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Bénin - AFFAIRE : « TENTATIVE D’EMPOISONNEMENT DE BONI YAYI »

LE PEUPLE NE DOIT PAS SE LAISSER DUPER, NI DISTRAIRE !

D 23 décembre 2012     H 05:18     A Parti Communiste du Bénin     C 0 messages


Le 22 octobre 2012 a éclaté
suite à la Conférence de presse
du Commissaire Central de
Cotonou, Louis Philippe
Houndégnon et du procureur de
la République près le tribunal de
Cotonou, Justin Gbènamèto, ce
qu’il convient désormais
d’appeler « Affaire tentative
d’empoisonnement du Chef de
l’Etat Boni YAYI » Selon les
propos de ces deux responsables
de la police et de la justice, le
scénario mis en place
consisterait en ce que la nièce
du chef de l’Etat, Dame
Zouberath Kora, contactée et
invitée à Bruxelles le 17 octobre
dans un hôtel où logeait Mr
Patrice TALON aurait été
convaincue par ce dernier
d’administrer « au chef de l’Etat
des produits qui lui seront
remis par le médecin spécial
du chef de l’Etat, le docteur
Cissé Ibrahim, produits qui
seront substitués aux produits
qu’il à l’habitude de prendre.
Elle devrait accomplir cette
mission contre la somme de un
(1) milliard de franc cfa. Mr
Talon n’a pas hésité à inviter
aussi le docteur Cissé, qui a
suivi en même temps les pas de
Zouberath pour rejoindre Mr
Talon dans un hôtel et la même
proposition lui a été
faite…..Les produits sont
venus à Cotonou par le vol Air
France de ce jour (19 octobre
2012) et c’est le ministre
Moudjaïdou qui est allé
récupérer les produits à
l’aéroport. Une fois
récupérés, il les a remis au
docteur … Le résultat n’a pas
été atteint parce qu’entre
temps, la dame Zouberath a
commencé par en parler à
certaines personnes, à sa sœur
notamment, et ce sont les
personnes qui ont averti le
Chef de l’Etat » qui a son tour
a requis les services de
renseignements militaires du
Petit Palais pour appréhender les
mis en cause, obtenir des aveux
avant leur transfert à la police et
à la justice. (Cf. Nouvelle
Tribune n°2442 du mardi 23
octobre 2012). Le Commissaire
a brandi, au cours de la
conférence de presse des
produits, censés avoir été mis
sous scellé de la justice. Plus
tard, le jeudi 25 octobre, le
Commissaire Central, afin de
convaincre l’opinion de la
véracité des faits, est revenu plus
largement sur des détails avec
des relevés de messages SMS
sur l’affaire qui est en
instruction !

De son côté, Monsieur
Patrice Talon, contre lequel un
mandat international a été lancé,
dans une interview accordée à
RFI et diffusée le lundi 29
octobre 2012, rejette les
accusations contre lui, qualifie
l’affaire de « canular » et
accuse Boni YAYI capable
« d’utiliser n’importe quoi et
n’importe qui pour arriver à
ses fins ». Les fins poursuivies
par Boni YAYI seraient celles de
le punir, lui Patrice Talon qui a
sponsorisé ses campagnes de
2006 et 2011, pour avoir refusé
de l’aider à nouveau par ses
« relations et moyens pour
obtenir auprès de l’Assemblée
nationale le nombre de
députés qu’il faut pour voter
ce genre de modifications (à
la constitution) qui nécessitent
une majorité qualifiée », afin
de pouvoir se représenter en
2016 (Fraternité n° 3207 du
mardi 30 octobre 2012).
Le peuple et l’opinion
publique en général restent
perplexes devant la relation des
faits. Le scénario d’empoisonnement
tel que le révèlent le
Procureur de la République ainsi
que le Commissaire Central
semble rocambolesque. Pourquoi
convaincre la nièce d’administrer
un produit dangereux lorsqu’on
a déjà en main, le médecin
spécial ? Pourquoi convaincre
d’abord la nièce et lui promettre
de l’argent avant d’inviter aussi
le docteur Cissé« qui a suivi en
même temps les pas de
Zouberath pour rejoindre Mr
Talon et la même proposition
lui a été faite » (sic) …
Pourquoi tant de détails donnés
par le Procureur et le
Commissaire pour une affaire en
instruction ?! Quels étaient
auparavant les véritables
relations et accords entre Boni
YAYI et Patrice Talon ? De
l’autre côté, Patrice Talon dans
son interview ne nie pas avoir
reçu à son hôtel à Bruxelles les
deux personnes incriminées :
« Lors de la visite de YAYI
Boni à Bruxelles le nombre de
personnes qui sont venues me
voir est bien au-delà de celui
qu’on cite » dit-il. On se
retrouve comme dans une de ces
affaires (du genre affaire Aîkpé)
de l’ère KEREKOU, mentor et
inspirateur de Boni YAYI, disent
certains où Kérékou n’a pas
hésité à jeter en pâture au monde
et à la postérité sa propre
épouse pour des fins criminelles
politiques.

En tout cas, les faits tels que
les deux camps les relatent
indiquent qu’il s’agit d’une
affaire politique où se mêlent les
affaires, la gestion du patrimoine
public et de l’Etat (Coton, PVI).
On se trouve au cœur de la
manière dont le pays est géré,
dont les élections sont financées
et gagnées, (on se souvient des
13 milliards qu’aurait versés le
Groupe Bolloré à Boni YAYI afin
d’acheter le suffrage des autres
candidats contre Houngbédji
entre les deux tours des élections
de 2006), comment les
financeurs sont récompensés (le
Port cédé au groupe Bolloré),
comment les conflits se règlent
au sommet de l’Etat à savoir par
des complots. A entendre Boni
YAYI et ses partisans, Mr Talon
Patrice est accusé de préparer
et de financer des complots
contre le Chef de l’Etat et sa
personne. Ainsi, le ministre de
l’Intérieur, Benoît Dègla, en
réplique à l’interview de Talon
sur RFI affirme que, outre la
tentative d’empoisonnement, « 
Les trois (mis en cause) ont
donné des informations
suffisamment graves sur les
différents schémas de
déstabilisation
- L’explosion de l’avion
du Chef de l’Etat par des
drones
- Le recrutement de
commandos pour
déstabiliser le Bénin » (cf.
Fraternité n° 3207 du 30
octobre 2012)
Les faits sont édifiants.

Patrice Talon confirme avoir
financé les campagnes de Boni
YAYI en 2006 et cela lui a
facilité et /ou valu le contrat de
cession de toute la filière coton
avec la création de SODECO.
Le financement de la campagne
scabreuse et du hold-up de 2011
lui ont facilité et valu le contrat
PVI. Le désaccord actuel entre
les deux hommes se situe, selon
les dires de Patrice Talon,
également au niveau politique.
La succession éventuelle de
Boni YAYI au pouvoir ainsi que
les intérêts en jeu sont tels que
Boni YAYI n’a pas hésité à
suspendre, puis annuler les
contrats antérieurement signés et
ceci de façon arbitraire tout en
déversant des mensonges
comme n’ayant pas eu
connaissance du contenu du
contrat PVI avant la signature
du décret validant ledit contrat,
ou n’ayant pas autorisé l’ancien
Ministre des finances,
AdidjatouMathys à payer les
subventions dues à l’AIC. Il y a
eu tellement de faux, de
mensonges dans cette affaire
que le peuple a bien raison de se
méfier du pouvoir de Boni YAYI
qui a osé déclaré instaurer une
« dictature » dite de
développement.

Par ailleurs les méthodes
utilisées pour valider la narration
des faits de tentative
d’empoisonnement sont celles de
dictateurs bien connus : susciter
des marches et démarches de
compassion et de soutien. Les
obligés et habitués aux
« généreux » cadeaux reçus à la
Présidence de la République à
Cotonou ou à la résidence privée
du chef de l’Etat à Tchaourou
se bousculent pour apporter leur
soutien dans une indignité
répugnante. Il n’est pas
jusqu’aux nouveaux alliés en
coulisse, le PRD, à exprimer sa
compassion, en attendant (donc
sans attendre) les conclusions de
la justice sur l’affaire !

Boni YAYI, dont le pouvoir
est rejeté par le peuple veut donc
se servir d’une « tentative
d’empoisonnement » contre sa
personne pour se faire une
certaine virginité, obtenir la
compassion de ses pairs afin
« qu’on le laisse finir son
mandat » (cf. ‘La Nation’ n°
5508 du mercredi 31 octobre
2012).

Il est vrai que si au Bénin,
on tente d’empoisonner ses
adversaires et ennemis et qu’on
empoisonne effectivement et
beaucoup par voie occulte et
réseaux secrets, l’empoisonnement
par voie matériellement
prouvée est fortement réprouvé.
Boni YAYI compte sans doute
sur ce noble sentiment populaire
pour se sortir du profond dégoût
et rejet de son pouvoir. C’est
dire que cette « affaire
d’empoisonnement » semble trop
bien venue pour le pouvoir de
YAYI en déperdition.
Mais laisser Boni Yayi,
usurpateur par hold-up électoral
et auteur de parjures au
quotidien, finir « son » mandat
constituerait une poursuite de la
descente du pays, du peuple et
de sa jeunesse dans le gouffre.
Seuls ceux qui tirent profit de la
décadence des travailleurs et du
peuple peuvent s’opposer au
souhait et aux luttes salvatrices
pour dégager au plus tôt Boni
YAYI de la tête du pays.
Cela dit, les méthodes
d’élimination et de renversement
des dirigeants qu’utilisent les
hauts-bourgeois dans le
règlement des conflits entre eux
n’arrangent pas les travailleurs
et les peuples. En cas de succès
ou d’échec de ces méthodes, le
pouvoir reste dans les mains des
hauts bourgeois qui continuent
d’opprimer et d’exploiter le
peuple. Les complots, tentatives
d’assassinats, de coups d’Etat
n’arrangent pas les travailleurs,
la jeunesse et le peuple.

C’est dire que l’issue pour
sortir de la mal-gouvernance
actuelle, celle des non-droits et
de l’arbitraire (arrestations
arbitraires, musellement
progressif des libertés dont celle
de la presse et de manifestation),
celle des pillages sans nom des
ressources publiques, ne
consistera pas à la disparition
physique d’un homme (par
empoisonnement ou autre
méthode violente), mais au
renversement populaire du
pouvoir et du système qui le soustend
 ; elle consistera au
jugement et au châtiment des
crimes que les dirigeants
renversés ont commis.
Ce sont là des leçons
confirmées récemment par les
révolutions tunisienne et
égyptienne. Le peuple est
souverain. Le peuple ne se donne
pas une échéance à un mandat
lorsque tout est à terre et que la
vie de millions d’hommes et de
femmes en jeu. Dans de telles
conditions, le peuple doit
reprendre et exercer ses droits
souverains. Boni YAYI constitue
un mal pour notre pays, pour sa
jeunesse, pour les travailleurs, les
patriotes et opérateurs
économiques nationaux ! Le
peuple doit se lever pour le
chasser et instaurer le pouvoir
des travailleurs et des peuples !

Fait à Cotonou le 31 octobre 2012

Pour Le Parti Communiste du Bénin,

Le Porte-parole,
Jean Kokou ZOUNON.