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SIERRA LEONE : La position du peuple

D 5 janvier 2013     H 05:37     A Pan African Community Movement (Sierra Leone)     C 0 messages


Nous publions une prise de position du PACM, qui nous paraît intéressante dans l’analyse des élections dans les pays africains et par les revendications qui y sont avancées.

Le Pan African Community Movement (PACM) est une
communauté pan africaniste de la base, nouvellement formée et
qui comprend les jeunes, les étudiants, les femmes, les employés
et les chômeurs de la Sierra Leone rurale et urbaine. Nous
promouvons et croyons en une idéologie panafricaine pour la
libération totale de l’Afrique, son unité et sa transformation
socialiste.

Nous soutenons l’auto-émancipation et
l’autodétermination des masses africaines opprimées et
exploitées sur le continent et à l’étranger. Nous sommes opposés
à la privatisation, au racisme, au sexisme, au néocolonialisme et
aux guerres impérialistes par procuration en Afrique. Nous faisons
partie de la résistance mondiale au néolibéralisme, la lutte pour
une justice économique et sociale globale et le mouvement pan
africaniste mondial.

A la veille du 17 novembre, jour des élections présidentielle,
parlementaires et municipales en Sierra Leone, PACM croit que la
démocratie signifie plus que des votations tous les cinq ans. Pour
nous, la démocratie signifie une émancipation totale, l’implication
et la réorganisation de la société dans la sphère aussi bien
économique que sociale et politique. La démocratie n’est pas un
évènement quinquennal, mais un processus de lutte pour que la
population obtienne le bénéfice entier de son travail et la richesse
de sa terre. Elle doit aussi obtenir l’émancipation totale et
complète des femmes, les libérer des obstacles traditionnels
arriérés et sociaux qui entravent leur progrès et doit garantir que
le pouvoir politique est exercé par et pour le peuple.

La vérité c’est que depuis les élections de 2007, il n’y a guère eu
de changement dans la vie de la majorité des gens de Sierra
Leone. Plus de 70% de la population vit toujours dans la
pauvreté, avec des violences structurelles, la corruption,
l’inégalité. Les identités politiques demeurent inchangées ce qui
fait des affirmations du président Koroma, qui dit "avoir apporté
la transformation en Sierra Leone", des mensonges. Nous,
membres du PACM, sommes horrifiés qu’aucun des partis
politiques n’a inclus dans son manifeste un plan clair pour
éradiquer l’analphabétisme. Le taux de 65% d’analphabétisme
dans le pays est inacceptable. Il semble que le régime APC-SLPP
soit content de perpétuer l’analphabétisme afin continuer à
dominer la population et de régner en faveur de leurs intérêts et
de ceux de leurs supporters étrangers, les grandes compagnies
minières, les accaparateurs de la terre, etc.

Nous, membres du PACM exprimons aussi une grande
préoccupation concernant le silence de tous les partis politiques
sur la question l’accaparement incontrôlé des terres à grande
échelle par des multinationales de connivence avec nos
dirigeants. Nous notons que cette tendance de aggrave la
pauvreté, augmente la souffrance, la violence, la faim, les
paysans sans terre, l’aliénation sociale et la perte des moyens de
subsistance parmi les paysans ruraux pauvres.

Le PACM note avec consternation le silence de la part des
politiciens et des partis politiques qui n’abordent pas la question
brûlante de la justice économique ou de savoir comment la
population pourrait mieux profiter des extractions minières, du
pétrole et d’autres ressources naturelles.

DEMOCRATIE LIBERALE OU DEMOCRATIE DE MASSE
PARTICIPATIVE

Trois élections post-conflit n’ont pas apporté de changements
fondamentaux dans la vie des gens ordinaires. La récente
épidémie de choléra témoigne d’une négligence de l’APC-SLPP à
l’égard de la population et dont ils doivent assumer l’entière
responsabilité. L’approvisionnement pour satisfaire les besoins les
plus fondamentaux de la vie - eau, assainissement, soins de
santé, nourriture, instruction et logement – a été négligé au profit
d’une politique basée sur l’ethnicité, la corruption d’opposants
politiques et la violence étatique à l’égard du citoyen ordinaire.
De plus, le PACM :
- condamne les actuels partis politiques et leur pratique
persistante de politique basée sur l’ethnie. Les politiques
identitaires ont débuté avec le colonialisme et il en est toujours
fait usage par l’actuelle classe néocoloniale dirigeante afin de
servir de puissants intérêts économiques et politiques ;
- fait appel aux citoyens ordinaires de la Sierra Leone pour qu’ils
demandent des comptes aux "représentants élus". Nous faisons
appel à la population pour qu’elle exige des rapports (mensuels)
des députés au niveau des districts. Aujourd’hui, les députés ne
sont intéressés que par leurs seuls intérêts personnels et ceux
des grandes compagnies minières, les accapareurs de terre, etc. ;
- fait appel aux citoyens pour qu’ils exigent que toutes les lois
soumises au parlement soient d’abord soumises à la population
du district, discutées et votées avant que d’être votées au
parlement, afin d’augmenter la participation démocratique de
masse.
- presse aussi les citoyens de la Sierra Leone d’exiger une entière
démocratisation et une responsabilité de toutes les institutions
étatiques, y compris le judiciaire, le policier, le militaire, etc. ;
- demande aussi la possibilité pour les citoyens de destituer à
tout moment un député, un conseiller, un maire ou même le
président s’ils l’estiment inadéquat ou ne travaillant pas dans leur
intérêt ;
- condamne toute tentative d’instigation ou de recours à la
violence au cours des élections. Les jeunes ne sauraient être
blâmés pour la violence quand ce sont les politiciens qui sont les
véritables instigateurs à des fins égoïstes ;
- appelle les masse à lutter pour leurs propres intérêts ; eau
potable pour chaque citoyen, des logement décents conformes à
la dignité humaine, une instruction de qualité, des salaires
décents, un environnement propre, etc. ;
- soutient que les travailleurs sont la clé de la transformation
sociale. Les travailleurs doivent exiger une meilleure vie pour eux-mêmes
et s’engager dans la lutte des classes, le processus par
lequel les travailleurs exploités et corvéables à merci et la lutte
des paysans contre l’exploitation par les propriétaires de
banques, d’usines et de mines, exigent une distribution équitable
de la richesses et la propriété collective des moyens de
production. La victoire de la classe ouvrière mène toujours à
l’amélioration des conditions de vie des travailleurs, des paysans
et des masses en général.
- demande la reconnaissance pleine et entière du droit des
travailleurs, une fin de la précarisation de l’emploi, des salaires
qui permettent de vivre pour tous les travailleurs et le droit
d’organiser et de former des syndicats ;
- demande la nationalisation de tous les minerais - gisements de
fer, de rutile, de diamants, d’or, de pétrole, de gaz - et autres
domaines économiques stratégiques pour les mettre sous le
contrôle des travailleurs et des communautés afin de servir les
intérêts socio-économiques des gens ordinaires ;
- fait appel aux travailleurs pour qu’ils exigent des congés de
maternité payés de six mois et obtiennent des crèches dans les
places de travail ;
- fait appel aux travailleurs, aux chômeurs, au paysans, aux
étudiants, aux jeunes, aux groupes de la base afin qu’ils
élaborent une organisation de masse pour exiger l’intégralité de
leur droits politiques, économiques et sociaux.
- fait appel aux masses de la Sierra Leone afin qu’elles défendent
et luttent pour une société égalitaire et juste

A bas la violence électorale

Le Peuple uni ne sera jamais vaincu !

Source : http://www.pambazuka.org/fr