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Ousmane Sonko : « Si Macky Sall est candidat en 2024, il marchera sur nos cadavres »

D 22 juin 2021     H 14:57     A La rédaction de Mondafrique     C 0 messages


La trêve difficilement obtenue en mars dernier par les guides religieux entre le président Macky Sall et son principal opposant Ousmane Sonko semble avoir vécue. Chacun des deux camps prépare ses troupes à la confrontation, avec en toile de fond la présidentielle de 2024.

L’un parcourt les terres du Sénégal « profond » pour promettre monts et merveilles aux lecteurs tandis que l’autre réunit ses partisans sur la Place de la Nation à Dakar pour les exhorter à se mettre en ordre de bataille. Entre le président sénégalais Macky Sall et son principal opposant Ousmane Sonko, le duel se déroule certes pour l’instant à distance, mais il n’en reste pas moins sans concession et prometteur de fortes turbulences pour le pays.

« Si Macky veut être candidat en 2024, il devra marcher sur nos cadavres », a averti Ousmane Sonko vendredi dernier lors d’un meeting organisé Place de la Nation à Dakar par le Mouvement de défense de la démocratie (M2D), une coalition de partis et d’organisations de la société civile créée en mars 2021.

Des promesses tous azimuts

Ni le lourd bilan humain de 13 morts enregistré lors des manifestations de mars consécutives à l’arrestation pour « viol présumé » de Sonko, président du Parti du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (PASTEF), ni les mises en garde d’une partie de la classe politique n’ont convaincu à ce jour le président Sall d’annoncer publiquement qu’il n’envisage pas de briguer un troisième mandat en 2024. Ce que l’actuelle Constitution ne permet pas. Dans ce contexte, les tournées dans les régions du Sénégal organisées récemment par Macky Sall se sont transformées en véritable opération de séduction en vue de la candidature de 2024. Entre inaugurations d’infrastructures routières et sanitaires ici ; pose de la première pierre des travaux d’adduction d’eau potable et d’extension du réseau électrique là-bas ; et même la construction d’un nouvel aéroport et la création d’une nouvelle université dans le nord du pays ailleurs, Macky Sall poursuit son opération de charme envers l’électorat du Sénégal profond. Dans un pays où les religieux ont un immense poids social voire politique, le président sénégalais n’a pas hésité à rendre des visites de courtoisie à des grandes familles religieuses. Il a annoncé dans la foulée un salaire mensuel de 50.000 FCFA pour tous les chefs traditionnels du Sénégal.

Convaincu que Dakar et les grandes villes sont déjà acquises à l’opposition, le président sénégalais mise sur le ralliement du « Sénégal profond » et le coup de pouce des religieux pour faire accepter sa candidature en 2024.

Des affaires ténébreuses

En face, ses adversaires entendent d’abord défendre la légalité constitutionnelle qui semble faire consensus bien au-delà des sensibilités politiques. Universitaires, journalistes, artistes, opérateurs économiques, de nombreuses voix se sont déjà prononcées contre toute révision de la limitation du nombre des mandats présidentiels. La coalition M2D, qui l’a bien compris, exploite à fond ce filon, mettant en première ligne à la fois des organisations de la société civile telles que « Y en a marre » et des figures emblématiques de l’opposition comme Ousmane Sonko.

Aux promesses à tout-va de Macky Sall, Sonko et ses alliés opposent la défense et la promotion des valeurs qui ont bâti le socle de la démocratie sénégalaise : les libertés individuelles et collectives, la lutte contre la corruption, l’indépendance de la justice, la transparence dans la gestion des affaires publiques. Derrière le choix de ces thèmes de mobilisation, apparait une vraie stratégie pour affaiblir Macky Sall dont la gouvernance a été entachée par un scandale de corruption dans le secteur pétrolier mettant en cause son frère Aliou Sall ainsi que d’autres ténébreuses affaires dont les conditions d’acquisition d’un nouvel avion présidentiel et d’un nouveau navire de commandement pour assurer les déplacements officiels entre Dakar et l’île de Gorée, toute proche de Dakar.

Comme on a pu le voir lors des grandes manifestations de mars dernier, l’opposition sait bien que la jeunesse sénégalaise est très sensible à la défense des idéaux de démocratie et de justice.

Depuis lors, Macky Sall a contre-attaqué en annonçant un Programme d’urgence pour l’emploi et l’insertion des jeunes de 450 milliards de FCFA dont 150 milliards dès cette année. Reste toutefois à savoir si cela suffira à changer le rapport de forces. Entre Macky Sall et Ousmane Sonko, la bataille de 2024 a déjà commencé.


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