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Togo. Les autorités ne tiennent pas leurs engagements et la situation des droits humains stagne

D 17 mai 2016     H 05:35     A Amnesty International     C 0 messages


La situation des droits humains au Togo stagne et les autorités n’ont pas respecté les
engagements pris devant la communauté internationale depuis cinq ans, a déclaré
Amnesty International dans un rapport publié aujourd’hui, alors que le président Faure
Gnassingbé célèbre ses onze ans au pouvoir.

Togo. Droits humains : encore un long chemin à parcourir démontre que les autorités
ont ignoré ou partiellement mis en œuvre la plupart des recommandations émises lors
du passage du pays à l’Examen périodique universel (EPU) de 2011. Le rapport contient
l’analyse et les recommandations d’Amnesty International en direction du deuxième
cycle de l’EPU du Togo en octobre-novembre prochain.

« Ces cinq dernières années, les forces de sécurité ont tué et blessé plusieurs personnes
lors de manifestations pacifiques, des journalistes et des défenseurs des droits humains
ont été arrêtés, les conditions carcérales ne répondent pas aux normes internationales
et l’impunité pour les violations des droits humains a persisté », a déclaré François
Patuel, chercheur sur l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International.
« Alors que la communauté internationale avait exhorté le pays à faire des efforts, la
situation des droits humains ne s’est pas améliorée, et cela doit changer ».

Les réunions pacifiques organisées par des partis politiques ou des défenseurs des droits
humains sont souvent arbitrairement interdites et dispersées par la police, la
gendarmerie ou les forces armées, et leurs organisateurs exposés à des représailles et
des arrestations arbitraires.

En novembre, sept personnes ont été tuées et au moins 117 blessées, y compris des
femmes enceintes et des enfants, lors de manifestations à Mango dans le nord du pays.

En mars 2015, il y a eu au moins 30 blessés, dont une femme et un enfant à Gléi au
cours d’une manifestation d’élèves. Au moins une personne est morte des suites de ses
blessures.
Les autorités ont continué à restreindre la liberté d’expression et cibler les journalistes,
les défenseurs des droits humains et les militants politiques qui ont exprimé des
opinions opposées à celles du pouvoir.

En février 2012, Koffi Kounté, président de la Commission nationale des droits de
l’homme, a du se réfugier en France après avoir reçu des menaces provenant de
l’entourage du chef de l’État. Il avait refusé de cautionner un rapport édité par le
gouvernement sur plusieurs cas de torture.
Les forces de sécurité ont régulièrement recours à la torture et à d’autres mauvais
traitements au moment des arrestations et durant la détention provisoire afin
d’arracher des « aveux » ou de compromettre les accusés. En novembre 2015, plusieurs
hommes arrêtés lors des manifestations à Mango ont été soumis à de mauvais
traitements.

Les minorités sexuelles font l’objet de discrimination, la loi criminalisant les relations
sexuelles consentantes entre personnes du même sexe. Elles sont aussi souvent victimes
de harcèlement et de détentions arbitraires de la part des forces de sécurité.

En juillet 2013, la Cour de justice de la CEDEAO a conclu, dans un arrêté, à l’existence
d’actes de torture dans l’affaire Kpatcha Gnassingbé et ses codétenus. Sept personnes
concernées dans cette affaire sont encore en détention arbitraire. Personne n’a été
traduit en justice pour ces actes de torture.
Amnesty International appelle le Togo à, entre autres, modifier la législation qui
réglemente le recours à la force et qui viole le droit à la liberté d’expression et de
rassemblement pacifique ; et à ouvrir sans délai des enquêtes approfondies et
impartiales sur toutes les allégations d’arrestation et de détention arbitraire,
d’intimidation, de menace, de harcèlement et d’agression à l’encontre de défenseurs
des droits humains. Les autorités devront également protéger, respecter et appliquer les
droits humains pour tous, indépendamment de l’orientation sexuelle ou de l’identité de
genre et de son expression.

« Il est important que la communauté internationale soit plus vigilante quant à
l’évolution de la situation des droits humains au Togo dans un contexte où le Bureau du
Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme à Lomé a fermé ses portes en 2015 », a
déclaré Francois Patuel.

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