Vous êtes ici : Accueil » Afrique de l’Ouest » Côte d’Ivoire » Déclaration du PCRCI suite au discours de Monsieur Alassane Ouattara face au (...)

Déclaration du PCRCI suite au discours de Monsieur Alassane Ouattara face au congrès du parlement de Côte d’Ivoire

D 13 mars 2020     H 07:30     A Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire     C 0 messages


Le 5 février 2020, Monsieur Alassane Ouattara a convoqué à Yamoussoukro, les deux chambres du parlement de Côte d’Ivoire en congrès. Face aux députés et sénateurs réunis, en présence du corps diplomatique, de tout le gouvernement, des présidents des institutions, des officiers supérieurs des armées de la police et de la gendarmerie, des chefs traditionnels et religieux, du patronat, des responsables du RHDP et de ses alliés.
Face à ce beau monde, il a égrené les ‘’grandioses et nombreuses’’ performances de la Côte d’Ivoire sous sa direction ; indiqué qu’il soumettrait aux élus des deux chambres un projet de modification de la constitution de la 3eme république, ainsi qu’un projet de code électoral ; et annoncé sa décision de ne pas briguer un troisième mandat pour, d’une part respecter sa promesse faite à la Côte d’Ivoire lors du vote de la constitution de la 3ème république, d’autre part transmettre le pouvoir aux jeunes.

L’annonce de son retrait de la course aux présidentielles de 2020, a été incontestablement le coup de poker du président sortant Ouattara. Cette annonce a fait pleurer beaucoup de ses adorateurs qui ont cru qu’il leur réservait encore 5 à 10 ans de pouvoir. Pour leur part, les idéologues du RHDP, ont trouvé là, matière à une nouvelle reconstruction de l’homme providence envoyé en Côte d’Ivoire pour la sortir de la misère économique, culturelle et politique. Ils ont hissé monsieur Ouattara au sommet des hommes politiques africains, à l’instar d’Houphouët Boigny. Les uns l’ont présenté comme le référent politique en matière de démocratie en Afrique, les autres l’ont comparé à Nelson Mandela, Martin Luther King ….

Diantre, aux yeux de ces laudateurs, respecter la loi, la constitution de la Côte d’Ivoire est devenue un acte d’amour pour ce pays, un acte démocratique de haute importance, un modèle pour toute l’Afrique. Si tel est le cas alors nous aurons reculé de 30 ans, nous serions en 1990 avant les victoires partielles pour les libertés et la démocratie conquises au prix de morts. En vérité, il ne s’agit pas ici de respect d’un quelconque engagement, ni d’amour pour la patrie, Il s’agit d’un simple respect de la constitution ivoirienne, à savoir « Le Président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct. Il n’est rééligible qu’une fois » Article 55 de la constitution actuelle.

Les idéologues du RHDP ont également poussé un cri de joie parce que monsieur Ouattara a décidé qu’il va « laisser la place à une jeune génération », mais qu’il sera toujours là pour les conseiller, traduisons pour les diriger. Monsieur Ouattara par ces dires montre qu’il n’a aucune considération pour le congrès qui n’est pas une réunion du RHDP où il peut émettre son avis sur qui doit être le candidat de ce groupement politique. Il a affiché un mépris royal pour le peuple qui est le seul détenteur du pouvoir et qui le donne à qui il veut, vieux, jeune, femme, homme. L’on peut se demander si ceux qui font campagne actuellement pour le compte du RHDP et qui ont 60 ans révolu sont des jeunes ? Chaque parti ou groupement politique choisit selon des critères qui lui sont propres son candidat à la présidence de la république. Ces critères ne peuvent en aucun cas s’imposer au peuple.

De quels jeunes parle-t-on ? S’agit-il de ceux qui ont pillé la Côte d’Ivoire aux côtés de leurs ainés eux-mêmes voleurs des deniers publics ? De ceux qui ont participé à la vente aux enchères des richesses nationales au profit des multinationales ? De ceux qui ont opprimé et méprisé le peuple aux côtés des anciens despotes ? Ou s’agit-il des jeunes patriotes qui se battent chaque jour pour que les peuples de Côte d’Ivoire aient la liberté, s’engagent véritablement dans la démocratie et que le pays conquiert sa souveraineté pour lui permettre un développement économique, social et culturel. Non il n’y a pas de combat générationnel. Il y a un combat entre les agents de la France Afrique, les despotes d’une part et les démocraties, les patriotes d’autre part.

Le PCRCI estime que la décision de monsieur Ouattara de ne pas briguer un troisième mandant est un non événement. Il estime que le RHDP peut choisir dans ses rangs le plus despote des jeunes pour briguer en son nom la magistrature suprême. Ce critère reste celui du RHDP et non celui des autres formations politiques, car la guerre de génération n’a aucun sens démocratique.

Dans une prochaine déclaration nous reviendrons sur les questions relatives au code électoral et à la modification de la constitution de la 3ème république, les véritables enjeux qui précèdent les élections présidentielles d’octobre prochain.

Abidjan le 6 mars 2020
Achy Ekissi
Secrétaire Général