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LTA-Mali SA : Les employés en sit-in attendent toujours justice

D 7 janvier 2016     H 12:15     A     C 0 messages


Depuis le 25 octobre 2015, les 57 travailleurs licenciés de la société minière LTA-Mali SA sont en sit-in dans la cour de la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM). Bientôt 3 mois ils attendent d’être mis dans leurs droits.

Hier encore, ils étaient sur place, toujours en sit-in dans la cour de la CSTM. « Notre position reste ferme. Nous la gardons quoi qu’il advienne tant que nos droits restent foulés au pied au su et au vu des autorités maliennes« .

Plus déterminé que jamais le secrétaire général du comité syndical de LTA-Mali SA, Mamadou Dabo, tonne : « Nous exigeons de la société minière LTA-Mali SA la levée des sanctions de licenciement des 57 travailleurs (27 syndicalistes et 30 militants), le paiement de la majoration de 7 % des salaires pour 32 mois et le paiement de la prime de rendement« .

Ils sont ainsi sévèrement sanctionnés pour fait de grève, en violation du Code du travail et de la Convention n°87 de l’Organisation internationale du travail (OIT), relative à la liberté syndicale et ratifiée par le Mali.

Pour Mamadou Dabo, leur licenciement est illégal. Il résulte de la violation des articles L-231 et 277 du Code du travail qui régit les licenciements. Le fautif dans cette situation, selon les syndicalistes, c’est l’Etat. « L’inspecteur du travail, qui devait être l’arbitre entre nous et l’employeur, nous a grugés. Ce dernier nous a licenciés sachant que nous réclamions ce qui nous est dû« , dénonce M. Dabo.

Selon Mamadou Dabo, seule une décision du conseil des ministres peut leur faire justice. La société minière LTA SA leur doit des milliards pour travail valablement accompli. Mais pour des raisons d’abus de pouvoir, les travailleurs buttent à des difficultés. Grosse de justice en main, ils interpellent le gouvernement à sortir de son silence à leur égard.

Mamadou Dabo rappelle qu’en 1999, le gouvernement a décidé d’augmenter de 7 % le traitement mensuel de ses agents. Cette mesure, selon lui, a été acceptée et appliquée par toutes les entreprises du secteur privé à l’exception de la société LTA-Mali SA. Pis encore, suite à un dépassement de production de la mine sur les prévisions en 2011, tous les travailleurs auraient dû bénéficier de primes de rendement mais la société s’est abstenue de les verser, s’indigne le syndicaliste.

Le comité syndical a donc déposé un préavis de grève le 11 juin 2011 pour réclamer le reliquat des augmentations et le paiement de la prime de rendement alors que la tentative de conciliation menée par l’inspection du travail de Kayes échouait.

Selon le syndicaliste, pour l’ouverture de nouvelles négociations, l’inspection du travail de Kayes leur a refusé un report de 48 h afin qu’ils se fassent assister par un responsable de la coordination régionale de la CSTM. Cette demande des syndicalistes, rappelle M. Dabo, a été mal interprétée par l’inspection. « Pour elle, c’est un refus de notre part d’engager des négociations avec la direction de l’entreprise« .

Suite à cela, continue-t-il, le directeur régional du travail de Kayes aurait autorisé le licenciement de 27 responsables syndicaux pour exercice abusif du droit de grève et volonté manifeste de nuire à l’entreprise (LTA-Mali), explique Mamadou Dabo.

Dans cette lutte, raconte-t-il, ils ont été soutenus par la Fédération nationale des mines et de l’énergie (Féname). Mais cette intervention n’a réussi qu’à aggraver la crise, car la société a licencié 30 autres travailleurs pour absence non justifiée.

Au total, 57 chefs de famille vivent dans la précarité depuis 32 mois. Cela en plus des 2 mois de sit-in à la CSTM depuis le 25 octobre 2015. Les travailleurs en sit-in sont soutenus par leurs familles respectives.

Source : Mali Actu Net

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