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Bénin : APPEL DU CONSEIL FEDERAL NATIONAL AUX ENSEIGNANTS

D 30 septembre 2012     H 12:43     A CSTB     C 0 messages


FACE AU MEPRIS ET AU PIETINEMENT DE NOS LEGITIMES REVENDICATIONS PAR LE POUVOIR DE BONI YAYI, ORGANISONS ACTIVEMENT LE BOYCOTT DE LA RENTREE SCOLAIRE 2012-2013

Réuni en session ordinaire ce jeudi 06 septembre 2012 à la Bourse du Travail à Cotonou autour du Thème : "Responsabilité des enseignants, face à la situation actuelle", le Conseil Fédéral National (CFN) de la Fédération des Syndicats de l’Education Nationale a apprécié la gravité de la situation nationale, notamment celle dans le secteur de l’Education Nationale depuis mai 2012.

En effet, à l’occasion des cinquante deuxième (52ème) anniversaires de l’accession de notre pays à la souveraineté internationale, le président Boni YAYI a parlé longuement sans piper mot sur la situation de la rentrée scolaire si non des menaces de toutes sortes sur les libertés et une volonté affichée d’organiser des affrontements interethniques. Plus tard, dans les champs du coton de WASSA PEHUNCO, KOUANDE et DJOUGOU, le Président de la République affiche son intention de confier les écoles aux mairies et appelle les populations à descendre prochainement pour répliquer aux enseignants qui voudraient bloquer la rentrée (pour ce que la presse a pu diffuser), après avoir longuement fulminé contre les enseignants, à qui il dit ne rien devoir. Or son gouvernement a fait bloquer depuis plus d’un an, les effets financiers des avancements et reclassements.

En termes clairs, nos légitimes revendications sont balayées d’un revers de la main par Boni YAYI. Les contractuels de l’Etat anciennement contractuels locaux doivent aller au diable avec leurs revendications. Les avantages spécifiques des enseignants qui ont la charge de la formation de tous les fils et filles du peuple (sauf ceux de Boni YAYI qui sont très diplômés, que disons plus, diplômés que tous) sont piétinés contrairement à tous les textes légaux. Les enseignants avaient été massacrés avec les défalcations sauvages et illégales. Et, plus près de nous, les mutations nationales dont les résultats ont commencé à paraître sont teintées de manipulations avec une tendance répressive.

Camarades enseignants, qu’il nous souvienne qu’en mars 2012 nous avons dû apprécier la gravité de la situation et décider en toute responsabilité de sauver l’année scolaire 2011-2012. Nous avions pesé les sacrifices des parents et des apprenants dont nous avons la charge, les nôtres propres et pris cette décision courageuse, pendant que le pouvoir affameur de Boni YAYI après bien des machinations criait "reprenez puis on va voir". Nous avions repris et voilà un pouvoir qui se dresse tel un monstre pour nous massacrer par les défalcations. Nous avions en reprenant fixé un ultimatum. A l’expiration de l’ultimatum, la grève de protestation lancée par la FéSEN a été très bien appréciée, mais peu suivie. Tous les enseignants attendent de voir la réaction du pouvoir jusqu’à la rentrée 2012-2013. Aujourd’hui, cette réaction est bien observable.

D’avril à septembre 2012, le Gouvernement de notre pays n’a appelé à aucune négociation sur les revendications essentielles de notre mouvement de janvier, février et mars. Mieux, d’avril à juillet 2012 les écoles primaires ont tourné sans la subvention. Puis au moment d’en disposer pour apurer les dettes consenties pour conduire les activités pédagogiques à leur terme, voilà les tracasseries administratives. L’Inspection Générale du MEMP a monté un plan exécrable pour empêcher l’accès à ses sous, afin de parvenir à un taux de reversement assez élevé sur lequel des commissions sont distribuées et convoyées dans des directions floues.

Camarades enseignants, la coupe est pleine et tend à déborder. La rentrée 2012-2013 est là et si rien ne bouge jusqu’au 1er octobre 2012, nous devons la boycotter, car le tableau est sombre.
Face à ce tableau, le Conseil Fédéral National condamne les dérives actuelles du pouvoir et appelle en même temps tous les enseignants à affûter les armes en vue de boycotter activement la rentrée scolaire 2012-2013 pour :

-  Arrêter la main de Boni YAYI dans sa volonté de remettre tout notre peuple et le pays à genoux ;
-  Empêcher Boni YAYI de tuer le système éducatif ;
-  Obtenir :
- la rétrocession des sous défalqués en mars, avril et mai 2012 ;
- l’application correcte du décret 2011-505 du 05 août 2011 avec la jouissance par les enseignants du secondaire, du primaire et de la maternelle, de l’augmentation de 25 % des indices de traitement sur la période 2011-2014 ;
- la prise des décrets portant statuts particuliers des enseignants de la maternelle, du primaire et du secondaire ;
- la satisfaction des revendications des enseignants contractuels d’Etat en formation ; revendications contenues dans leur plateforme revendicative objet de la grève à partir de 11 janvier 2012.
- le paiement aux enseignants en poste sédentaire des primes spécifiques et de rendement illégalement et injustement suspendues depuis 2010 ;
- le paiement des moins perçus de bourse aux ex-élèves maîtres de la promotion 2006 sortis des ENI (Abomey, Djougou, Porto-Novo) ;
- la parution sans délai des contrats des enseignants contractuels de la promotion 2010 laissés pour compte avec les effets financiers y attachés ;
- la prise en compte de l’arrêté de mise en formation des enseignants de l’Enseignement Technique et Professionnel pris en 2009 par l’Ecole Normale Supérieure de l’Enseignement Technique de LOKOSSA ;
- la mise en place de la subvention pour les écoles dès le début de l’année et l’arrêt des tracasseries administratives pour y accéder ;
- l’achèvement des processus de reversement en Agent Contractuel de l’Etat et en Agent Permanent de l’Etat avec la publication immédiate du point des ces reversements ;

En tout état de cause, le Conseil Fédéral National encourage les enseignants à installer partout leurs comités de combat, afin de lever tous les obstacles sur le chemin des victoires prochaines et certaines ;
* la levée du gel des effets financiers des avancements et reclassements.

Le Conseil Fédéral National appelle tous les enseignants à se mobiliser en s’appuyant sur leurs comités dans les établissements, les unités pédagogiques, les régions pour engager dès le 1er octobre 2012 des combats pour la satisfaction des revendications ci-dessus. En conséquence le Conseil Fédéral National appelle tous les enseignants à un meeting de boycott de la rentrée le lundi 1er octobre 2012 à la Bourse du Travail à Cotonou pour les enseignants des Départements de l’Atlantique-Littoral et de l’Ouémé-Plateau, et à des Assemblées Générales à Lokossa, Azovè, Abomey, Dassa, Parakou, Kandi, Djougou, Natitingou ; ce même jour. Ainsi du 1er au 3 octobre 2012, organisons partout des AG de protestations et de boycott de la rentrée en signe d’avertissement à une grève définitive à partir de 20 octobre 2012 si rien n’est fait pour satisfaire les points essentiels de notre plateforme revendicative que tente vainement de nier le gouvernement de Boni YAYI.

Avec courage, détermination et une volonté de prise en charge, nous vaincrons !

Fait à Cotonou, le 13 septembre 2012

Le Conseil Fédéral National