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Togo. Un militant politique détenu pour ses opinions doit être libéré

D 21 avril 2017     H 05:00     A Amnesty International     C 0 messages


Les autorités togolaises doivent cesser d’intimider les militants de l’opposition et libérer immédiatement et sans condition l’un d’eux arrêté après avoir critiqué la proposition d’une autorité locale, a déclaré Amnesty International aujourd’hui.

Kombate Garimbité, militant de l’Alliance des démocrates pour le développement intégral (ADDI), un parti de l’opposition, a été arrêté le 4 avril après avoir pris part à une réunion des parents d’élèves de la localité de Yembour, durant laquelle il s’est opposé avec d’autres participants à une proposition du chef de ce canton situé au Nord du pays.

Le chef demandait une cotisation de 1600 francs CFA (environ 2,5 euros) par famille pour réparer des dégâts causés par plusieurs élèves au cours de manifestations en mars dernier pour demander la reprise des cours interrompus suite à une grève des enseignants. Kombate Garimbité a demandé au chef de canton si cette proposition était fondée par une décision de justice ordonnant aux parents de financer la réparation des dégâts occasionnés.

Suite à ces propos, Kombate Garimbité a été arrêté et accusé de « troubles aggravés à l’ordre public » pour avoir instigué les manifestations d’élèves. Il est détenu à la prison de Dapaong, au Nord du pays, sans accès à un avocat. Il nie avoir été impliqué dans l’organisation des manifestations et déclare qu’il se trouvait à ce moment-là à Lomé, à 630 Km de Yembour.
« Si Kombate Garimbité est détenu uniquement pour avoir exercé son droit à la liberté d’expression de manière pacifique, il doit être libéré immédiatement et sans condition, » a déclaré François Patuel, chercheur sur l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International.

Rencontré par Amnesty International à la prison de Dapaong, Kombate Garimbité a déclaré avoir fait l’objet de menaces et d’intimidations de la part des autorités locales pour ses prises de positions politiques. Il indique avoir été contraint de signer un procès-verbal de plusieurs pages sans l’avoir lu.

Le Togo connait depuis le début de l’année des mouvements sociaux, notamment au sein du personnel enseignant et des élèves. Trois élèves ont été arrêtés entre le 12 et le 17 mars dernier et détenus à la prison civile de Dapaong dans le cadre des manifestations à Yembour, avant de bénéficier d’une libération conditionnelle le 24 mars. Ils étaient accusés de « troubles aggravés à l’ordre public ».

Amnesty international a documenté plusieurs cas d’intimidation de militants politiques de l’opposition dans le pays, en particulier au Nord. Des militants du Parti national panafricain (PNP, opposition) ont été empêchés de manifester dans les villes de Mango le 12 mars et de Kara le 25 mars. Dans la capitale Lomé, une manifestation organisée par une coordination d’élèves et d’étudiants a été interdite le 9 mars au motif que son itinéraire incluait, selon la mairie de la ville, une zone d’affluence les jours ouvrables.

« La liberté d’expression et la liberté de réunion pacifique sont des droits et non des privilèges. Les autorités doivent mettre un terme à leur campagne d’intimidations et d’arrestations arbitraires de personnes exerçant ces droits, y compris les militants de l’opposition, » a déclaré François Patuel.

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