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EBOLA comme symptôme de la mondialisation capitaliste

D 27 octobre 2014     H 05:49     A Parti de Gauche (France), Pierre Boutry     C 0 messages


Déjà plus de 4000 morts africains, un risque avéré de contagion aux zones urbaines surpeuplées qui conduirait à la catastrophe humanitaire, des personnels politiques décrédibilisés et pris entre la dénégation et l’impuissance, une résurgence des fantasmes de virus fabriqué pour dépeupler l’Afrique, une opportunité pour les impérialismes américains et français de s’installer comme bon leur semble, telle est la situation créée par le virus Ebola pour sa troisième apparition sur le continent. Car ce virus est apparu pour la première fois dans les années 70 au Zaïre de Mobutu (RDC actuellement), et c’est même d’une des rivières affluent du grand fleuve qu’il tire son nom ; mais à l’époque le système de santé était encore suffisamment organisé et la confiance des populations dans la médecine occidentale était encore intacte. Or il n’en est plus de même de nos jours. La confiance n’existe plus et la désorganisation est totale dans des pays mis à mal tantôt par le FMI tantôt par des guerres civiles à caractère mafieux.

L’accaparement des terres par les multinationales (italiens, suisses, malais, sino-vietnamiens) dans les pays d’Afrique de l’Ouest concernés par l’épidémie, conduit au déracinement de populations et à leur précarisation, en les amenant à entrer en contact avec un gibier traqué. La déforestation et le réchauffement climatique global accentuent l’aridité et la sécheresse qui favorisent les risques de contagion.

Les premières victimes sont les médecins et infirmiers africains dont la presse occidentale aux ordres ne parle pas ; ils ne bénéficient pas, eux, des médicaments issus de la recherche médicale. Une recherche médicale qui s’est d’ailleurs peu préoccupée depuis les années 70 de cette fièvre épidémique de pauvres mangeurs de viande de brousse, comme si la mondialisation des échanges et des déplacements de personnes ne changeait pas la donne.

Là où le Sida a mis des dizaines d’années à se répandre dans le monde à partir de cette même RDC, comme on le sait depuis peu, ne savait-on pas qu’Ebola irait plus vite ? L’industrie pharmaceutique, qui avait refusé jusque là de financer des tests cliniques nécessaires mais coûteux, accélère la recherche actuellement car il faut être le premier à sortir la thérapie qui permettra de soigner ceux qui en ont les moyens, les autres ce sera éventuellement pour plus tard. Ebola est un autre nom pour un système capitaliste dégénéré qui n’arrive même plus à gérer les désordres qu’il crée au point qu’ils risquent de se retourner contre lui : nous avons vu ô combien le système de santé espagnol confronté à quelques cas, a des difficultés à réagir, affaibli qu’il est par les coupes sombres des politiques austéritaires imposées par le système et lâchement mises en œuvre par l’oligarchie au pouvoir.
Quant aux angoisses des populations africaines confrontées à ce malheur qui s’ajoute à d’autres, force est de constater qu’elles ne sont pas dénuées de tout fondement : ne voit-on pas apparaître de nouvelles formes de paludisme s’attaquant au système nerveux, issues de souches importées aux USA, manipulées et revenues sur leur centre de recherche africain d’origine ?

Les décideurs politiques africains ont certes leur part de responsabilité en ce qu’ils rendent leurs peuples dépendants de l’extérieur au lieu de construire leur souveraineté. Mais la tragique épidémie en cours montre à quel point la recherche effrénée de profits est incompatible avec la santé publique et ce à l’échelle mondiale. Il faut socialiser l’industrie pharmaceutique et rompre avec le productivisme actuel qui favorise l’émergence de pathologies nouvelles que le capitalisme met à la charge de la société et dont il profite pour prospérer sur le dos des peuples.

Ebola est le symptôme de la mondialisation capitaliste mais il est aussi la preuve que la santé publique est indissociable de nos objectifs écosocialistes.

Vive la révolution citoyenne et souveraine africaine !

Pierre Boutry

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