaient privés de leurs droits de circulation après que le pouvoir leur a confisqué leurs passeports, restent toujours des prisonniers dans leur propre pays. Parmi eux Farah Abdillahi Miguil, président de l’ODDH - Adan Mohamed Abdou, vice-président de l’ARD et un des 8 députés qui viennent d’intégrer l’Assemblée Nationale - Maitre Djama Amareh Meidal, avocat au barreau de Djibouti – Guirreh Meidal Guelleh, l’un des 3 leaders et cheiks de l’USN (Union pour le Salut National), libéré le 25 août 2014 après avoir purgé 18 mois de prison. Il est aussi un des membres fondateurs du MODEL, l’un des partis affilié à la coalition de l’opposition l’USN - Hassan Igueh Ofleh, un commerçant sans étiquète politique

De toute manière, chacun verra midi à sa porte mais dans tous les cas tout colmatage ou/et tout consens politique préfabriqué qui ne serviront pas les intérêts du peuple ne résisteront pas à l’épreuve du temps. Et d’ailleurs, le désir de liberté et de justice demeure puissant partout où l’état de droit fait défaut.

L’ODDH appelle au pouvoir le respect de l’accord cadre signé :

- En rétablissant dans leurs droits et fonctions toutes les victimes de cette crise politique qui a duré plus de 22 mois,
- En arrêtant les harcèlements qui peuvent conduire à des situations de tensions contre les membres et les sympathisants de l’opposition,
- En mettant en place des reformes démocratiques pour poser les jalons d’un véritable Etat de droit.

L’ODDH recommande au pouvoir et à l’opposition :

- Un dialogue sincère pour servir la cause de la nation et non les intérêts des uns et des autres,
- Un processus transparent où les différentes étapes feront l’objet régulièrement des points de presse,
- Une négociation où il n’y aurait ni vainqueurs ni vaincus si ce n’est que le peuple et la démocratie,

Agir pour la démocratie, la dignité et la justice.

Le Président de l’ODDH

Farah Abdillahi Miguil

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