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Torture en Guinée : « La force fait loi »

Publication d’un rapport de 4 ONG sur le phénomène tortionnaire en

D 16 janvier 2012     H 05:13     A     C 0 messages


Les organisations de défense des droits de l’homme, ACAT-France, AVIPA, OGDH et MDT publient
aujourd’hui une étude de terrain portant sur le phénomène tortionnaire en Guinée, principalement
entre 2010 et 2011.

Selon le rapport : « la torture reste une pratique courante en Guinée, voire ordinaire, à l’encontre des
personnes arrêtées pour des crimes graves, (grand banditisme, vol à main armé, coupeur de route,
assassinat, trafic de stupéfiants) afin de les faire avouer ».

L’enquête de terrain a aussi mis en évidence l’utilisation par les forces de défense et de sécurité de la
torture et des mauvais traitements pour punir les opposants politiques et leurs sympathisants lors des
répressions de manifestations ou de rassemblements publics.
Enfin, la torture est infligée aux militaires qui ont tenté ou qui sont soupçonnés d’avoir voulu tenter de
renverser les autorités par la force.

Malgré la volonté affichée par les autorités de réformer la justice et le secteur de la défense et de la
sécurité, aucune des personnes mises en cause pour des faits de torture ou des mauvais traitements n’a
jusqu’à présent été sanctionnée ni poursuivie devant la justice alors que beaucoup d’entre elles sont
notoirement connues.

Aucune réponse n’a été apportée aux victimes des violences politiques, qui ont régulièrement secoué la
Guinée depuis 2006 jusqu’à aujourd’hui. Ni la vérité des faits, ni les responsabilités pénales
individuelles des présumés auteurs n’ont été établies. Les victimes de ces événements n’ont également
reçu aucune réparation ni indemnisation des autorités guinéennes.

Pour les ONG : « L’immense majorité des agents des forces de défense et de sécurité impliqués dans
ces exactions sont encore en poste et plusieurs d’entre eux ont même reçu des avancements de carrière
ou des distinctions par le nouveau pouvoir civil ».

Pour asseoir durablement l’État de droit en Guinée, les autorités guinéennes doivent s’engager dans
une politique de prévention et de lutte contre la torture.
Les organisations adressent, dans leur rapport, plusieurs recommandations en ce sens aux autorités
guinéennes.

Signataires

- Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT-France)
- Association des Victimes, Parents et Amis du 28 septembre 2009 (AVIPA)
- Les Mêmes Droits pour Tous (MDT)
- Organisation Guinéenne de Défense des Droits de l’Homme et du Citoyen (OGDH)

Contact Ophélie Latil, ACAT-France, ophelie.latil@acatfrance.fr, + 33.1.40.40.40.24