Erythrée : Défendre les droits du peuple AFAR
Communiqué de presse : Organisation démocratique afar de la mer Rouge
13 mai 2026 16:59 0 messages
Violations graves et systématiques des droits de l’homme, déplacements forcés, torture et arrestations arbitraires perpétrés contre les Afars de la mer Rouge en Érythrée
Nous, l’ORGANISATION DÉMOCRATIQUE AFAR DE LA MER ROUGE, tenons à exprimer notre gratitude à la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples pour l’attention portée aux violations et aux formes de persécution subies par le peuple Afar de la mer Rouge en Érythrée, et en particulier pour l’examen de la plainte déposée par notre organisation contre le régime érythréen concernant la persécution ethnique systématique qui sévit dans la région de la mer Rouge.
Depuis 1993, le peuple Afar d’Érythrée est soumis, sans interruption, à des politiques délibérées et systématiques visant à le priver de ses droits fondamentaux et à l’exclure de l’exercice de ses activités économiques sur terre et en mer, notamment la pêche et le commerce maritime, qui ont historiquement constitué la base de ses moyens de subsistance et de sa survie économique.
Les communautés afar ont également subi des expulsions forcées répétées et systématiques de leurs terres, villages et zones côtières, ainsi qu’un refus d’accès aux ports et aux îles s’étendant de Massawa à Ras Dumer, sur une distance de plus de 700 kilomètres — des territoires qui ont historiquement constitué une source de revenus économique vitale pour des générations.
Ces politiques coercitives ont entraîné une destruction économique et sociale généralisée, affectant directement des centaines de milliers de civils afar et aggravant considérablement leurs souffrances humanitaires.
Le régime érythréen continue de nier ces crimes et rejette l’existence de toute persécution ethnique. Ce déni est catégoriquement réfuté, car des preuves substantielles, des témoignages et des documents de terrain confirment l’existence d’une campagne systématique ciblant le peuple afar, visant à éroder son identité culturelle, économique et même existentielle.
Parmi les violations les plus graves figure la privation systématique de leurs activités maritimes traditionnelles, notamment la pêche, qui constitue une partie essentielle de leur patrimoine et un moyen de subsistance primordial depuis des milliers d’années.
De plus, les Afars sont confrontés à de graves restrictions d’accès aux ressources marines, en plus de la conscription forcée, des détentions arbitraires, des meurtres et de la propagation délibérée de la peur, ce qui a forcé un grand nombre d’entre eux à se déplacer et à s’exiler dans les pays voisins, notamment dans des camps tels qu’Aseita et Barahile, ainsi que dans des communautés au Yémen, à Djibouti et dans le sud de l’Arabie saoudite.
Le peuple afar continue de subir de multiples violations des droits humains, notamment des restrictions systématiques à sa vie quotidienne et le déni de ses droits économiques et sociaux fondamentaux. Depuis l’arrivée au pouvoir du régime actuel à Asmara, il est également exposé à des risques constants d’arrestation arbitraire et d’exécution extrajudiciaire, après avoir été privé de liberté et de sécurité pendant plus de trente ans.
Le régime justifie ces violations par de fausses allégations ou de vagues prétextes sécuritaires, alors que la réalité démontre clairement que la cause sous-jacente est la revendication légitime du peuple afar pour ses droits fondamentaux.
De plus, de nombreux Afars sont systématiquement privés de leurs droits de citoyenneté et se voient refuser l’accès à des services essentiels tels que l’éducation, les soins de santé et le développement, ce qui renforce encore leur marginalisation et leur exclusion structurelles.
À la lumière de la déclaration du ministre érythréen des Affaires étrangères lors de la Conférence de Genève (9-10 avril 2026), qui attribue la détérioration de la situation des droits de l’homme à des sanctions unilatérales, il apparaît clairement que ce discours reflète une interprétation politiquement sélective de la réalité et une instrumentalisation du discours sur les droits de l’homme pour justifier des politiques intérieures. Il ignore systématiquement les violations internes, pourtant bien documentées, commises contre la population érythréenne en général, et en particulier contre le peuple Afar de la mer Rouge. Par conséquent, ce discours manque de crédibilité tant politique que morale, en raison de la contradiction flagrante entre les revendications extérieures et les réalités intérieures.
En conséquence, nous insistons sur les points suivants :
Nous appelons les organisations internationales et régionales de défense des droits humains à prendre des mesures urgentes pour faire pression sur le gouvernement érythréen afin qu’il mette fin à ces violations.
Nous exhortons la communauté internationale à soutenir le peuple afar dans sa lutte légitime pour obtenir ses droits fondamentaux.
Nous appelons les gouvernements et les autorités compétentes à garantir les droits du peuple afar et à lui permettre d’exercer ses activités économiques et sociales sans restrictions arbitraires.
Nous exigeons la mise en place d’une enquête internationale indépendante sur les violations systématiques commises contre le peuple Afar de la mer Rouge et la détermination des responsabilités juridiques.
Nous demandons la pleine reconnaissance des droits de citoyenneté du peuple afar, sans discrimination ni exclusion.
Nous exigeons la cessation immédiate des déplacements forcés, des détentions arbitraires et de la conscription forcée visant les communautés afar.
Nous demandons un accès sans entrave à l’aide humanitaire et aux services essentiels dans les zones touchées.
Nous demandons instamment que le dossier des violations des droits de l’homme perpétrées contre les populations Afar de la mer Rouge soit placé sous surveillance continue par les mécanismes compétents des Nations Unies en matière de droits de l’homme.
En conclusion, nous réaffirmons l’urgence de soutenir le peuple afar face à sa situation critique et de défendre ses droits garantis par le droit international. Le régime érythréen doit assumer l’entière responsabilité de ses actes commis contre ses citoyens afar.
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