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Mali : Le cycle infernal de la guerre

Le 10 septembre 2026, le camp militaire de Dioura attaqué : l’horreur et le cycle infernal de la guerre continuent.

D 29 septembre 2026     H 05:00     A Parti SADI     C 0 messages


Le 10 septembre 2026, le camp des Forces Armées Maliennes (FAMa) de Dioura a été secoué par une attaque d’une rare intensité. Le bilan est lourd, tant sur le plan humain que matériel. Selon des sources crédibles, 171 soldats de l’armée régulière sont tombés et 11 soldats du corps expéditionnaire russe Africa Corps ont été tués sous les balles des djihadistes.
93 soldats sont détenus. Le porte-parole des détenus évoque lui-même plus d’une centaine de prisonniers. L’horreur !

Un rappel historique s’impose.

Du 18 au 24 janvier 2012, à Aguelhok, 103 soldats de l’armée régulière tombent sous les balles du MNLA et des groupes Ansar Dine et Al-Qaïda. La série sanglante se poursuit de manière cyclique, meurtrière.

Le 4 janvier 2021, l’opération Barkhane déverse ses bombes sur les populations de Bounty. 19 à 21 personnes d’une même fratrie meurent.

À Moura, les 27, 28, 29, 30 et 31 mars 2022, sous les balles meurtrières des mercenaires russes de Wagner appuyés par des unités de l’armée régulière, plus d’un millier de personnes sont tuées lors d’une foire.
À ce jour, c’est le bilan le plus lourd pour les populations sans armes, tout comme l’attaque du camp de Dioura l’est pour les soldats de l’armée régulière, causé par cette guerre.

À Tinzaouaten, les 24, 25, 26 et 27 juillet 2024, la CMA attaque des unités militaires du régime, essentiellement constituées de mercenaires russes de Wagner. 84 mercenaires et plusieurs soldats de l’armée régulière sont tués. Ce fut la débâcle historique d’une armée de mercenaires tout comme celle de woyo wayanko à l’époque samorienne.

Des soldats et des populations sans armes sont régulièrement tués. Défaite le 10 septembre 2026 à Dioura, l’armée s’est acharnée sur des populations sans armes à K. Macina. 13 personnes ont été tuées, leurs corps mis dans des sacs et jetés dans le fleuve. L’horreur !

Cette horreur, toutes les régions du Mali, toutes les ethnies l’ont connue, à des degrés et des intensités différents.
À chaque attaque orchestrée contre les FAMa ou inversement, ce sont les populations qui paient le plus lourd tribut du fait de l’armée, des dozons et des mercenaires russes du régime. Les mercenaires russes se sont illustrés par des assassinats en série commis dans des conditions inhumaines.

La calcination des corps des soldats de l’armée régulière par les mercenaires d’Africa Corps, survenue à Dioura couronne la logique amorale et criminelle de cette guerre injuste pour le peuple et de nature réactionnaire.
Cette guerre met en prise :
– Une armée malienne qui a perdu depuis longtemps son caractère national, républicain et patriotique, dès lors qu’elle exécute des politiques réactionnaires. Elle est constituée de jeunes vigoureux, ruraux, envoyés au front.
– Les combattants du JNIM, constitués essentiellement de jeunes ruraux, vigoureux, dévoués à leur cause au nom de l’islam.
– Le FLA, constitué de jeunes essentiellement touaregs, vigoureux, dévoués à leur cause régionale, identitaire et ethnique.
– Les chasseurs Dozos, des ruraux engagés aux côtés de l’armée régulière.
– Les soutiens militaires extérieurs, composés de Turcs et de Russes, engagés pour la protection des responsables de la transition et comme supplétifs de l’armée sur le terrain. Ces forces d’appui russes assurent, contre toute logique militaire, le commandement opérationnel sur le terrain défiant la souveraineté des " souverainistes".
– L’État islamique, mouvement armé multinational, composé de mercenaires autonomes qui se vendent au plus offrant, bien qu’il prétende se battre pour l’islam au Mali.

Dans cette situation ubuesque, les forces démocratiques, patriotiques et populaires sont réduites au silence ou à la clandestinité par le régime de Bamako.

La répression de la liberté d’expression et d’opinion est l’œuvre du régime CNSP et du M5-RFP, qui exclut systématiquement les forces sociales, politiques, démocratiques et populaires de toute contribution à la réflexion collective nationale pour sortir le pays de cette guerre réactionnaire.

À l’évidence, c’est ce régime CNSP / M5-RFP qui est responsable de la perpétuation de la guerre et de son déclenchement face à la CMA, devenue FLA.

Au regard des déclarations, du comportement et des revendications prônées par ces groupes armés, peut-on valablement soutenir que seule la guerre peut y mettre fin ? SADI a toujours soutenu que c’est plutôt l’exercice démocratique et populaire qui peut et doit nous sortir de cette guerre qui détruit l’unité nationale, la cohésion sociale et anéantit tout effort de développement au service du peuple.

Autant SADI a été à l’avant-garde du combat contre la présence des troupes étrangères franco-européennes, autant il a été le premier à dénoncer clairement et ouvertement la présence russe de Wagner et d’Africa Corps. Il reste résolument opposé à toute présence de troupes étrangères au Mali.

En prônant la résolution par le dialogue pour mettre fin à cette guerre, SADI l’associe à l’expression démocratique libre et totale.

Le temps nous donne raison :

des soldats maliens faits prisonniers par le JNIM viennent de rejoindre, dans leur déclaration, la position politique du parti SADI sur le dialogue.
Cette idée de dialogue est reprise depuis un moment par de nombreux activistes, forces politiques et personnalités.

Le porte-parole des prisonniers de guerre du JNIM suite à l’attaque du camp de Dioura, le soldat de 1ère classe Sékou Coulibaly, matricule 64 149, a déclaré ce qui suit :

« Je suis le soldat de 1ère classe Sékou Coulibaly, Mle 64 149. Nous sommes venus à Dioura en mission d’observation. Par la grâce de Dieu, nous nous sommes affrontés ( FAMAS et JNIM).
Nous sommes tous des Maliens ( FAMAS et JNIM).

Ce sont des incompréhensions qui ont occasionné ces affrontements entre nous ( FAMAS et JNIM).
Après de rudes combats, certains d’entre nous sont tombés ( FAMAS )sans démériter. Ce n’est pas notre bravoure qui nous vaut la vie, nous ne pouvons pas mourir tous le même jour. Le JNIM nous a vaincu. Nous sommes entre leurs mains. Alhamdoulilah, nous ne manquons de rien.

Nous lançons un appel à tous les vidéastes dont la voix porte et à ceux qui sont derrière eux, aux dirigeants que nous connaissons ou pas, d’intercéder auprès de ceux qui nous détiennent pour qu’ils nous libèrent. Étant donné que le JNIM ne veut que l’échange, c’est cela la vie : chacun donne et prend mutuellement, c’est même une loi du marché qui se passe entre l’argent et la marchandise.

Nous demandons à tout le pays de se mettre debout pour obtenir notre libération par l’échange.
Nous lançons l’appel à Aziz et ses soutiens, également à Assimi, pour qu’ils agissent avec nos parents et que tout le pays se mette debout pour nous faire libérer.

S’il m’est arrivé d’offenser par mes propos quiconque, je lui présente mes excuses. »

Peut-on être plus clair ?

À la suite du soldat de 1ère classe Sékou Coulibaly, nous lançons une fois de plus un appel à l’alliance politique des soldats engagés sur le front, des combattants du JNIM et du FLA, des forces démocratiques, patriotiques et populaires pour se mettre ensemble afin de mettre fin à cette guerre inutile et profondément réactionnaire, pour instaurer la démocratie réelle, pour le peuple, la justice sociale, l’équité et le progrès harmonieux pour tous.

Maliens imposons la Paix au régime du CNSP des colonels/ généraux, du M5 RFP et leurs organisations et soutiens politiques.

SADI International, le 22 septembre 2026

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