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Conditions d’exploitation de l’uranium au Gabon et au Niger

SHERPA SE RETIRE DES ACCORDS SIGNES EN 2009 AVEC AREVA

D 4 janvier 2013     H 05:50     A Sherpa     C 0 messages


Aujourd’hui, l’Association SHERPA annonce son retrait des accords passés avec AREVA en 2009, (notifié par courrier adressé le 17 décembre à Monsieur Luc OURSEL) ; cette décision ayant été prise, après consultation et en accord avec ses partenaires nigériens et gabonais, ainsi qu’avec l’Association des anciens travailleurs de Mounana.

Le 10 juin 2009, après deux ans de négociation, SHERPA et l’association des anciens travailleurs de Mounana[1] avaient obtenu d’AREVA la signature de deux accords, aux termes desquels :

· Des observatoires de la santé devaient être mis en place, dans un premier temps sur les sites miniers de Mounana au Gabon et d’Arlit au Niger, afin de prévenir la survenance de risques, notamment sanitaires, liés à l’exploitation de l’uranium. Ces observatoires, initiative sans précédent, avaient ensuite vocation à se décliner sur les autres sites miniers exploités par AREVA à travers le monde ;

· Les anciens collaborateurs africains ou français du groupe AREVA (et sous-traitants), ayant travaillé sur les sites miniers du Niger et du Gabon et ayant contractés des pathologies liées à leur activité professionnelle, devaient être indemnisés.

Face aux obstacles judiciaires quasiment insurmontables, SHERPA a accepté – en concertation étroite avec la société civile locale – de favoriser une solution pragmatique, en particulier avec l’objectif de permettre l’indemnisation des travailleurs africains concernés pour lesquels il n’existe aucun recours devant un juge local ou français.

L’exécution partielle des accords a permis, après que SHERPA et ses partenaires africains ont, à plusieurs reprises, demandé à AREVA d’assumer pleinement le respect de ses engagements :

· La mise en place de manière effective des Observatoires de Santé sur les sites de Mounana et d’Arlit ;

· L’indemnisation deux familles d’expatriés français.

Cependant, l’association SHERPA a pris acte – avec regret – du fait que la nouvelle Direction d’AREVA avait réduit pour l’essentiel l’exécution des accords à une opération de communication, sinon d’affichage. En effet, l’arrivée de Monsieur Luc Oursel à la tête du groupe a correspondu à un changement de la culture de l’entreprise en termes de développement durable, et par conséquent à la remise en cause de la capacité d’AREVA de respecter la lettre et l’esprit des accords de 2009 :

· Si ces accords ont pu favoriser, et SHERPA s’en réjouit, le suivi médical de plus de 700 travailleurs africains, il est incompréhensible et inacceptable que le processus d’indemnisation, s’il a bénéficié à deux familles d’expatriés français (ce qui est notoirement insuffisant), n’ait bénéficié à aucun travailleur nigérien ou gabonais alors même que la situation médicale de plus d’une centaine d’entre eux a été examinée.

· La décontamination du site de Mounana, dont l’exploitation a cessé en 1999, promise par Madame Anne Lauvergeon, est en panne. Elle n’a été effectuée que partiellement et de façon très insatisfaisante, de sorte que les populations riveraines sont toujours soumises aux risques d’irradiation ;

· Les associations déplorent la perte de leur interlocuteur principal au sein du groupe AREVA, la société semble même aujourd’hui se dédouaner des engagements pris par cette personne ;

· Enfin, il n’apparaît pas que la société AREVA ait été capable d’établir des relations de confiance durables avec les partenaires locaux qui, on le sait, sont en premières lignes dans ce dossier ; cette dynamique était pourtant indispensable pour assurer l’exécution complète des accords.

Le désengagement de fait d’AREVA, alors même que ces accords inédits et uniques avaient vocation à se décliner dans un secteur industriel trop souvent marqué par un mépris du droit des populations locales et de l’environnement, est tout à fait regrettable.

AREVA porte ainsi la responsabilité de voir dévaluer des modalités pragmatiques de résolution de situations complexes et pour lesquelles aucune solution judiciaire ne peut être proposée. SHERPA va réfléchir avec ses partenaires aux initiatives qui pourraient être prises dans les prochains mois aux fins de répondre à leurs attentes

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