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La position du PIT sur la question de la Monnaie Commune CEDEAO

D 19 octobre 2019     H 17:51     A PIT     C 0 messages


Dans les « Thèses d’orientation et de Programme » adoptées lors de son VI ème Congrès en 2016, le PIT avait d’ores et déjà décliné sa feuille de route à propos de la CEDEAO et de sa Monnaie commune.

Voilà un extrait de ces « Thèses », consacré à cette question.

« Ainsi, pour une croissance forte, en mesure de sortir nos peuples du sous- développement, il est devenu impérieux de mettre fin aux accords monétaires entre les pays de l’UEMOA et la France, qui ont institué la Zone Franc, et l’arrimage de sa monnaie à l’Euro.

Par conséquent, l’avènement de la monnaie commune au sein de la CEDEAO représente une opportunité, pour les pays de l’UEMOA, pour retirer leurs réserves du Compte d’Opération du Trésor Français, et participer à la création de cette monnaie commune sous régionale non arrimée à l’Euro.

D’autant que le maintien de la Zone Franc et de l’UEMOA, s’il est un obstacle au développement économique des pays membres, l’est aussi pour la consolidation de la CEDEAO à travers l’adoption d’une monnaie commune.

Au total, la création du « G5 », dans le cadre de l’ « Opération Barkhane » de la France, et la mise en place, sous le sillage d’ARICOM des USA, du « Comité inter Régional pour la Sûreté et la Sécurité du Golfe de Guinée », présidé par le Sénégal, sont le résultat de rapports de forces au sein de la CEDEAO, qui sont favorables aux intérêts géostratégiques de ces grandes puissances impérialistes, contrôlées par les tenants du « complexe militaro industriel et financier » de ces deux pays.

Il se trouve qu’aux aléas du marché que nous impose notre intégration dans le système d’exploitation capitaliste à sa phase de financiarisation mondialisée, s’ajoutent les changements climatiques qui rendent vulnérables nos agricultures, affaiblissant ainsi nos capacités de production.

Les effets négatifs du changement climatique sur nos ressources naturelles, (végétales, animales et minières), nos capacités de production, et notre mode d’habitat en milieu rural, exacerbent à souhait les difficultés résultant de notre dépendance économique et politique, et nous posent des défis, comme celui de Ebola, que nos pays, pris individuellement, sont incapables de relever.

La CEDEAO est donc devenue, pour nos Etats, un enjeu stratégique, et un challenge à relever, pour non seulement réunir les conditions nécessaires au recouvrement de notre souveraineté politique, économique, et culturelle, mais aussi, pour faire face aux changements climatiques, grâce à son potentiel hydraulique et énergétique.

Elle est aussi la voie obligée, pour nos peuples, pour aller vers l’Unité Africaine.

C’est cet impératif qui devrait faire de la CEDEAO, un enjeu de politique nationale dans chaque Etat membre.

Pour ce faire, il est nécessaire que la CEDEAO se dote d’une Institution Législative constituée d’une « Assemblée Fédérale », élue au suffrage universel direct dans chaque Etat membre, à la place de la « Chambre consultative » actuelle, et d’un Sénat, dont les membres seraient les Chefs de l’Etat des pays membres élus au suffrage universel direct dans leurs pays respectifs.

Le Senat élirait en son sein le Président de l’Etat Confédéral de la CEDEAO, et l’Assemblée Fédérale nommerait un Premier Ministre issu de ses rangs.

Une telle configuration institutionnelle de la CEDEAO permettrait de mettre la monnaie commune en 2020, au service d’une politique économique visant l’intégration des Etats et peuples d’Afrique de l’Ouest.

Sans une telle évolution institutionnelle concomitante, la monnaie commune vivra les mêmes avatars que vit l’Euro aujourd’hui, c’est-à-dire, se mettre sous le contrôle du Capital financier.

Ainsi, les agendas politiques pressants dans notre Sous- région sont devenus la consolidation du marché commun obtenu grâce au TEC, la création d’une monnaie commune en 2020 et la mise en place des forces de Défense et de sécurité communes, sous l’égide d’un Gouvernement fédéral.

La prise en charge de ces « agendas », dans chaque Etat membre, pour ce qui est des luttes politiques nationales, devrait contribuer à rassembler toutes les forces vives acquises à cet objectif dans chaque pays, afin que la lutte pour des Alternances démocratiques en fasse une partie intégrante des programmes alternatifs soumis à nos peuples.

Au total, le problème dans notre sous-région réside essentiellement dans la nature sociale des forces qui contrôlent les Etats, et non dans l’absence de ressources naturelles et humaines, en mesure de satisfaire aux exigences de souveraineté et de développement économique et de justice sociale, dans la sauvegarde de notre environnement.

Ainsi, c’est de l’issue des rapports de force au sein des Partis politiques et dans la société civile à l’intérieur de chaque pays, et dans la sous-région, autour des défis de souveraineté nationale et d’intégration sous régionale, que dépendent le succès ou l’échec du projet de partition de nos Etats et de leur mise sous tutelle, et nos capacités à relever les défis du développement de nos peuples, et de la dégradation de l’environnement.

Le mouvement de libération nationale, dans notre sous-région, entre donc dans une nouvelle phase qui impose la promotion d’une vaste alliance des forces patriotiques acquises à la République démocratique et citoyenne de justice sociale, dans chaque pays, pour venir à bout des forces qui, dans nos pays respectifs et dans la sous-région, sont au service des objectifs géostratégiques de la France et des USA. »

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