Des juntes putschistes militaires aux juntes putschistes civiles
Faillite totale du néocolonialisme francafricain, eurafricain, usafricain
18 septembre 2025 18:42 0 messages
A la queue leu leu, les présidents Faure du Togo, Embalo de la Guinée Bissau, Biya du Cameroun, Ouattara de la Côte d’Ivoire réitèrent des putschs civils anti-constitutionnels adoubés par leurs maîtres françafricains, eurafricains, usafricains et les institutions néocoloniales régionales comme la CEDEAO.
Les uns trafiquent au dernier moment les règles et les autres s’assoient carrément sur la loi fondamentale par des candidatures anticonstitutionnelles qui préparent des hold up électoraux. Ces dictateurs décident aussi qui peut participer ou pas aux élections.
C’est, en plus de leur complicité avec la guerre de l’OTAN par djihado-terroristes interposés en Libye et dans le Sahel, de telles pratiques liberticides qui ont provoqué les révoltes populaires au Mali, au Burkina, au Niger que les fractions souverainistes ont parachevé, faute d’offre politique civile souverainiste, lesquelles ont fondé la Confédération souverainiste de l’AES.
Les perroquets impérialistes et leurs laquais néocoloniaux donneurs de leçons vont devoir cesser de nous bassiner les oreilles avec leur faux modèle éculé de la ‘‘démocratie multipartite électorale’’ devenue un jouet des démocratures présidentialistes civiles d’aujourd’hui.
L’impérialisme avait suscité auparavant les juntes françafricaines, eurafricaines, usafricaines qui avaient renversé par des putschs les leaders souverainistes qu’étaient Nkrumah, Modibo, Olympio ou les assassinats de Cabral, Um Nyobe, Moumié Félix, Osendé Afana, Ernest Ouandié, Thomas Sankara.
L’intelligentsia mentalement colonisée a chanté en choeur ‘‘l’ère du vent d’est de la démocratie’’ en Afrique impulsée par la dictature hégémonique du ‘‘capitalisme démocratique’’.
En définitive, la ‘‘démocratie multipartite’’ présidentialiste néocoloniale s’est révélée être la superstructure étatique des plans libéraux d’ajustement structurel imposés par les institutions financières de Bretton Woods (FMI et la BM) dont la politique unique libérale est au service de l’endettement, de la dette usuraire, de la privatisation des secteurs publics et parapublics et du pillage des richesses du sous-sol et du sol africains.
Les bourgeoisies bureaucratiques de nos Etats néocoloniaux ont géré nos pays pour servir les intérêts des impérialistes mais aussi pour s’enrichir en milliards de francs CFA par le vol systémique de l’argent public.
Les juntes civiles des Ouattara, Faure, Embalo, Biya, etc., veulent prolonger par leurs putschs anticonstitutionnels la saignée qui transforme les océans, les mers et les déserts en cimetières à ciel ouvert de nos enfants et de notre jeunesse.
Les peuples du Togo, de Guinée Bissau, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire commencent à se soulever contre ces régimes néocoloniaux affameurs et dictatoriaux.
Soyons tous, militants, peuples et diasporas africains aux rendez-vous pour dire avec les peuples des terres africaines de la Côte d’Ivoire, du Togo, de Guinée Bissau et du Cameroun mobilisés :
OUATTARA, FAURE, EMBALO, BIYA, DEGAGEZ !
Août 25
DE LA RÉVOLUTION ANTIFASCISTE DES OEILLETS
AU PORTUGAL AUX RÉVOLUTIONS SOUVERAINISTES AFRICAINES :
SE DÉMARQUER DES NARRATIFS AU SERVICE DE LA GUERRE HYBRIDE DE L’IMPÉRIALISME !
Diagne Fodé Roland
Ce 30 avril 2025 restera longtemps dans les mémoires : les peuples et les diasporas africains se sont mobilisés pour dire “ne touchez pas aux chefs des Etats de l’AES” en Afrique. Les manifestants dénoncent ce général noir US du commandement Afrikom qui menace le chef de l’Etat du Burkina Faso pour avoir exercé la souveraineté nationale sur l’exploitation de l’or.
Par cette mobilisation anti-impérialiste massive, les peuples s’insurgent contre la guerre hybride par djihado-terroristes et séparatistes interposés de l’OTAN contre les Etats d’Afrique qui ont décidé de sortir de l’enclos néocolonial françafricain, eurafricain et usafricain édifié en 1960 par les massacres de masses et les assassinats et les coups d’Etats contre les leaders véritablement indépendantistes. C’est ainsi que fut obtenu le passage du colonialisme au néo-colonialisme.
Traumatisés par la trahison et le meurtre de Thomas Sankara en octobre 1987, les peuples prennent conscience qu’ils sont seuls véritables protecteurs des leaders de leur indépendance et de leur souveraineté nationale.
Les peuples ne se laissent pas tromper par la guerre des mots
L’impact abrutissant sur une certaine intelligentsia africaine de la propagande impérialiste qualifiant de “juntes putschistes” les pouvoirs des pays de l’AES est battu en brèche par le puissant message des populations déferlant par millions dans les artères des villes du Burkina Faso, du Niger, du Mali et les rues de Nairobi, Johannesburg, Maputo, Windhoek, du Gabon, Tanzanie, Togo, New York, Paris, Londres, Moscou, Pékin, Rio de Janeiro, Jamaïque, etc.
En effet, une certaine intelligentsia, y compris de gauche, s’est laissée berner par un “anti-putschisme” atavique hors de tout contexte et de tout but qui ne fait aucune différence entre l’intervention des militaires dans l’arène politique dictée par les impérialistes et celle d’une fraction du peuple en tenue militaire qui fait aboutir les mobilisations des peuples contre des régimes fascistes et/ou néocoloniaux. Sankara avait mille fois raison de dire qu’un “militaire sans conscience politique est une criminel en puissance”.
Que n’a-t-on entendu répéter comme des perroquets les caractérisations négativement connotées de “juntes putschistes” cherchant à disqualifier les expériences souverainistes en cours dans les pays de l’AES et même cherchant à les opposer à celle en cours au Sénégal où le changement est arrivé par les urnes.
En fait, il faut aussi décoloniser l’esprit de ces intellectuels africains, y compris de gauche, qui singent ainsi, consciemment ou pas, cette agit-prop malveillante qui fait d’eux les idiots utiles de l’endoctrinement idéologico-médiatico-culturaliste impérialiste.
En effet, comme on l’a vu au Chili avec le fasciste Pinochet contre Allende, au Togo contre Olympio, au Ghana contre Nkrumah, au Mali contre Modibo, au Burkina contre Sankara, etc., les impérialistes, non seulement, soutiennent les “putschs et juntes” au service de leurs intérêts de classe sociale prédatrice, mais interfèrent même pour les dévoyer contre la volonté populaire.
le précédent de la révolution antifasciste des oeillets au Portugal
“Le 25 avril 1974, le Mouvement des Forces armées (MFA), regroupant de jeunes officiers de l’armée portugaise, renverse la dictature salazariste et met un terme à près d’un demi-siècle de fascisme dans la péninsule lusitanienne, mais également aux sanglantes guerres coloniales menées par le régime salazariste dans les futures ex-possessions africaines (Angola, Mozambique, Guinée-Bissau, etc.). Ce MFA, au sein duquel certains officiers baignent dans la culture anticapitaliste (comme Otelo de Carvalho) voire marxiste-léniniste à l’image de Vasco Gonçalves, Premier ministre de juillet 1974 à septembre 1975 et proche du Parti communiste Portugais (PCP) d’Alvaro Cunhal, coopère avec les partis engagés dans la Résistance depuis 1926 (année du coup d’État militaire ayant renversé la démocratie portugaise), à commencer par le PCP contraint à la clandestinité et qui a su s’organiser de manière disciplinée et rigoureuse afin de faire face à la violente répression ayant causé des milliers de disparitions et de morts. Une répression qui profita de la grande indifférence des « démocraties libérales » atlantistes et de la Communauté économique européenne (CEE), l’ancêtre de l’UE totalement décomplexée pour réaliser d’importants échanges commerciaux avec la dictature salazariste…” (site Contretemps).
L’hypocrite duplicité des impérialistes étasuniens et européens est d’avoir d’abord concilié et soutenu les dictatures fascistes de Franco en Espagne et de Salazar puis Caetano au Portugal pour ensuite faire adorer la révolution antifasciste des oeillets une fois le parti social-démocrate de Soares installé à la tête de l’appareil d’Etat bourgeois. Durant la période révolutionnaire 1974-1975, “La révolution portugaise a historiquement combiné une crise nationale (financière, politique et militaire) et l’entrée sur la scène politique des masses estudiantines et travailleuses. Les masses – nous utilisons le concept de « masses » en tant que groupes non encore organisés autour d’un programme politique, d’où ce concept de masse informe, disruptive –, se sont organisées par la suite en structures de base, commissions, associations, partis ou syndicats. Peu à peu se sont constitués des groupes de travailleurs et d’habitants, d’étudiants et par la suite de soldats, qui furent le centre névralgique de la révolution. Ils déterminèrent le cours de la crise de l’Etat et de l’accumulation, qui a débouché non seulement sur toute une gamme de droits politiques, mais a entraîné une érosion inédite du capital, conduisant à ce qui reste historiquement le plus grand gain des revenus du travail sur ceux du capital. Ils sont passés de 50% du PIB pour le travail (salaire et cotisations sociales) et 50% pour le capital (intérêts, profits, rentes) à 70% pour le travail en 1975 et 30% pour le capital. Ce transfert prit, sous la pression des luttes sociales, des formes diverses : décapitalisations (paiements des salaires et investissements), hausses directes des salaires, augmentation du salaire social” (idem).
Voyant le danger pour ses intérêts bourgeois, les impérialistes oeuvrent en sous main en s’appuyant sur le PS de Soares pour enclencher une contre-révolution de velours qui a mis fin à la dualité du pouvoir que l’intervention des militaires sous-officiers alliés avec le Parti Communiste dans l’arène socio-politique avait engendré. C’est ce que montre clairement ce récit de Samel Hutington sur l’entretien de l’impérialisme US avec le PS portugais : : « La crise portugaise semblait, de bien des manières, rejouer la révolution russe de 1917, le coup d’état d’avril tenant lieu de révolution de février, Caetano reprenant le rôle de Nicolas II et les groupes dominants au sein du MFA celui des bolcheviks. La dégradation de la situation économique et l’agitation populaire constituent deux autres traits communs. Enfin, on peut établir un parallèle entre la tentative de coup d’état venue de la droite et perpétrée, en 1975, par le général de Spinola, et la conspiration de Kornilov. Toutes ces similitudes n’échappèrent pas aux observateurs avisés. En septembre 1974, Mario Soares, ministre des affaires étrangères du gouvernement provisoire et leader du parti socialiste portugais, eut une entrevue avec le secrétaire d’état américain Henry Kissinger à Washington. Reprochant à Soares et aux autres modérés de ne pas agir avec assez de vigueur pour écarter la menace d’une dictature marxiste-léniniste, Kissinger dit à ce dernier : ‘vous êtes un Kerenski… je crois en votre sincérité, mais vous êtes un naïf. Je n’ai aucune envie d’être un Kerenski, répliqua Soares. Kerenski n’en avait pas envie non plus’, rétorqua Kissinger. Le Portugal, cependant, n’allait pas évoluer comme la Russie. Les Kerenskis l’emportèrent ; La démocratie triompha. Soares allait devenir premier ministre et plus tard président. Et le Lénine de la révolution portugaise, celui qui sut, au moment décisif, faire montre de force et de maîtrise afin d’obtenir le résultat politique désiré, fut un colonel taciturne, favorable à la démocratie, nommé Antonio Ramalho Eanes. Le 25 novembre 1975, il écrasa les gauchistes des forces armées et assura l’avenir de la démocratie » (Troisième vague, les démocraties de la fin du XXéme siècle, édition Nouveaux Horizons, p.2 et 3).
L’on voit ici que c’est donc sous un pavillon volé que voyagent la propagande impérialiste et certains de nos intellectuels avec leurs stupides singeries “anti-putschistes” pour exclure de facto de tout processus révolutionnaire la fraction du peuple en arme que sont les soldats. Les impérialistes qui ont toujours qualifié les processus révolutionnaires de “putschs” et les régimes qui en sont issus de “juntes”, ne s’embarrassent d’aucun scrupule pour vanter et soutenir dans leurs intérêts de classe les “putschs” et “juntes” qui ont renversé S. Olympio, Modibo Keita, Kwamé Nkrumah, Lumumba, Mamadou Dia, etc. Aux peuples souverainistes, surtout aux révolutionnaires communistes de montrer les dessous cachés des mots qui servent l’impérialisme décadent Otano/US/UE/G7/Israélien dans sa guerre hybride pour sauver son hégémonie de la chute finale.
les expériences souverainistes africaines
Le multipartisme et les élections sont les mots érigés en seuls critères pour disqualifier les transitions politico-militaires de l’AES tout comme d’ailleurs, plus honteusement, cela a été fait par certains des bruyants souteneurs puis critiques silencieux après coups de l’expérience politico-militaire de Sankara.
Ces messieurs et dames ne voient pas que la lecture culturaliste essentialiste de leurs idéologues impérialistes des “coup d’Etats” obéit au double standard selon leurs intérêts de classe. Malgré le fait qu’en “1974-1975, le « socialisme » était très populaire au Portugal. Les partis de gauche (PS, PC et divers groupements sur leur gauche) ont obtenu près de 60 % des voix lors des élections de 1975 à l’Assemblée Constituante, ce qui est probablement le pourcentage le plus élevé jamais atteint lors d’une élection en Europe de l’Ouest”, les impérialistes n’ont pas traités de “juntes” le parachèvement des luttes populaires antifascistes au Portugal par les militaires du MFA comme le font de l’AES nos valets grands bourgeois de néocoloniaux la CEDEAO/UEMOA et les renégats de la gauche.
En effet au Portugal l’offre politique communiste avait été écrasée par la contre révolution fasciste alors que dans les pays de l’AES la corruption endémique a discrédité le multipartisme et les trucages des élections se sont révélés être la nouvelle forme de la dictature libérale imposée par les plans d’ajustement structurel du FMI/BM qui ont produit la misère généralisée du peuple contraignant la jeunesse à l’émigration piroguière ou pedestre meurtrière et la vie d’esclaves sans papiers dans les pays impérialistes.
Les impérialistes se sont plutôt évertués à vanter tout en minant de l’intérieur la révolution antifasciste portugaise pour faire en sorte que “Sur le terrain électoral... Le PS était dans son élément. Leur attrait, à la fois pour la classe moyenne et pour les sections non militantes de la classe ouvrière, était considérable. Lors des élections d’avril 1975, ils obtinrent 37,87% des voix, soit une nette avance de 10% sur tous les autres partis. En avril de l’année suivante, malgré les défaites et les trahisons des douze mois précédents, ils conservèrent 34,97% des voix” (idem, contretemps).
Dans les pays de l’AES, la corruption généralisée de la classe politique et la lutte des places pour les fauteuils présidentiels et ministériels, y compris par l’intégration massive de nombreux leaders de la gauche historique, ont engendré une démocrature multipartite et une succession d’élections truquées où les présidents changent en maintenant une continuité servile aux politiques libérales dictées par le FMI et la BM. Le résultat de ces décennies de “démocratie multipartite”, c’est par exemple au Mali 400 partis politiques dont les chefs, pour la majorité d’entre eux, passent leur temps à lorgner et monnayer des sinécures pour s’enrichir, y compris les ex-gauches, et intégrer la bourgeoisie bureaucratique d’Etat compradore.
Ce processus qui fait que le chemin le plus court pour devenir milliardaire est de participer à la gestion de l’appareil d’Etat néo-colonial sous la dictée des institutions de Bretton Wood chargé par l’impérialisme d’imposer le libéralisme au monde entier est observable dans d’autres pays africains.
C’est une réalité générale palpable, y compris dans notre pays le Sénégal, lequel ne se différencie des pays de l’AES que par le fait que la rébellion de la jeunesse souverainiste a produit une offre politique civile sous la forme du parti PASTEF qui est venu combler le vide causé par la trahison des leaders et partis de la gauche historique inféodés aux libéraux et sociaux libéraux dans les gouvernements néocoloniaux successifs.
Alors que dans l’AES, l’absence d’une telle offre politique a été comblée par les fractions souverainistes des armées nationales confrontées à la fois au terrorisme religeux fascistes, au séparatisme ethniciste et au double jeu des impérialistes françafricain, eurafricain, usafricain occupant militairement nos pays.
Il faut donc sortir de la mélasse nauséabonde des formules attrappe-nigaud de l’agit-propagande idéologico-politique des impérialistes contre les expériences souverainistes en cours de cette seconde phase de libération anti-néocoloniale en Afrique.
Renouveller la classe politique sur la base de la souveraineté nationale
Cette seconde phase de libération anti-néocoloniale africaine a pour force principale la prise de conscience et la mobilisation d’une jeunesse qui, après en avoir beaucoup attendu, touche du doigt dans sa chair la fin des illusions semées par le “vent de la démocratie multipartite” qui s’est révélé être l’accompagnement illusionniste de la mise sous tutelle économique de nos pays par le FMI et la BM dans le cadre de la “re-mondialisation” du capitalisme sous hégémonie US/UE/G7/Israël.
Le multipartisme comme moyen de participer à la dilapidation des finances publiques a tué les partis et montré que changer les hommes au pouvoir ne suffit pas à changer la vie concrète du peuple. La liberté de créer des partis a été dévoyée pour servir à l’inféodation à la domination des impérialismes par les Etats néocoloniaux et au pillage des richesses nationales. Les partis qui, normalement représentent les classes sociales dans un pays, sont devenus des entreprises privées personnalisées au service de la stratégie d’intégration à la bourgeoisie bureaucratique d’Etat pour s’enrichir.
La rébellion de la jeunesse souverainiste est l’antidote développé par des sociétés africaines fatiguées du clientélisme politicien vénal contre le cancer généralisé de la corruption et la soumission à l’impérialisme.
Dans l’AES et au Sénégal, la classe politique néocoloniale existante de droite, social-démocrate, de gauche, toute libérale et mondialiste qui a fait son temps est en train de céder la place à une nouvelle classe politique souverainiste dans laquelle les clivages de classes sont pour le moment relativement atténués par les menaces que font peser sur nos expériences souverainistes la guerre hybride des impérialistes Otano françafricain, eurafricain et usafricain.
Le camp souverainiste de l’AES au Sénégal est inter-classiste, c’est-à-dire associe en son sein les représentants politiques de plusieurs classes sociales ou fractions de classes sociales qui ont intérêt à la sortie du néocolonialisme avec à leur tête la petite bourgeoisie civile au Sénégal et militaire dans l’AES.
La décision au Mali de réduire de 400 à 5 au maximum le nombre des partis politiques va dans la bonne direction à condition d’en revenir à la nécessité que les partis représentent les classes sociales du pays et ne soient pas apatrides. L’interdiction de la vassalisation néocoloniale doit être un critère fondamental, voire constitutionnel pour la légalisation de tout parti politique dans nos semi-colonies africaines.
La reddition des comptes par les voleurs des deniers publics dans les pays souverainistes est non seulement indispensable pour récupérer l’argent volé, mais engage les nouveaux dirigeants à punir la corruption, le népotisme et la gabegie.
Les phases de redressement et de transition vers la souveraineté nationale doivent s’inscrire dans l’objectif de préparer les nationalisations des secteurs clés dont l’État a besoin pour piloter l’économie nationale et aiguiller en l’encadrant le secteur privé national vers sa souveraineté vis-à-vis du capital étranger impérialiste. C’est ainsi que le secteur privé englué jusqu’ici dans l’affairisme néocolonial mondialiste de “’l’import-import” peut devenir productif et créateur de vrais emplois décents.
Sortir de la monnaie coloniale CFA pour une banque centrale africaine adossée à des banques nationales est à terme nécessaire pour mobiliser prioritairement les ressources internes pour financer l’économie nationale.
Telles sont les tâches à planifier et à réaliser par étapes dans l’AES, en plus de la sécurité anti-terroriste nationale panafricaine et au Sénégal en attendant que d’autres pays africains prennent le chemin de la souveraineté nationale.
Pour garantir le succès de cette marche vers la souveraineté nationale panafricaine, nous devons avoir chevillé au corps et à l’esprit l’enseignement suivant de Amilcar Cabral : “ Ne pas avoir peur du peuple et l’amener à participer à toutes les décisions qui le concernent, telle est la condition fondamentale de la démocratie révolutionnaire que nous devons réaliser progressivement”.
04/05/25
HALTE A LA TENSION FRATRICIDE ENTRE L’ALGÉRIE ET LE MALI/AES : SEUL L’ENNEMI IMPÉRIALISTE COMMUN PEUT EN PROFITER !
Diagne Fodé Roland
La presse des milliardaires fascisants françafricain, eurafricain et usafricain se réjouissent de la détérioration des relations entre le Mali/AES et l’Algérie consécutives à la destruction d’un drone de l’armée malienne à la frontière entre les deux pays frères. C’est le Figaro, journal de la droite impérialiste française, qui résume le plus nettement l’intérêt porté par l’impérialisme français chassé des pays de l’AES : « l’Algérie est notre partenaire stratégique pour permettre notre retour au Sahel. Notre sécurité en dépend » peut-on lire dans ses colonnes.
Le Mali et la nouvelle Confédération de l’AES ont protesté et rappelé leurs ambassadeurs, ce que l’Algérie a aussi fait.
Pourquoi et comment en est-on arrivé là ?
Le Mali dont le territoire avait servi de bases à l’armée populaire du FLN à partir de 1960 s’est trouvé confronté à une invasion djihado-terroriste et sécessionniste suite à la destruction de la Libye et l’assassinat de son leader.
L’impérialisme français profitant de l’incapacité de l’État néocolonial françafricain malien d’assurer l’intégrité territoriale et de mâter les groupes intégristes terroristes a volé « au secours » pour occuper le pays et empêcher la libération de Kidal parce que comme on peut le lire dans la presse impérialiste « En vérité, "entre le MNLA et la France, il y a un deal historique : parce que c’était une force laïque qui a pour ennemis les terroristes islamistes, la DGSE les aide depuis dix ans", admet un haut responsable français, confirmant ce que "le Nouvel Observateur" avait révélé il y a un an » (Nouvel Obs, 06/06/2013). Les « accords d’Alger » signés par les régimes néocoloniaux françafricains maliens, la mise en place du « G5 Sahel » sans l’Algérie, la mutation de Serval en Barkhane puis son européanisation en Takuba sont des métastases de cette vassalisation des régimes néocoloniaux maliens.
C’est ce double jeu qui va entraîner d’abord le coup d’État de 2012, lequel n’aura été qu’un feu de paille vite éteint par les sanctions des valets françafricains de la CEDEAO/UEMOA, puis celui des cinq colonels comme épilogue des mobilisations populaires contre les régimes néocoloniaux libéraux corrompus successifs.
L’expulsion de l’armada française et la libération de Kidal vont rendre caduque tous ces dispositifs de l’occupation militaire française du Mali et du Sahel que sont le « G5 Sahel » et « l’accord d’Alger ».
La question touareg pomme de discorde entre Bamako et Alger
« L’accord d’Alger » reflète le rapport des forces sur le terrain entre les régimes néocoloniaux successifs du Mali et le MNLA autonomiste et/ou séparatiste parrainé à la fois par l’État d’Algérie et l’impérialisme français. Cet « accord » impose de fait une « autonomie » couverte par l’interdiction à l’armée, la police, la gendarmerie, l’administration malienne d’entrer dans Kidal décidée par l’impérialisme français. C’est à cette atteinte de fait à l’intégrité territoriale du Mali que la libération de Kidal jusqu’à la frontière avec l’Algérie a mis fin.
Comme nous l’écrivions en juillet 2012 ‘’Le séparatisme qui sévit actuellement au Mali n’est pas sans rappeler le projet colonial Français de « mer intérieure » qui avait été mis en échec par la lutte armée de libération nationale du peuple Algérien dans les années 58, 60, 62, lequel est donc de nouveau réactualisé. Il s’agissait à l’époque d’instrumentaliser la question Touareg pour couper l’Algérie de son Sahara, donc d’une partie de son territoire riche en pétrole et gaz où l’impérialisme Français procédait à ses essais nucléaires. La solidarité des patriotes panafricains Maliens qui exigeaient tout comme le FLN Algérien le respect de l’intégrité territoriale du Mali et de l’Algérie a été un facteur important pour empêcher la réalisation de ce plan colonial machiavélique de balkanisation. C’est ce que rappelait Modibo Keita dans sa déclaration relative à la cessation des hostilités en Algérie le 19 mars 1962 : « Aussi, notre reconnaissance est grande, qui s’est exprimée par la solidarité inconditionnelle de la République du Mali avec les frères de l’Algérie Combattante. C’est dire combien notre joie est immense, devant la victoire de ceux auprès desquels dès 1960, le peuple du Mali s’est considéré mobilisé. La victoire du Front de Libération qui a su imposer le respect de la souveraineté et de l’intégrité de l’Algérie Africaine est aussi celle de tous ceux qui, comme les Maliens, n’ont rien ménagé pour en assurer le succès. Victoire du Front de Libération Algérienne, victoire de l’Afrique Combattante, mais aussi victoire des peuples épris de paix au premier rang desquels le peuple de France qui voit mettre un terme aux sacrifices inutiles de ses cadres et de sa jeunesse et à l’hémorragie financière »’’.
Nous précisions alors que « C’est en 1952 qu’une mission de l’Assemblée Nationale française avait formulé la nécessité de créer un tel « Territoire d’Outre-Mer » (TOM) dès que commencerait l’exploitation du pétrole à Edjélé et à Hassi Messaoud en Algérie. Le gouvernement Français avait même déposé à l’époque un projet de loi faisant des régions sahariennes « un territoire autonome ». Le ministre Max Lejeune devait déclarer, inaugurant le pipeline n°1 à Toggourt en Algérie, que « dans quelques années, la France, aidée par des concours extérieurs arrivera à obtenir son ravitaillement en carburant et deviendra directement après les USA et l’URSS la troisième puissance énergétique mondiale » (maliweb.net du 15/10/2012). Ce projet sécessionniste visant en particulier l’Algérie à l’époque avait échoué parce que le Mali progressiste de Modibo Keita avait tenu bon sur la solidarité panafricaine avec la lutte de libération armée du peuple Algérien. Au lendemain de l’intervention militaire au Mali, la presse algérienne a été unanime pour s’inquiéter de ce retour colonial : « La France ne chercherait-elle pas à déstabiliser l’Algérie ? » , « l’intervention militaire française au Mali est une des étapes d’un plan visant l’installation de forces étrangères dans la région du Sahel ». L’analyste Laid Seraghni va plus loin en écrivant que : « Derrière l’enjeu malien, la France coloniale cherche à punir l’Algérie... Cette crise n’est qu’une étape pour atteindre in fine l’Algérie, dont le Sud est cerné par l’armée française qui opère en Libye, en Côte d’Ivoire, au Niger, en Mauritanie, au Tchad et au Mali... la France cherche par les armes à réaliser un ancien rêve colonial ». Ce rêve colonial, rappelons le, consistait pour la France à conserver toute une partie du Sahara algérien et le Sahel, car, déjà à l’époque, elle était au fait des richesses et des potentialités de cette région. Cet enjeu était si énorme que la guerre d’Algérie, qui aurait pu s’arrêter en 1958 a été poursuivie, le FLN historique ne voulant pas entendre parler d’une indépendance partielle c’est-à-dire sans le Sahara.
C’est cette même stratégie impérialiste qui avait pris la forme d’« autonomie » et de « régionalisation » suggérée et imposée au Mali par Edgar Pisani sous Mitterrand dans les années 80 et qui allait préparer à travers le tristement célèbre rallye « Paris-Dakar » et l’image touristique des « hommes bleus », la réémergence de la question des nationalités du nord Mali, et surtout de la minorité Touareg » (janvier 2013).
Les Touaregs tout comme toutes les autres nationalités sont des Maliens. Le sécessionnisme touareg est porteur d’un conflit sans fin entre les pays frontaliers du Sahel allant de la Mauritanie jusqu’au Tchad. La dissémination des Touaregs tout le long du Sahel-Sahara rappelle la complexité de la question des Kurdes éparpillés entre Turquie, Irak, Syrie, etc. Cet héritage de la balkanisation coloniale ne peut avoir de solution durable à l’intérieur de chaque territoire où ils vivent que sur la base d’une politique démocratique par laquelle le droit à l’autodétermination prend la forme de l’égalité citoyenne entre toutes les nationalités pour ne pas devenir une obligation de séparation. Le droit au divorce n’est pas forcément une obligation de divorce.
En outre l’existence d’un mouvement Songhaï « ganda khoï » (qui signifie ‘la terre est à nous’) pose la question de la cohabitation sur un même espace territorial de plusieurs nationalités par l’égalité citoyenne des droits permettant le vivre ensemble démocratique.
Pour une solution panafricaine démocratique anti-impérialiste de nos différents
En plus de cette question transfrontalière des nationalités, plusieurs sources font état de puits de pétrole et de gaz souterrains partagés entre le Mali et l’Algérie. Il est même fait état que les impérialistes français et européens auraient même commencé l’exploitation pendant l’interdiction de la présence malienne à Kidal, mais aussi que l’Algérie pompait aussi sa part de ce gâteau pétrolier et gazier.
Une fois Kidal libéré de l’occupation franco-djihado-terroriste-séparatiste, les États malien et algérien ont tout intérêt à évaluer la nouvelle situation ainsi créée pour envisager une nouvelle coopération tenant compte des nationalités et des richesses de chaque côté de la frontière.
Les bourgeoisies et les petites bourgeoisies nationales souverainistes doivent considérer leurs contradictions de classes comme secondaires et apprendre à les régler dans le cadre du nécessaire front panafricain contre les agressions multiformes et protéiformes de l’impérialisme Otano françafricain, eurafricain, usafricain. C’est ainsi et seulement ainsi que l’on évitera l’instrumentalisation des contradictions secondaires pour liquider les unes après les autres les actuelles expériences souverainistes. C’est l’exemple donné par l’AES qui confédéralise le Mali, le Burkina, le Niger.
La contradiction principale oppose au sein de chaque pays et à l’échelle des États africains : les camps néocolonial et souverainiste, les pays néocoloniaux et souverainistes. S’unir pour chasser les impérialistes tout en cherchant des solutions démocratiques sans ingérence dans les affaires internes de chaque pays est un impératif stratégique vers la libération africaine.
Rappelons aux frères algériens que l’appellation de « putschistes » est une insulte contre l’AES aujourd’hui que les impérialistes avaient utilisé contre le coup d’État militaire qui avait donné un coup d’arrêt à la prise du pouvoir par le Front Islamique du Salut (FIS) dont l’un des chefs takfiristes avait pour programme de « tuer les 2/3 des Algériens pour que le 1/3 restant suive la voie de dieu ».
Une fois la tension retombée, il faut reprendre le dialogue panafricain entre le Mali et l’Algérie, entre l’AES et l’Algérie pour lever les malentendus et trouver les modalités du règlement des différends existants. C’est cela l’intérêt des peuples africains dans la longue marche vers l’unité des peuples libres d’Afrique.
09/04/25
PUTSCH INSTITUTIONNEL EN GUINEE BISSAU
QU’APPRENDRE SUR L’ETAT HORS LA LOI, LA CEDEAO ET L’AES ?
Diagne Fodé Roland
Embalo dont le mandat présidentiel est expiré vient de prolonger illégalement sa présidence et renie sa promesse de ne pas candidater le 30 novembre 2025.
Le même avait déjà prétexté un prétendu coup d’état pour suspendre l’Assemblée Nationale où le peuple avait donné la majorité de 54 députés au PAIGC et changé brutalement le gouvernement pour mettre ainsi arbitrairement par décret présidentiel fin à la cohabitation décidée par le vote populaire.
Le siège du PAIGC, qui fait face au palais présidentiel, avait été pris d’assaut par un détachement des forces de l’ordre pour y effectuer en vain des fouilles sous le prétexte de rechercher des caches d’armes dans le quartier résidentiel qui abrite aussi le domicile privé de Domingos Pereira et de plusieurs autres responsables du PAIGC.
La dissolution arbitraire du parlement le 4 décembre 2023 a un rapport avec le fait que celui-ci s’apprêtait à voter une loi pour demander la fin et le départ immédiat des forces de la CEDEAO qui manifestement ne sont là que pour protéger Embalo intronisé dans un hôtel en présence du seul Macky Sall et non pour préserver la démocratie, l’état de droit. Une commission parlementaire avait aussi été mise en place pour élucider le dossier du « faux coup d’État » de février 2022 que le président Embalo aurait fomenté contre sa propre personne occasionnant des pertes en vies humaines et l’arrestation de plusieurs hauts officiers et des civils.
Il apparaît de plus en plus clairement que les perspectives de l’élection présidentielle sont à l’origine de ces coups d’état institutionnels d’Embalo qui avait été battu à plate couture lors des législatives du 4 juin 2023 par la coalition politique PAI – Terra Ranka, dirigée par son principal opposant, Domingos Simoes Pereira, leader du PAIGC.
Hanté par la perte prévisible du pouvoir, le président Embalo veut éliminer son principal adversaire Domingos Pereira. Ce qui rappelle les pratiques de l’État hors la loi de Macky/APR/BBY au Sénégal. Tous ces forfaits liberticides ont été réalisés dans un silence assourdissant du club néocolonial de la CEDEAO contre lequel des organisations communistes, panafricaines, anti-impérialistes et populaires ont fondé avec le PAIGC à Accra le 10 décembre 2022 WAPO/OPAO (Organisation des Peuples d’Afrique de l’ouest).
Le malheur de la Guinée Bissau est une conséquence de l’assassinat d’Amilcar Cabral
Le 20 janvier 1973 des traîtres infiltrés dans le PAIGC manipulés par le colonialisme fasciste portugais tuaient à bout portant le leader révolutionnaire des mouvements de libération armée des colonies portugaises d’Afrique, Amilcar Cabral. Le 24 septembre 1973, la Guinée Bissau et le Cap-Vert unis proclamèrent leur indépendance que le colonisateur portugais ne reconnut que le 10 septembre 1974 après la « révolution des œillets » qui renversa la dictature fasciste de Salazar comme l’avait prévu fort justement Amilcar Cabral.
Le 14 novembre 1980, le général Joao Bernardo Vieira, premier ministre opérait un coup d’état ethniciste qui conduisit à la séparation entre la Guinée Bissau et le Cap-Vert. Avant le coup d’État, l’unification était inscrite dans les constitutions des deux territoires dirigés par le PAIGC qui les définissait comme "deux corps avec un seul cœur" comme le voulait son fondateur Amilcar Cabral.
Les contradictions entre nationalités et l’irrésolution de la question nationale coloniale une fois l’indépendance obtenue sont une des causes de ce divorce fratricide. A ce facteur relevant du processus de la formation des nations à partir d’une composante plurinationale que les anthropologues colonialistes appellent « ethnies » ou « tribus » en lieu et place de « nationalités », il faut ajouter celui de la primauté militariste sur le politique confirmant en cela la formule pertinente de Thomas Sankara : « un militaire sans conscience politique est un criminel en puissance ».
C’est une problématique qui a traversé toutes les expériences de guerre de libération nationale en Afrique et dans le monde. Comme l’écrit Eduardo Mondlane fondateur du FRELIMO au Mozambique « Beaucoup de ces nouveaux ‘’responsables’’ n’avaient jamais été à l’école avant d’entrer dans l’armée ; ils étaient illettrés, n’avaient pas reçu d’éducation… lors de leur enrôlement avant le début de la guerre. Ils ont acquis la capacité de diriger grâce à leur expérience pratique du combat et du travail politique, ainsi que par le programme d’enseignement de l’armée… l’armée apporte son concours à l’élévation du niveau de l’enseignement… de même qu’à l’éveil d’une conscience politique. Les recrues apprennent… à lire, écrire… l’armée devient l’école du peuple, ainsi que son université. Dans la brousse, dans les montagnes et les champs avec le ciel comme seul toit ».
Manifestement les expériences des luttes de libération nationale armée en Afrique ont montré de grandes prouesses populaires et fécondé des leaders et théoriciens révolutionnaires de gauche, voire communistes comme Cabral du PAIGC, Mondlane et Machel du FRELIMO, Neto et Lucio Lara du MPLA, Mulele et Laurent Kabila en RDC, Um Nyobe/Moumié/Osendé/Ouandié de l’UPC, Fred Rygiema du FPR Rwandais, mais qui, en raison de conditions objectives, ont souvent enseigné, mais n’ont pas eu le temps de former suffisamment les militants pour que le Parti commande au fusil, pour que la formation à la théorie révolutionnaire commande à la pratique combative armée. Tous ces dirigeants et théoriciens des révolutions indépendantistes africaines ont exprimé la nécessité que la politique commande au fusil et non le contraire.
Eduardo Mondlane pensait pour empêcher que le fusil ne commande au parti qu’il était suffisant que « le Comité Central (soit) l’organe politique suprême du FRELIMO, il n’y a donc pas de contradictions, car les cadres militaires appartiennent au Comité Central, tandis que celui qui est à la tête du Comité Central préside aux réunions du Département de la Défense ». Ce précepte juste était juste mais insuffisant.
Au Rwanda sous la direction de Kagame, en Angola sous Eduardo dos Santos, en Algérie après l’intermède Boumédiène, en Guinée Bissau sous Nino Vieira, et dans bien d’autres pays, ce sont les militaristes qui, une fois l’indépendance politique obtenue, ont constitué une bourgeoisie bureaucratique d’État pour lancer ces pays, ayant arraché l’indépendance par la lutte armée populaire, dans la « mondialisation libérale » en se vassalisant aux diktats libéraux du FMI et de la Banque Mondiale. Même si ils ont plus d’acquis souverainistes que les colonies devenues néo-colonies, les régimes militaires même convertis en régime civil ensuite se sont inféodés à la françafrique, l’eurafrique, l’usafrique à l’exception de Thomas Isidore Sankara.
Au contraire, en Asie, ce que les communistes révolutionnaires ont réalisé est ainsi résumé par le Maréchal Giap : « Le principe le plus fondamental de la construction de l’armée est de la mettre sous la direction du parti, et dans l’armée de consolider la direction du parti : le parti est le fondateur, l’organisateur et l’éducateur de l’armée ».
En Guinée Bissau, le malheur a donc été le travail inachevé de formation idéologique et politique d’Amilcar Cabral. Il en est de même dans le cas de Sankara au Burkina Faso, tous les deux assassinés.
Le putschiste Embalo et la CEDEAO
Qui n’a pas entendu l’autocrate de Bissau en va-t-en guerre contre les « putschistes » (sic !) de Bamako, Ouagadougou, Niamey, bref l’AES, en écho à Ouattara de Côte d’Ivoire, Talon du Bénin et Tinubu du Nigeria au nom de la CEDEAO ?
Pris dans le piège de sa propre turpitude, le voilà qui expulse « la commission de 8 membres de la CEDEAO dirigée par l’ancien ministre des affaires étrangères du Nigeria pour rencontrer les leaders de l’opposition afin d’entamer des discussions au menu desquelles la recherche de solutions à cette crise politique lourde de dangers » comme on peut le lire dans la presse. Que va faire le club des chefs d’États néocoloniaux devant l’humiliation infligée par un de ses pairs prétendument « anti-putschiste » d’hier ? Que vont faire les deux présidents souverainistes Sénégalais et Ghanéens encore membres de la CEDEAO pour ne pas désespérer le peuple frère Bissau-Guinéen ?
Difficile de ne pas donner un certain crédit à ces propos que nous lisons dans la presse : « En organisant la signature des accords de cessez-le-feu définitif entre le gouvernement du Sénégal et le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) au même moment que l’opposition et la société civile bissau-guinéenne contestent ce report, Umaro Sissoko Emballo n’a-t-il pas voulu allumer un contre-feu ? Pour certains analystes, le Président bissau-guinéen sortant multiplie les initiatives dans le but seul d’éclipser la dynamique de l’opposition et de la société civile hostile à toute prorogation de son mandat. Avec cette signature, Emballo fait l’actualité dans son pays, joue la montre et fixe son chronogramme à maxima, non sans brandir sa force à travers sa garde présidentielle solidement armée à l’opposé de l’armée régulière sous-équipée ». L’on se souvient qu’en 1998, Nino Vieira avait aussi fait appel à notre armée nationale sous Abdou Diouf dans un conflit interne fratricide qui lui sera ensuite fatal.
Les militaristes françafricains, eurafricains, usafricains n’ont été reconvertis en politiques civils par les « conférences nationales » et les renégats de la gauche historique ont tout simplement été intégrés par le système des privilèges indus et de la corruption dans la gouvernance néocoloniale mondialiste pilotée par le FMI/BM/OMC.
Le putschiste Embalo et l’AES
Deux formes caractérisent l’avènement de nouveaux pouvoirs souverainistes actuellement : d’une part la victoire électorale de l’offre politique du parti souverainiste comme c’est les cas au Sénégal et au Ghana et d’autre part dans un contexte d’insécurité armée djihado-terroriste et séparatiste, le parachèvement par un coup d’état des mobilisations populaires en raison de l’inexistence d’offre politique, notamment de la part des gauches devenus traîtres au souverainisme anti-impérialiste prôné jadis comme c’est le cas au Mali, Burkina, Niger.
Seuls la droite libérale et les socialistes libéraux, tous néocoloniaux, agitent désespérément en écho à la propagande des impérialistes occidentaux le piège attrape-nigaud qui consiste à opposer ces deux formes de prise de pouvoir souverainiste.
Ces pouvoirs civils ou militaires souverainistes ont tous hérité d’un État néocolonial et d’une classe politique corrompue par plus de 60 années de continuité de la gouvernance néocoloniale civile ou militaire. Tous héritent d’un affaiblissement politique et syndical général des classes laborieuses et des forces démocratiques organisées anti-impérialistes et de la nécessité d’élever le niveau de conscience souverainiste du peuple.
Tous héritent aussi d’une économie néocoloniale extravertie dans laquelle les entreprises impérialistes contrôlent les secteurs clefs stratégiques surtout depuis la dévaluation du franc colonial CFA. Tous sont amenés à frayer la voie à leur souveraineté nationale dans le contexte actuel d’hégémonie des impérialistes USA/UE/OTAN/Israël/G7 et de remise en cause de cette hégémonie prédatrice impérialiste par les BRICS et les pays socialistes résistants que sont la Chine populaire, la Corée du nord puissance nucléaire défensive, le Vietnam puissance économique en construction, Cuba puissance médicale et pharmaceutique.
Ils ont tous besoin d’un PARTI et/ou d’un FRONT souverainistes qui soutiennent les politiques de souverainisation de l’appareil d’État, de l’économie nationale, de la diplomatie et la défense nationale. Le PARTI et le FRONT doivent contrôler le gouvernement à travers les députés ou les représentants dans les institutions de la transition. Le PARTI et/ou le FRONT doivent expliquer au peuple les mesures successives des étapes vers la décolonisation politique, économique et culturelle.
Il est donc fondamental d’étudier les expériences de la première phase de la lutte de libération africaine pour savoir d’où on vient, où en est-on et où aller en ne confondant pas changement d’homme ou de gouvernement et libération nationale de l’oppression néocoloniale.
Le parti souverainiste anti-néo-colonial et anti-impérialiste doit, à terme, commander au fusil et au leadership individuel et personnalisé pour garantir au maximum la continuité stratégique et opérer les ruptures tactiques conduisant et mobilisant le peuple sur le chemin ardu de la libération nationale.
La Guinée Bissau est plongée depuis des décennies dans le marais nauséabond du narcotrafic et de la corruption généralisée qui contaminent les hautes sphères de l’appareil d’État néocolonial dont le PAIGC veut sortir le pays. La nature mafieuse des régimes successifs depuis le coup d’état de 1980 est criante. La lutte de l’actuel pouvoir de gauche Colombien contre le narcotrafic alimente la crise interne des revenus tirés du narcotrafic au sein de la bourgeoisie politico-militaire en Guinée Bissau.
Le front politique mis en place par le PAIGC dont le candidat à la présidentielle est Domingos Simoes Pereira apparaît comme l’alternative à l’État hors la loi autocratique de Embalo/Madem, cette coalition néocoloniale libérale qui règne avec brutalité sur le pays d’Amilcar Cabral.
L’offre politique du PAIGC doit rassembler et unir toutes les forces vives patriotiques de Guinée Bissau pour chasser l’autocratie militaro-bourgeoise qui y sévit depuis le coup d’état anti-panafricain qui a fait éclater l’unité avec le Cap-Vert.
14/03/25
19, 20, 21 NOVEMBRE 2024
NIAMEY : CAPITALE DE LA SOLIDARITÉ ANTI-IMPÉRIALISTE PANAFRICAINE ET INTERNATIONALE
Diagne Fodé Roland
Sous le patronage du Général Thiani, président du Niger et du Comité National de Sauvegarde de la Patrie (CNSP) représenté par le premier ministre et en présence des Ambassadeurs accrédités à Niamey et des militants souverainistes du Niger, s’est tenue une conférence panafricaine et internationaliste de solidarité avec les peuples de l’AES initiée par l’Organisation Panafricaine de l’Afrique de l’Ouest (WAPO/OPAO) et Panafrican Today (PAT).
Dans la grande salle de conférence Mahamat Gandhi pleine à craquer et lors du meeting à la place de la patrie, WAPO/OPAO et PAT ont exprimé avec force leur solidarité sans faille avec les expériences souverainistes en cours dans les pays de l’AES.
Le thème de la conférence « pour l’unité anti-impérialiste, paix et solidarité entre les peuples » a été décliné durant trois jours lors des panels sur « Début de la fin de l’impérialisme déchaîné », « les femmes dans la lutte panafricaine », « Sahel, seconde indépendance », « les jeunes dans la lutte panafricaine » et « quel est le chemin vers l’unité continentale ».
Après la rencontre avec le peuple mobilisé de Niamey, le chef de l’État et le gouvernement de la transition ont reçu une délégation de WAPO/OPAO et de PAT pour exposer les politiques souverainistes en cours au Niger et dans l’AES.
Comment le peuple du Niger s’est débarrassé des bases militaires de l’OTAN ?
Le mensonge officiel de « l’aide anti-terroriste » justifiant la présence militaire françafricaine et usafricaine au Niger a été démasqué par le massacre de Terra des jeunes commis par l’armée française chassée du Burkina. La jeunesse nigérienne s’était mobilisée lors du passage du convoi militaire français en terre africaine du Niger pour dire « armée française, allez vous en ».
Des interpellations du gouvernement néocolonial de Bazoum lequel pactisait de fait et libérait des terroristes arrêtés par les militaires de terrain sont restées sans suite.
Ces faits ont accéléré la prise de conscience de la nécessité d’en finir avec la duplicité Otanienne dans sa prétendue « lutte contre le terrorisme », de stopper le pillage des richesses minières du sous sol et la servilité des pouvoirs néocoloniaux soumis aux diktats du FMI/BM. Très vite s’est amplifiée la conscience que l’OTAN mène une guerre de reconquête coloniale en terre sahélienne d’Afrique.
L’impérialisme français étant le principal bénéficiaire de la spoliation séculaire subie par le Niger, en particulier le profiteur AREVA/ORANO et sa présence militaire au service de cette oppression a mobilisé ses laquais de la CEDEAO pour menacer et préparer une guerre contre le coup d’état qui a parachevé les mobilisations populaires des jeunes et des femmes dans tous le pays contre la tuerie de Terra, les préparations de la guerre d’agression de la CEDEAO et les contestations militantes de masses du vol électoral présidentiel par le régime néocolonial.
L’union militaire avec le Mali et le Burkina souverains a été décisive pour dissuader le club fantoche des présidents couchés de la CEDEAO derrière lequel est tapis l’impérialisme dans sa décision de faire la guerre au Niger.
Ces facteurs essentiels vont progressivement faire converger et fusionner les mouvements populaires pour déboucher sur l’encerclement durant 5 mois des bases militaires françaises et contraindre à leur départ du pays. Voyant que leur tour allait venir, les USA ont anticipé en acceptant que leurs bases de drones de AFRIKOM quittent le pays à la demande du pouvoir de la transition. Ces cinq mois durant tous les points stratégiques de Niamey ont été occupés par les jeunes et les femmes pour dire NON à la guerre de la CEDEAO néocoloniale contre notre pays. Deux fois par semaine, les points stratégiques de Niamey demeurent des lieux d’une mobilisation permanente des mouvements populaires contre la françafrique, l’eurafrique et l’usafrique.
Le mouvement syndical relativement à la traîne est entrain de basculer après quelques hésitations dans le camp du peuple à la quête de l’affermissement et la consolidation de la souveraineté nationale et de l’unité panafricaine en construction dans l’AES.
Comme le dit le jeune chanteur nigérien « dites aux carnivores impérialistes que nous ne sommes plus des herbivores inoffensifs, mais des impérialivores… réincarnation des Sankara, Cabral, Sékou Touré, Modibo, Lumumba, Nkrumah, Chavez, Fidel, Che Guevara, Oncle Hô, etc ».
Avec pour avant-garde les jeunes et les femmes, c’est donc le peuple par sa mobilisation déterminée et massive qui a fait échouer tous les complots des impérialistes et de leurs valets de la CEDEAO que les Nigériens appellent « les présidents esclaves gris-grisés » contre la victoire de l’option souverainiste au Niger.
26 juillet 2023 la seconde et vraie indépendance
Comme dans toutes les néo-colonies françafricaines, l’indépendance de 1960 s’est soldée par les « 11 accords du pacte colonial » françafricain imposant la monnaie coloniale CFA, les bases militaires, le monopole quasi exclusif d’exploitation de notre sol et sous sol par les Firmes capitalistes françaises et l’alignement diplomatique sur l’ex-métropole coloniale, etc.
Le peuple du Niger parle de plus en plus de la date du 26 juillet 2023 comme la « seconde et vraie indépendance ». La redécouverte des figures étatiques précoloniales comme Sony Ali Ber, Mali Berro, Sarraouina Mongou…, des figures de la résistance vaincue contre l’annexion coloniale et des leaders et partis anti-coloniaux comme Djibo Bakari, Sawaba, Abdou Moumouni, PAI,... est résumée par la formule suivante entendue : « l’histoire ne ment jamais sauf si on la laisse raconter par les menteurs colonialistes ».
Débaptiser les rues portant les noms des colons pour les rebaptiser par des noms des résistants nigériens, africains ou des anti-impérialistes d’Amérique du sud, d’Asie ou d’Europe, décoloniser les programmes scolaires, mener la bataille pour la vérité médiatique et mettre en place une commission nationale pour réécrire le nouveau narratif de l’histoire nationale sont les actions en cours de réalisation.
Le peuple du Niger nous a expliqués que « les Plans d’Ajustement Structurel (PAS) du FMI/BM ont produit des diplômés et non des intellectuels », « pour nous recoloniser l’impérialisme a fabriqué le terrorisme, les terroristes et fait de certains de nos enfants des terroristes », « les impérialistes et leurs terroristes détruisent nos écoles, nos hôpitaux, nos villages, tuent nos instruits, nos populations et osent dire que c’est nous les sauvages, les barbares », « c’est nous qui nourrissons la France, l’Europe et les USA impérialistes pendant ce temps nous mourrons de faim et vivons dans la misère et maintenant de leurs guerres par terroristes interposés contre nous et les autres peuples », etc.
Voilà pourquoi et comment ce peuple justifie le coup d’état de la fraction patriotique de l’armée : « en 2006 le Niger recevait 300 milliards alors que AREVA/ORANO empochait 2300 milliards de francs CFA », « la démocratie multipartite des impérialistes a créée des gouvernants corrompus qui font de nos enfants des mendiants mal nourris et affamés alors que nous marchons sur des richesses qui sont volées par eux avec la complicité des démocrates à leur solde », « leur démocratie est en vérité une dictature qui nous affame, les enrichit ainsi que leurs gouvernements soumis de chez nous », « les impérialistes disent que nous sommes pauvres alors que notre misère fait leur richesse », etc.
De ce diagnostic, le peuple en bon médecin affirme que « nous nous sommes levés pour nous libérer, cette fois nous ne leur permettrons pas de revenir nous dominer » en « reprenant en main nos richesses pour les mettre au service de nos intérêts à tous », en « développant l’esprit d’insoumission à l’aliénation culturelle », en « luttant contre le gain facile qui n’est pas le fruit du travail digne et honnête », en « remettant au travail le peuple avec un esprit professionnel », en « mettant la science, la technique au cœur de la libération nationale », en « patriotisant notre armée nationale et en construisant notre armée panafricaine commune de l’AES », en « créant notre monnaie propre avec nos peuples frères de l’AES », en « organisant l’unité de toutes les forces nationales qui ont participé à la libération », en « forgeant l’unité des peuples de l’AES comme États libres des peuples libérés d’Afrique en attendant que les États gris-grisés de la CEDEAO et du continent se libèrent aussi pour nous rejoindre ».
Telles sont les paroles entendues par notre délégation panafricaine et anti-impérialiste et des perspectives issues des échanges lors de la conférence panafricaine et internationale anti-impérialiste de Niamey.
Telle est l’invite faite par les peuples libérés de l’AES aux autres peuples de notre sous région ouest africaine et à toute l’Afrique.
Longue vie à la seconde phase de libération africaine.
25/11/24
STOPPONS L’OTANISATION DU TERRORISME AU SAHEL
Diagne Fodé Roland
L’embuscade terroriste de Tinzawatène au Mali dans laquelle sont tombés des dizaines de militaires a provoqué la riposte combinée de l’AES et la rupture des relations diplomatiques du Mali avec l’Ukraine. L’ambassade ukrainienne au Sénégal s’est fendue d’une propagande élogieuse sur son site provoquant un communiqué dénonciateur du Ministère de l’intégration africaine et des affaires étrangères de notre pays. Force est de constater que ces provocations coïncident avec le blocage du décaissement de la levée de fonds de 230 milliards de francs CFA du nouveau pouvoir sénégalais par les institutions de Bretton Woods. N’est-ce pas là des manœuvres pour déstabiliser la transition actuelle au Sénégal après la victoire électorale du camp souverainiste ? Ces faits indiquent une Otanisation du terrorisme djihadiste dans le Sahel et plus généralement en Afrique.
De l’échec de l’occupation militaire du Sahel
Kadhafi a été tué et la Libye divisée par l’agression militaire illégale de l’OTAN dont l’objectif était de mettre fin au financement par l’argent des pétrodollars libyens souverains d’une banque africaine souveraine qui mettait en cause l’assujettissement des Etats africains au FMI et la Banque Mondiale, d’un satellite africain qui rompait la dépendance audiovisuelle africaine, etc. Faisant d’une pierre deux coups, la françafrique, l’eurafrique et l’usafrique en ont profité pour infester le Sahel de terroristes djihadistes qui veulent transformer nos États en Califats et de séparatistes armés pour le Mali.
Alliés contre le communisme et les Etats laïcs indépendantistes, les impérialistes françafricains, eurafricains et usafricains et les terroristes djihadistes, une fois atteint l’objectif commun de détruire l’indépendance nationale et la séparation entre citoyenneté politique et foi religieuse, leurs contradictions les opposent. C’est ainsi que les impérialistes étatsuniens ont sorti du chapeau leurs théories de « guerres de civilisations, des religions, des cultures » pour planifier leur soi-disant « guerre contre le terrorisme ».
Et pourtant l’armée malienne fut interdite d’entrer à Kidal conformément à la promesse faite aux séparatistes de l’Azawad par l’impérialisme français lors de la destruction de la Libye. Le vieux projet français de balkanisation qu’est l’OCRS (organisation commune des régions sahariennes) mis en échec par la solidarité panafricaine entre le FLN algérien et l’US-RDA entre 1960 et 1962 est de nouveau réactualisé contre l’unité territoriale et l’unité nationale du Mali. Contre ce projet colonial d’alors Modibo Keita avait déclaré au moment de la cessation des hostilités en Algérie le 19 mars 1962 : « Aussi, notre reconnaissance est grande, qui s’est exprimée par la solidarité inconditionnelle de la République du Mali avec les frères de l’Algérie Combattante. C’est dire combien notre joie est immense, devant la victoire de ceux auprès desquels dès 1960, le peuple du Mali s’est considéré mobilisé. La victoire du Front de Libération qui a su imposer le respect de la souveraineté et de l’intégrité de l’Algérie Africaine est aussi celle de tous ceux qui, comme les Maliens, n’ont rien ménagé pour en assurer le succès. Victoire du Front de Libération Algérienne, victoire de l’Afrique Combattante, mais aussi victoire des peuples épris de paix au premier rang desquels le peuple de France qui voit mettre un terme aux sacrifices inutiles de ses cadres et de sa jeunesse et à l’hémorragie financière ».
Il est temps après la reconquête de Kidal et la fin de fait de "l’accord d’Alger" que l’Algérie, qui a écrasé les forces djihado-terroristes de sa décennie noire, renvoie l’ascenseur de la solidarité panafricaine au Mali. Les ressources pétrolières partagées entre ces deux pays doivent faire l’objet d’une négociation gagnant-gagnant tout comme celles gazières entre le Sénégal et la Mauritanie.
Les démocratures néocoloniales qui se sont succédé du coup d’État françafricain militariste de Moussa Traoré à IBK en passant par l’ADEMA ont fini par chuter lors du parachèvement du soulèvement populaire qui a précédé le coup d’État souverainiste des 5 colonels. La nouvelle expérience souveraine en cours a aussitôt été rejoint par le Burkina et le Niger, pays aussi confrontés aux métastases djihado-terroristes et dans lesquels il y avaient des mobilisations populaires contre l’insécurité et l’inféodation néocoloniale des démocratures successives.
Les sanctions et menaces de guerre de la CEDEAO/UEMOA sous l’égide de l’impérialisme français contre ces pays membres ont révélé au grand jour la nature néocoloniale de ces institutions d’intégration panafricaine sous régionale et provoqué le départ puis la création de la Confédération AES.
L’expulsion des militaires françafricains, eurafricains et usafricains de l’AES met fin à l’occupation militaire de ces Etats du Sahel et leur permet d’avoir une souveraineté stratégique sur le plan militaire, de la coopération économique, diplomatique et militaire. Si la guerre contre le terrorisme demeure l’équation urgente numéro un à résoudre, seule une politique souveraine et démocratique de large rassemblement des forces vives patriotiques permettra dans la durée de préserver l’intégrité territoriale et l’unité nationale mises en danger par le projet de recolonisation impérialiste.
à l’otanisation du terrorisme
On l’a vu en Syrie, les impérialistes USA et UE ont armé les fanatiques religieux panislamistes pour s’attaquer à l’État laïc indépendant mais ont été vaincu grâce à l’unité nationale démocratique multiconfessionnelle citoyenne entre les musulmans Sunnites, Chiites, Alaouites, les Chrétiens, etc. La séparation entre religion et citoyenneté, entre liberté religieuse privée et personnelle et citoyenneté politique collective a été le facteur principal en plus de l’appui militaire décisif de la Russie bourgeoise, économique, diplomatique de la Chine communiste et stratégique des Etats indépendantistes du Sud global comme Cuba socialiste, le Venezuela de Chavez/Maduro, le Brésil de Lula/Dilma, le Nicaragua, la Bolivie d’Evo/MAS, la Corée du nord, le Vietnam, les BRICS, etc.
Une fois leur double jeu démasqué et leurs militaires expulsés, les mêmes impérialistes refont maintenant un remake contre les États de l’AES. L’OTAN et ses laquais fascistes partisans de Bandera mis en échec en Ukraine, cherchent manifestement à exporter l’affrontement sur la terre africaine du Sahel.
Les impérialistes ne renoncent jamais à leur objectif de briser le vent souverainiste qui souffle sur l’Afrique. L’instrumentalisation néocoloniale de l’UEMOA/CEDEAO contre l’AES ayant été éventrée, la souveraineté nationale malienne, burkinabé et nigérienne ayant expulsé les bases militaires françaises et étatsuniennes et le bâclage de l’évacuation non concertée des camps de la MINUSMA ayant été contré, la défaite de l’OTAN en Ukraine se profilant, il s’agit maintenant de transférer l’affrontement sur la terre africaine du Sahel pour tuer dans l’œuf à la fois le multilatéralisme et le souverainisme montants contre l’unilatéralisme hégémonique séculaire de l’Occident US/UE/Israël/Japon impérialiste.
Les communiqués des nazis alliés de l’OTAN en Ukraine et la provocation de l’ambassade ukrainienne à Dakar sont aussi en réalité une tentative de semer la méfiance et la zizanie entre le Sénégal et l’AES, en particulier avec le Mali. Si l’Ukraine fasciste pro-OTAN persiste dans ce jeu sordide, il faudra une rupture diplomatique du Sénégal souverainiste.
Les impérialistes confrontés à la montée du souverainisme et du panafricanisme en Afrique cherchent coûte que coûte à opposer l’expérience souverainiste militariste malienne et partant du Burkina et du Niger formant la Confédération AES à celle souverainiste civile du Sénégal. C’est l’éternelle tactique du diviser pour régner.
Rassembler dans chaque pays le camp souverainiste dans sa diversité et faire converger les expériences souverainistes d’États dans leur diversité sur la base de l’unité, critique, unité sont deux tâches pour un traitement correct des contradictions secondaires internes au mouvement national panafricain dans l’intérêt de vaincre la contradiction principale entre nos peuples et l’impérialisme.
06/08/24
25 MAI JOURNÉE DE L’AFRIQUE
TIRONS LES LEÇONS DE NOS AÎNÉS POUR LIBÉRER L’AFRIQUE
DU NÉO-COLONIALISME
Diagne Fodé Roland
Le 25 mai 1963 naissait à Addis-Abeba, capitale du seul État africain qui a vaincu le colonisateur, l’Organisation de l’Union Africaine (OUA).
L’Afrique comptait alors 32 États devenus 54 aujourd’hui en attendant que la République Sahraouie accède à l’indépendance.
Se souvient-on que deux projets s’affrontèrent le 24 mai 1963 :
– Celui porté par Kwame Nkrumah, Sékou Touré, Modibo Keita, etc, qui préconisait la mise en place « d’un Comité des ministres des affaires étrangères, des fonctionnaires et des experts, (qui) devrait être habilitée à établir : (1) Une commission pour élaborer une constitution pour un Gouvernement de l’Union des États africains. (2) Une commission pour élaborer un plan à l’échelle du continent pour un programme économique et industriel unifié pour l’Afrique ; ce qui devrait inclure des propositions pour la mise en place : d’un marché commun pour l’Afrique ; une monnaie africaine ; une zone monétaire africaine ; une banque centrale africaine ; un système de communication continentale ; une commission chargée d’élaborer une politique étrangère commune et la diplomatie ; une commission chargée d’élaborer des plans pour un système commun de défense ; une commission devant faire des propositions pour une citoyenneté africaine commune ».
– Celui porté par L.S. Senghor et Houphouët Boigny, etc d’une unité par « cercles concentriques » qui maintenaient « l’intangibilité des frontières héritées du colonialisme ». Cette approche par « cercles concentriques » permettant de créer des « groupements sous régionaux de coopération économique ».
Le compromis qui fut trouvé consacrait la naissance de l’OUA sur la base de l’unité « pas à pas » qui a permis de fait aux anciennes puissances coloniales de manœuvrer avec leurs néo-colonies en Afrique pour retarder au maximum l’avènement de l’Unité africaine. Cela perdure jusque de nos jours.
C’est ce ratage d’alors qui fait qu’aujourd’hui 64 ans après, le sentiment renforcé de l’appartenance nationale à chaque État post-colonial est devenu une réalité et s’impose comme la base du nécessaire futur État fédéral panafricain. C’est ce compromis
DES JUNTES PUTSCHISTES MILITAIRES AUX JUNTES PUTSCHISTES CIVILES :
FAILLITE TOTALE DU NÉOCOLONIALISME FRANÇAFRICAIN, EURAFRICAIN, USAFRICAIN !
Diagne Fodé Roland
A la queue leu leu, les présidents Faure du Togo, Embalo de la Guinée Bissau, Biya du Cameroun, Ouattara de la Côte d’Ivoire réitèrent des putschs civils anti-constitutionnels adoubés par leurs maîtres françafricains, eurafricains, usafricains et les institutions néocoloniales régionales comme la CEDEAO.
Les uns trafiquent au dernier moment les règles et les autres s’assoient carrément sur la loi fondamentale par des candidatures anticonstitutionnelles qui préparent des hold up électoraux. Ces dictateurs décident aussi qui peut participer ou pas aux élections.
C’est, en plus de leur complicité avec la guerre de l’OTAN par djihado-terroristes interposés en Libye et dans le Sahel, de telles pratiques liberticides qui ont provoqué les révoltes populaires au Mali, au Burkina, au Niger que les fractions souverainistes ont parachevé, faute d’offre politique civile souverainiste, lesquelles ont fondé la Confédération souverainiste de l’AES.
Les perroquets impérialistes et leurs laquais néocoloniaux donneurs de leçons vont devoir cesser de nous bassiner les oreilles avec leur faux modèle éculé de la ‘‘démocratie multipartite électorale’’ devenue un jouet des démocratures présidentialistes civiles d’aujourd’hui.
L’impérialisme avait suscité auparavant les juntes françafricaines, eurafricaines, usafricaines qui avaient renversé par des putschs les leaders souverainistes qu’étaient Nkrumah, Modibo, Olympio ou les assassinats de Cabral, Um Nyobe, Moumié Félix, Osendé Afana, Ernest Ouandié, Thomas Sankara.
L’intelligentsia mentalement colonisée a chanté en choeur ‘‘l’ère du vent d’est de la démocratie’’ en Afrique impulsée par la dictature hégémonique du ‘‘capitalisme démocratique’’.
En définitive, la ‘‘démocratie multipartite’’ présidentialiste néocoloniale s’est révélée être la superstructure étatique des plans libéraux d’ajustement structurel imposés par les institutions financières de Bretton Woods (FMI et la BM) dont la politique unique libérale est au service de l’endettement, de la dette usuraire, de la privatisation des secteurs publics et parapublics et du pillage des richesses du sous-sol et du sol africains.
Les bourgeoisies bureaucratiques de nos Etats néocoloniaux ont géré nos pays pour servir les intérêts des impérialistes mais aussi pour s’enrichir en milliards de francs CFA par le vol systémique de l’argent public.
Les juntes civiles des Ouattara, Faure, Embalo, Biya, etc., veulent prolonger par leurs putschs anticonstitutionnels la saignée qui transforme les océans, les mers et les déserts en cimetières à ciel ouvert de nos enfants et de notre jeunesse.
Les peuples du Togo, de Guinée Bissau, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire commencent à se soulever contre ces régimes néocoloniaux affameurs et dictatoriaux.
Soyons tous, militants, peuples et diasporas africains aux rendez-vous pour dire avec les peuples des terres africaines de la Côte d’Ivoire, du Togo, de Guinée Bissau et du Cameroun mobilisés :
OUATTARA, FAURE, EMBALO, BIYA, DEGAGEZ !
Août 25
DE LA RÉVOLUTION ANTIFASCISTE DES OEILLETS
AU PORTUGAL AUX RÉVOLUTIONS SOUVERAINISTES AFRICAINES :
SE DÉMARQUER DES NARRATIFS AU SERVICE DE LA GUERRE HYBRIDE DE L’IMPÉRIALISME !
Diagne Fodé Roland
Ce 30 avril 2025 restera longtemps dans les mémoires : les peuples et les diasporas africains se sont mobilisés pour dire “ne touchez pas aux chefs des Etats de l’AES” en Afrique. Les manifestants dénoncent ce général noir US du commandement Afrikom qui menace le chef de l’Etat du Burkina Faso pour avoir exercé la souveraineté nationale sur l’exploitation de l’or.
Par cette mobilisation anti-impérialiste massive, les peuples s’insurgent contre la guerre hybride par djihado-terroristes et séparatistes interposés de l’OTAN contre les Etats d’Afrique qui ont décidé de sortir de l’enclos néocolonial françafricain, eurafricain et usafricain édifié en 1960 par les massacres de masses et les assassinats et les coups d’Etats contre les leaders véritablement indépendantistes. C’est ainsi que fut obtenu le passage du colonialisme au néo-colonialisme.
Traumatisés par la trahison et le meurtre de Thomas Sankara en octobre 1987, les peuples prennent conscience qu’ils sont seuls véritables protecteurs des leaders de leur indépendance et de leur souveraineté nationale.
Les peuples ne se laissent pas tromper par la guerre des mots
L’impact abrutissant sur une certaine intelligentsia africaine de la propagande impérialiste qualifiant de “juntes putschistes” les pouvoirs des pays de l’AES est battu en brèche par le puissant message des populations déferlant par millions dans les artères des villes du Burkina Faso, du Niger, du Mali et les rues de Nairobi, Johannesburg, Maputo, Windhoek, du Gabon, Tanzanie, Togo, New York, Paris, Londres, Moscou, Pékin, Rio de Janeiro, Jamaïque, etc.
En effet, une certaine intelligentsia, y compris de gauche, s’est laissée berner par un “anti-putschisme” atavique hors de tout contexte et de tout but qui ne fait aucune différence entre l’intervention des militaires dans l’arène politique dictée par les impérialistes et celle d’une fraction du peuple en tenue militaire qui fait aboutir les mobilisations des peuples contre des régimes fascistes et/ou néocoloniaux. Sankara avait mille fois raison de dire qu’un “militaire sans conscience politique est une criminel en puissance”.
Que n’a-t-on entendu répéter comme des perroquets les caractérisations négativement connotées de “juntes putschistes” cherchant à disqualifier les expériences souverainistes en cours dans les pays de l’AES et même cherchant à les opposer à celle en cours au Sénégal où le changement est arrivé par les urnes.
En fait, il faut aussi décoloniser l’esprit de ces intellectuels africains, y compris de gauche, qui singent ainsi, consciemment ou pas, cette agit-prop malveillante qui fait d’eux les idiots utiles de l’endoctrinement idéologico-médiatico-culturaliste impérialiste.
En effet, comme on l’a vu au Chili avec le fasciste Pinochet contre Allende, au Togo contre Olympio, au Ghana contre Nkrumah, au Mali contre Modibo, au Burkina contre Sankara, etc., les impérialistes, non seulement, soutiennent les “putschs et juntes” au service de leurs intérêts de classe sociale prédatrice, mais interfèrent même pour les dévoyer contre la volonté populaire.
le précédent de la révolution antifasciste des oeillets au Portugal
“Le 25 avril 1974, le Mouvement des Forces armées (MFA), regroupant de jeunes officiers de l’armée portugaise, renverse la dictature salazariste et met un terme à près d’un demi-siècle de fascisme dans la péninsule lusitanienne, mais également aux sanglantes guerres coloniales menées par le régime salazariste dans les futures ex-possessions africaines (Angola, Mozambique, Guinée-Bissau, etc.). Ce MFA, au sein duquel certains officiers baignent dans la culture anticapitaliste (comme Otelo de Carvalho) voire marxiste-léniniste à l’image de Vasco Gonçalves, Premier ministre de juillet 1974 à septembre 1975 et proche du Parti communiste Portugais (PCP) d’Alvaro Cunhal, coopère avec les partis engagés dans la Résistance depuis 1926 (année du coup d’État militaire ayant renversé la démocratie portugaise), à commencer par le PCP contraint à la clandestinité et qui a su s’organiser de manière disciplinée et rigoureuse afin de faire face à la violente répression ayant causé des milliers de disparitions et de morts. Une répression qui profita de la grande indifférence des « démocraties libérales » atlantistes et de la Communauté économique européenne (CEE), l’ancêtre de l’UE totalement décomplexée pour réaliser d’importants échanges commerciaux avec la dictature salazariste…” (site Contretemps).
L’hypocrite duplicité des impérialistes étasuniens et européens est d’avoir d’abord concilié et soutenu les dictatures fascistes de Franco en Espagne et de Salazar puis Caetano au Portugal pour ensuite faire adorer la révolution antifasciste des oeillets une fois le parti social-démocrate de Soares installé à la tête de l’appareil d’Etat bourgeois. Durant la période révolutionnaire 1974-1975, “La révolution portugaise a historiquement combiné une crise nationale (financière, politique et militaire) et l’entrée sur la scène politique des masses estudiantines et travailleuses. Les masses – nous utilisons le concept de « masses » en tant que groupes non encore organisés autour d’un programme politique, d’où ce concept de masse informe, disruptive –, se sont organisées par la suite en structures de base, commissions, associations, partis ou syndicats. Peu à peu se sont constitués des groupes de travailleurs et d’habitants, d’étudiants et par la suite de soldats, qui furent le centre névralgique de la révolution. Ils déterminèrent le cours de la crise de l’Etat et de l’accumulation, qui a débouché non seulement sur toute une gamme de droits politiques, mais a entraîné une érosion inédite du capital, conduisant à ce qui reste historiquement le plus grand gain des revenus du travail sur ceux du capital. Ils sont passés de 50% du PIB pour le travail (salaire et cotisations sociales) et 50% pour le capital (intérêts, profits, rentes) à 70% pour le travail en 1975 et 30% pour le capital. Ce transfert prit, sous la pression des luttes sociales, des formes diverses : décapitalisations (paiements des salaires et investissements), hausses directes des salaires, augmentation du salaire social” (idem).
Voyant le danger pour ses intérêts bourgeois, les impérialistes oeuvrent en sous main en s’appuyant sur le PS de Soares pour enclencher une contre-révolution de velours qui a mis fin à la dualité du pouvoir que l’intervention des militaires sous-officiers alliés avec le Parti Communiste dans l’arène socio-politique avait engendré. C’est ce que montre clairement ce récit de Samel Hutington sur l’entretien de l’impérialisme US avec le PS portugais : : « La crise portugaise semblait, de bien des manières, rejouer la révolution russe de 1917, le coup d’état d’avril tenant lieu de révolution de février, Caetano reprenant le rôle de Nicolas II et les groupes dominants au sein du MFA celui des bolcheviks. La dégradation de la situation économique et l’agitation populaire constituent deux autres traits communs. Enfin, on peut établir un parallèle entre la tentative de coup d’état venue de la droite et perpétrée, en 1975, par le général de Spinola, et la conspiration de Kornilov. Toutes ces similitudes n’échappèrent pas aux observateurs avisés. En septembre 1974, Mario Soares, ministre des affaires étrangères du gouvernement provisoire et leader du parti socialiste portugais, eut une entrevue avec le secrétaire d’état américain Henry Kissinger à Washington. Reprochant à Soares et aux autres modérés de ne pas agir avec assez de vigueur pour écarter la menace d’une dictature marxiste-léniniste, Kissinger dit à ce dernier : ‘vous êtes un Kerenski… je crois en votre sincérité, mais vous êtes un naïf. Je n’ai aucune envie d’être un Kerenski, répliqua Soares. Kerenski n’en avait pas envie non plus’, rétorqua Kissinger. Le Portugal, cependant, n’allait pas évoluer comme la Russie. Les Kerenskis l’emportèrent ; La démocratie triompha. Soares allait devenir premier ministre et plus tard président. Et le Lénine de la révolution portugaise, celui qui sut, au moment décisif, faire montre de force et de maîtrise afin d’obtenir le résultat politique désiré, fut un colonel taciturne, favorable à la démocratie, nommé Antonio Ramalho Eanes. Le 25 novembre 1975, il écrasa les gauchistes des forces armées et assura l’avenir de la démocratie » (Troisième vague, les démocraties de la fin du XXéme siècle, édition Nouveaux Horizons, p.2 et 3).
L’on voit ici que c’est donc sous un pavillon volé que voyagent la propagande impérialiste et certains de nos intellectuels avec leurs stupides singeries “anti-putschistes” pour exclure de facto de tout processus révolutionnaire la fraction du peuple en arme que sont les soldats. Les impérialistes qui ont toujours qualifié les processus révolutionnaires de “putschs” et les régimes qui en sont issus de “juntes”, ne s’embarrassent d’aucun scrupule pour vanter et soutenir dans leurs intérêts de classe les “putschs” et “juntes” qui ont renversé S. Olympio, Modibo Keita, Kwamé Nkrumah, Lumumba, Mamadou Dia, etc. Aux peuples souverainistes, surtout aux révolutionnaires communistes de montrer les dessous cachés des mots qui servent l’impérialisme décadent Otano/US/UE/G7/Israélien dans sa guerre hybride pour sauver son hégémonie de la chute finale.
les expériences souverainistes africaines
Le multipartisme et les élections sont les mots érigés en seuls critères pour disqualifier les transitions politico-militaires de l’AES tout comme d’ailleurs, plus honteusement, cela a été fait par certains des bruyants souteneurs puis critiques silencieux après coups de l’expérience politico-militaire de Sankara.
Ces messieurs et dames ne voient pas que la lecture culturaliste essentialiste de leurs idéologues impérialistes des “coup d’Etats” obéit au double standard selon leurs intérêts de classe. Malgré le fait qu’en “1974-1975, le « socialisme » était très populaire au Portugal. Les partis de gauche (PS, PC et divers groupements sur leur gauche) ont obtenu près de 60 % des voix lors des élections de 1975 à l’Assemblée Constituante, ce qui est probablement le pourcentage le plus élevé jamais atteint lors d’une élection en Europe de l’Ouest”, les impérialistes n’ont pas traités de “juntes” le parachèvement des luttes populaires antifascistes au Portugal par les militaires du MFA comme le font de l’AES nos valets grands bourgeois de néocoloniaux la CEDEAO/UEMOA et les renégats de la gauche.
En effet au Portugal l’offre politique communiste avait été écrasée par la contre révolution fasciste alors que dans les pays de l’AES la corruption endémique a discrédité le multipartisme et les trucages des élections se sont révélés être la nouvelle forme de la dictature libérale imposée par les plans d’ajustement structurel du FMI/BM qui ont produit la misère généralisée du peuple contraignant la jeunesse à l’émigration piroguière ou pedestre meurtrière et la vie d’esclaves sans papiers dans les pays impérialistes.
Les impérialistes se sont plutôt évertués à vanter tout en minant de l’intérieur la révolution antifasciste portugaise pour faire en sorte que “Sur le terrain électoral... Le PS était dans son élément. Leur attrait, à la fois pour la classe moyenne et pour les sections non militantes de la classe ouvrière, était considérable. Lors des élections d’avril 1975, ils obtinrent 37,87% des voix, soit une nette avance de 10% sur tous les autres partis. En avril de l’année suivante, malgré les défaites et les trahisons des douze mois précédents, ils conservèrent 34,97% des voix” (idem, contretemps).
Dans les pays de l’AES, la corruption généralisée de la classe politique et la lutte des places pour les fauteuils présidentiels et ministériels, y compris par l’intégration massive de nombreux leaders de la gauche historique, ont engendré une démocrature multipartite et une succession d’élections truquées où les présidents changent en maintenant une continuité servile aux politiques libérales dictées par le FMI et la BM. Le résultat de ces décennies de “démocratie multipartite”, c’est par exemple au Mali 400 partis politiques dont les chefs, pour la majorité d’entre eux, passent leur temps à lorgner et monnayer des sinécures pour s’enrichir, y compris les ex-gauches, et intégrer la bourgeoisie bureaucratique d’Etat compradore.
Ce processus qui fait que le chemin le plus court pour devenir milliardaire est de participer à la gestion de l’appareil d’Etat néo-colonial sous la dictée des institutions de Bretton Wood chargé par l’impérialisme d’imposer le libéralisme au monde entier est observable dans d’autres pays africains.
C’est une réalité générale palpable, y compris dans notre pays le Sénégal, lequel ne se différencie des pays de l’AES que par le fait que la rébellion de la jeunesse souverainiste a produit une offre politique civile sous la forme du parti PASTEF qui est venu combler le vide causé par la trahison des leaders et partis de la gauche historique inféodés aux libéraux et sociaux libéraux dans les gouvernements néocoloniaux successifs.
Alors que dans l’AES, l’absence d’une telle offre politique a été comblée par les fractions souverainistes des armées nationales confrontées à la fois au terrorisme religeux fascistes, au séparatisme ethniciste et au double jeu des impérialistes françafricain, eurafricain, usafricain occupant militairement nos pays.
Il faut donc sortir de la mélasse nauséabonde des formules attrappe-nigaud de l’agit-propagande idéologico-politique des impérialistes contre les expériences souverainistes en cours de cette seconde phase de libération anti-néocoloniale en Afrique.
Renouveller la classe politique sur la base de la souveraineté nationale
Cette seconde phase de libération anti-néocoloniale africaine a pour force principale la prise de conscience et la mobilisation d’une jeunesse qui, après en avoir beaucoup attendu, touche du doigt dans sa chair la fin des illusions semées par le “vent de la démocratie multipartite” qui s’est révélé être l’accompagnement illusionniste de la mise sous tutelle économique de nos pays par le FMI et la BM dans le cadre de la “re-mondialisation” du capitalisme sous hégémonie US/UE/G7/Israël.
Le multipartisme comme moyen de participer à la dilapidation des finances publiques a tué les partis et montré que changer les hommes au pouvoir ne suffit pas à changer la vie concrète du peuple. La liberté de créer des partis a été dévoyée pour servir à l’inféodation à la domination des impérialismes par les Etats néocoloniaux et au pillage des richesses nationales. Les partis qui, normalement représentent les classes sociales dans un pays, sont devenus des entreprises privées personnalisées au service de la stratégie d’intégration à la bourgeoisie bureaucratique d’Etat pour s’enrichir.
La rébellion de la jeunesse souverainiste est l’antidote développé par des sociétés africaines fatiguées du clientélisme politicien vénal contre le cancer généralisé de la corruption et la soumission à l’impérialisme.
Dans l’AES et au Sénégal, la classe politique néocoloniale existante de droite, social-démocrate, de gauche, toute libérale et mondialiste qui a fait son temps est en train de céder la place à une nouvelle classe politique souverainiste dans laquelle les clivages de classes sont pour le moment relativement atténués par les menaces que font peser sur nos expériences souverainistes la guerre hybride des impérialistes Otano françafricain, eurafricain et usafricain.
Le camp souverainiste de l’AES au Sénégal est inter-classiste, c’est-à-dire associe en son sein les représentants politiques de plusieurs classes sociales ou fractions de classes sociales qui ont intérêt à la sortie du néocolonialisme avec à leur tête la petite bourgeoisie civile au Sénégal et militaire dans l’AES.
La décision au Mali de réduire de 400 à 5 au maximum le nombre des partis politiques va dans la bonne direction à condition d’en revenir à la nécessité que les partis représentent les classes sociales du pays et ne soient pas apatrides. L’interdiction de la vassalisation néocoloniale doit être un critère fondamental, voire constitutionnel pour la légalisation de tout parti politique dans nos semi-colonies africaines.
La reddition des comptes par les voleurs des deniers publics dans les pays souverainistes est non seulement indispensable pour récupérer l’argent volé, mais engage les nouveaux dirigeants à punir la corruption, le népotisme et la gabegie.
Les phases de redressement et de transition vers la souveraineté nationale doivent s’inscrire dans l’objectif de préparer les nationalisations des secteurs clés dont l’État a besoin pour piloter l’économie nationale et aiguiller en l’encadrant le secteur privé national vers sa souveraineté vis-à-vis du capital étranger impérialiste. C’est ainsi que le secteur privé englué jusqu’ici dans l’affairisme néocolonial mondialiste de “’l’import-import” peut devenir productif et créateur de vrais emplois décents.
Sortir de la monnaie coloniale CFA pour une banque centrale africaine adossée à des banques nationales est à terme nécessaire pour mobiliser prioritairement les ressources internes pour financer l’économie nationale.
Telles sont les tâches à planifier et à réaliser par étapes dans l’AES, en plus de la sécurité anti-terroriste nationale panafricaine et au Sénégal en attendant que d’autres pays africains prennent le chemin de la souveraineté nationale.
Pour garantir le succès de cette marche vers la souveraineté nationale panafricaine, nous devons avoir chevillé au corps et à l’esprit l’enseignement suivant de Amilcar Cabral : “ Ne pas avoir peur du peuple et l’amener à participer à toutes les décisions qui le concernent, telle est la condition fondamentale de la démocratie révolutionnaire que nous devons réaliser progressivement”.
04/05/25
HALTE A LA TENSION FRATRICIDE ENTRE L’ALGÉRIE ET LE MALI/AES : SEUL L’ENNEMI IMPÉRIALISTE COMMUN PEUT EN PROFITER !
Diagne Fodé Roland
La presse des milliardaires fascisants françafricain, eurafricain et usafricain se réjouissent de la détérioration des relations entre le Mali/AES et l’Algérie consécutives à la destruction d’un drone de l’armée malienne à la frontière entre les deux pays frères. C’est le Figaro, journal de la droite impérialiste française, qui résume le plus nettement l’intérêt porté par l’impérialisme français chassé des pays de l’AES : « l’Algérie est notre partenaire stratégique pour permettre notre retour au Sahel. Notre sécurité en dépend » peut-on lire dans ses colonnes.
Le Mali et la nouvelle Confédération de l’AES ont protesté et rappelé leurs ambassadeurs, ce que l’Algérie a aussi fait.
Pourquoi et comment en est-on arrivé là ?
Le Mali dont le territoire avait servi de bases à l’armée populaire du FLN à partir de 1960 s’est trouvé confronté à une invasion djihado-terroriste et sécessionniste suite à la destruction de la Libye et l’assassinat de son leader.
L’impérialisme français profitant de l’incapacité de l’État néocolonial françafricain malien d’assurer l’intégrité territoriale et de mâter les groupes intégristes terroristes a volé « au secours » pour occuper le pays et empêcher la libération de Kidal parce que comme on peut le lire dans la presse impérialiste « En vérité, "entre le MNLA et la France, il y a un deal historique : parce que c’était une force laïque qui a pour ennemis les terroristes islamistes, la DGSE les aide depuis dix ans", admet un haut responsable français, confirmant ce que "le Nouvel Observateur" avait révélé il y a un an » (Nouvel Obs, 06/06/2013). Les « accords d’Alger » signés par les régimes néocoloniaux françafricains maliens, la mise en place du « G5 Sahel » sans l’Algérie, la mutation de Serval en Barkhane puis son européanisation en Takuba sont des métastases de cette vassalisation des régimes néocoloniaux maliens.
C’est ce double jeu qui va entraîner d’abord le coup d’État de 2012, lequel n’aura été qu’un feu de paille vite éteint par les sanctions des valets françafricains de la CEDEAO/UEMOA, puis celui des cinq colonels comme épilogue des mobilisations populaires contre les régimes néocoloniaux libéraux corrompus successifs.
L’expulsion de l’armada française et la libération de Kidal vont rendre caduque tous ces dispositifs de l’occupation militaire française du Mali et du Sahel que sont le « G5 Sahel » et « l’accord d’Alger ».
La question touareg pomme de discorde entre Bamako et Alger
« L’accord d’Alger » reflète le rapport des forces sur le terrain entre les régimes néocoloniaux successifs du Mali et le MNLA autonomiste et/ou séparatiste parrainé à la fois par l’État d’Algérie et l’impérialisme français. Cet « accord » impose de fait une « autonomie » couverte par l’interdiction à l’armée, la police, la gendarmerie, l’administration malienne d’entrer dans Kidal décidée par l’impérialisme français. C’est à cette atteinte de fait à l’intégrité territoriale du Mali que la libération de Kidal jusqu’à la frontière avec l’Algérie a mis fin.
Comme nous l’écrivions en juillet 2012 ‘’Le séparatisme qui sévit actuellement au Mali n’est pas sans rappeler le projet colonial Français de « mer intérieure » qui avait été mis en échec par la lutte armée de libération nationale du peuple Algérien dans les années 58, 60, 62, lequel est donc de nouveau réactualisé. Il s’agissait à l’époque d’instrumentaliser la question Touareg pour couper l’Algérie de son Sahara, donc d’une partie de son territoire riche en pétrole et gaz où l’impérialisme Français procédait à ses essais nucléaires. La solidarité des patriotes panafricains Maliens qui exigeaient tout comme le FLN Algérien le respect de l’intégrité territoriale du Mali et de l’Algérie a été un facteur important pour empêcher la réalisation de ce plan colonial machiavélique de balkanisation. C’est ce que rappelait Modibo Keita dans sa déclaration relative à la cessation des hostilités en Algérie le 19 mars 1962 : « Aussi, notre reconnaissance est grande, qui s’est exprimée par la solidarité inconditionnelle de la République du Mali avec les frères de l’Algérie Combattante. C’est dire combien notre joie est immense, devant la victoire de ceux auprès desquels dès 1960, le peuple du Mali s’est considéré mobilisé. La victoire du Front de Libération qui a su imposer le respect de la souveraineté et de l’intégrité de l’Algérie Africaine est aussi celle de tous ceux qui, comme les Maliens, n’ont rien ménagé pour en assurer le succès. Victoire du Front de Libération Algérienne, victoire de l’Afrique Combattante, mais aussi victoire des peuples épris de paix au premier rang desquels le peuple de France qui voit mettre un terme aux sacrifices inutiles de ses cadres et de sa jeunesse et à l’hémorragie financière »’’.
Nous précisions alors que « C’est en 1952 qu’une mission de l’Assemblée Nationale française avait formulé la nécessité de créer un tel « Territoire d’Outre-Mer » (TOM) dès que commencerait l’exploitation du pétrole à Edjélé et à Hassi Messaoud en Algérie. Le gouvernement Français avait même déposé à l’époque un projet de loi faisant des régions sahariennes « un territoire autonome ». Le ministre Max Lejeune devait déclarer, inaugurant le pipeline n°1 à Toggourt en Algérie, que « dans quelques années, la France, aidée par des concours extérieurs arrivera à obtenir son ravitaillement en carburant et deviendra directement après les USA et l’URSS la troisième puissance énergétique mondiale » (maliweb.net du 15/10/2012). Ce projet sécessionniste visant en particulier l’Algérie à l’époque avait échoué parce que le Mali progressiste de Modibo Keita avait tenu bon sur la solidarité panafricaine avec la lutte de libération armée du peuple Algérien. Au lendemain de l’intervention militaire au Mali, la presse algérienne a été unanime pour s’inquiéter de ce retour colonial : « La France ne chercherait-elle pas à déstabiliser l’Algérie ? » , « l’intervention militaire française au Mali est une des étapes d’un plan visant l’installation de forces étrangères dans la région du Sahel ». L’analyste Laid Seraghni va plus loin en écrivant que : « Derrière l’enjeu malien, la France coloniale cherche à punir l’Algérie... Cette crise n’est qu’une étape pour atteindre in fine l’Algérie, dont le Sud est cerné par l’armée française qui opère en Libye, en Côte d’Ivoire, au Niger, en Mauritanie, au Tchad et au Mali... la France cherche par les armes à réaliser un ancien rêve colonial ». Ce rêve colonial, rappelons le, consistait pour la France à conserver toute une partie du Sahara algérien et le Sahel, car, déjà à l’époque, elle était au fait des richesses et des potentialités de cette région. Cet enjeu était si énorme que la guerre d’Algérie, qui aurait pu s’arrêter en 1958 a été poursuivie, le FLN historique ne voulant pas entendre parler d’une indépendance partielle c’est-à-dire sans le Sahara.
C’est cette même stratégie impérialiste qui avait pris la forme d’« autonomie » et de « régionalisation » suggérée et imposée au Mali par Edgar Pisani sous Mitterrand dans les années 80 et qui allait préparer à travers le tristement célèbre rallye « Paris-Dakar » et l’image touristique des « hommes bleus », la réémergence de la question des nationalités du nord Mali, et surtout de la minorité Touareg » (janvier 2013).
Les Touaregs tout comme toutes les autres nationalités sont des Maliens. Le sécessionnisme touareg est porteur d’un conflit sans fin entre les pays frontaliers du Sahel allant de la Mauritanie jusqu’au Tchad. La dissémination des Touaregs tout le long du Sahel-Sahara rappelle la complexité de la question des Kurdes éparpillés entre Turquie, Irak, Syrie, etc. Cet héritage de la balkanisation coloniale ne peut avoir de solution durable à l’intérieur de chaque territoire où ils vivent que sur la base d’une politique démocratique par laquelle le droit à l’autodétermination prend la forme de l’égalité citoyenne entre toutes les nationalités pour ne pas devenir une obligation de séparation. Le droit au divorce n’est pas forcément une obligation de divorce.
En outre l’existence d’un mouvement Songhaï « ganda khoï » (qui signifie ‘la terre est à nous’) pose la question de la cohabitation sur un même espace territorial de plusieurs nationalités par l’égalité citoyenne des droits permettant le vivre ensemble démocratique.
Pour une solution panafricaine démocratique anti-impérialiste de nos différents
En plus de cette question transfrontalière des nationalités, plusieurs sources font état de puits de pétrole et de gaz souterrains partagés entre le Mali et l’Algérie. Il est même fait état que les impérialistes français et européens auraient même commencé l’exploitation pendant l’interdiction de la présence malienne à Kidal, mais aussi que l’Algérie pompait aussi sa part de ce gâteau pétrolier et gazier.
Une fois Kidal libéré de l’occupation franco-djihado-terroriste-séparatiste, les États malien et algérien ont tout intérêt à évaluer la nouvelle situation ainsi créée pour envisager une nouvelle coopération tenant compte des nationalités et des richesses de chaque côté de la frontière.
Les bourgeoisies et les petites bourgeoisies nationales souverainistes doivent considérer leurs contradictions de classes comme secondaires et apprendre à les régler dans le cadre du nécessaire front panafricain contre les agressions multiformes et protéiformes de l’impérialisme Otano françafricain, eurafricain, usafricain. C’est ainsi et seulement ainsi que l’on évitera l’instrumentalisation des contradictions secondaires pour liquider les unes après les autres les actuelles expériences souverainistes. C’est l’exemple donné par l’AES qui confédéralise le Mali, le Burkina, le Niger.
La contradiction principale oppose au sein de chaque pays et à l’échelle des États africains : les camps néocolonial et souverainiste, les pays néocoloniaux et souverainistes. S’unir pour chasser les impérialistes tout en cherchant des solutions démocratiques sans ingérence dans les affaires internes de chaque pays est un impératif stratégique vers la libération africaine.
Rappelons aux frères algériens que l’appellation de « putschistes » est une insulte contre l’AES aujourd’hui que les impérialistes avaient utilisé contre le coup d’État militaire qui avait donné un coup d’arrêt à la prise du pouvoir par le Front Islamique du Salut (FIS) dont l’un des chefs takfiristes avait pour programme de « tuer les 2/3 des Algériens pour que le 1/3 restant suive la voie de dieu ».
Une fois la tension retombée, il faut reprendre le dialogue panafricain entre le Mali et l’Algérie, entre l’AES et l’Algérie pour lever les malentendus et trouver les modalités du règlement des différends existants. C’est cela l’intérêt des peuples africains dans la longue marche vers l’unité des peuples libres d’Afrique.
09/04/25
PUTSCH INSTITUTIONNEL EN GUINEE BISSAU
QU’APPRENDRE SUR L’ETAT HORS LA LOI, LA CEDEAO ET L’AES ?
Diagne Fodé Roland
Embalo dont le mandat présidentiel est expiré vient de prolonger illégalement sa présidence et renie sa promesse de ne pas candidater le 30 novembre 2025.
Le même avait déjà prétexté un prétendu coup d’état pour suspendre l’Assemblée Nationale où le peuple avait donné la majorité de 54 députés au PAIGC et changé brutalement le gouvernement pour mettre ainsi arbitrairement par décret présidentiel fin à la cohabitation décidée par le vote populaire.
Le siège du PAIGC, qui fait face au palais présidentiel, avait été pris d’assaut par un détachement des forces de l’ordre pour y effectuer en vain des fouilles sous le prétexte de rechercher des caches d’armes dans le quartier résidentiel qui abrite aussi le domicile privé de Domingos Pereira et de plusieurs autres responsables du PAIGC.
La dissolution arbitraire du parlement le 4 décembre 2023 a un rapport avec le fait que celui-ci s’apprêtait à voter une loi pour demander la fin et le départ immédiat des forces de la CEDEAO qui manifestement ne sont là que pour protéger Embalo intronisé dans un hôtel en présence du seul Macky Sall et non pour préserver la démocratie, l’état de droit. Une commission parlementaire avait aussi été mise en place pour élucider le dossier du « faux coup d’État » de février 2022 que le président Embalo aurait fomenté contre sa propre personne occasionnant des pertes en vies humaines et l’arrestation de plusieurs hauts officiers et des civils.
Il apparaît de plus en plus clairement que les perspectives de l’élection présidentielle sont à l’origine de ces coups d’état institutionnels d’Embalo qui avait été battu à plate couture lors des législatives du 4 juin 2023 par la coalition politique PAI – Terra Ranka, dirigée par son principal opposant, Domingos Simoes Pereira, leader du PAIGC.
Hanté par la perte prévisible du pouvoir, le président Embalo veut éliminer son principal adversaire Domingos Pereira. Ce qui rappelle les pratiques de l’État hors la loi de Macky/APR/BBY au Sénégal. Tous ces forfaits liberticides ont été réalisés dans un silence assourdissant du club néocolonial de la CEDEAO contre lequel des organisations communistes, panafricaines, anti-impérialistes et populaires ont fondé avec le PAIGC à Accra le 10 décembre 2022 WAPO/OPAO (Organisation des Peuples d’Afrique de l’ouest).
Le malheur de la Guinée Bissau est une conséquence de l’assassinat d’Amilcar Cabral
Le 20 janvier 1973 des traîtres infiltrés dans le PAIGC manipulés par le colonialisme fasciste portugais tuaient à bout portant le leader révolutionnaire des mouvements de libération armée des colonies portugaises d’Afrique, Amilcar Cabral. Le 24 septembre 1973, la Guinée Bissau et le Cap-Vert unis proclamèrent leur indépendance que le colonisateur portugais ne reconnut que le 10 septembre 1974 après la « révolution des œillets » qui renversa la dictature fasciste de Salazar comme l’avait prévu fort justement Amilcar Cabral.
Le 14 novembre 1980, le général Joao Bernardo Vieira, premier ministre opérait un coup d’état ethniciste qui conduisit à la séparation entre la Guinée Bissau et le Cap-Vert. Avant le coup d’État, l’unification était inscrite dans les constitutions des deux territoires dirigés par le PAIGC qui les définissait comme "deux corps avec un seul cœur" comme le voulait son fondateur Amilcar Cabral.
Les contradictions entre nationalités et l’irrésolution de la question nationale coloniale une fois l’indépendance obtenue sont une des causes de ce divorce fratricide. A ce facteur relevant du processus de la formation des nations à partir d’une composante plurinationale que les anthropologues colonialistes appellent « ethnies » ou « tribus » en lieu et place de « nationalités », il faut ajouter celui de la primauté militariste sur le politique confirmant en cela la formule pertinente de Thomas Sankara : « un militaire sans conscience politique est un criminel en puissance ».
C’est une problématique qui a traversé toutes les expériences de guerre de libération nationale en Afrique et dans le monde. Comme l’écrit Eduardo Mondlane fondateur du FRELIMO au Mozambique « Beaucoup de ces nouveaux ‘’responsables’’ n’avaient jamais été à l’école avant d’entrer dans l’armée ; ils étaient illettrés, n’avaient pas reçu d’éducation… lors de leur enrôlement avant le début de la guerre. Ils ont acquis la capacité de diriger grâce à leur expérience pratique du combat et du travail politique, ainsi que par le programme d’enseignement de l’armée… l’armée apporte son concours à l’élévation du niveau de l’enseignement… de même qu’à l’éveil d’une conscience politique. Les recrues apprennent… à lire, écrire… l’armée devient l’école du peuple, ainsi que son université. Dans la brousse, dans les montagnes et les champs avec le ciel comme seul toit ».
Manifestement les expériences des luttes de libération nationale armée en Afrique ont montré de grandes prouesses populaires et fécondé des leaders et théoriciens révolutionnaires de gauche, voire communistes comme Cabral du PAIGC, Mondlane et Machel du FRELIMO, Neto et Lucio Lara du MPLA, Mulele et Laurent Kabila en RDC, Um Nyobe/Moumié/Osendé/Ouandié de l’UPC, Fred Rygiema du FPR Rwandais, mais qui, en raison de conditions objectives, ont souvent enseigné, mais n’ont pas eu le temps de former suffisamment les militants pour que le Parti commande au fusil, pour que la formation à la théorie révolutionnaire commande à la pratique combative armée. Tous ces dirigeants et théoriciens des révolutions indépendantistes africaines ont exprimé la nécessité que la politique commande au fusil et non le contraire.
Eduardo Mondlane pensait pour empêcher que le fusil ne commande au parti qu’il était suffisant que « le Comité Central (soit) l’organe politique suprême du FRELIMO, il n’y a donc pas de contradictions, car les cadres militaires appartiennent au Comité Central, tandis que celui qui est à la tête du Comité Central préside aux réunions du Département de la Défense ». Ce précepte juste était juste mais insuffisant.
Au Rwanda sous la direction de Kagame, en Angola sous Eduardo dos Santos, en Algérie après l’intermède Boumédiène, en Guinée Bissau sous Nino Vieira, et dans bien d’autres pays, ce sont les militaristes qui, une fois l’indépendance politique obtenue, ont constitué une bourgeoisie bureaucratique d’État pour lancer ces pays, ayant arraché l’indépendance par la lutte armée populaire, dans la « mondialisation libérale » en se vassalisant aux diktats libéraux du FMI et de la Banque Mondiale. Même si ils ont plus d’acquis souverainistes que les colonies devenues néo-colonies, les régimes militaires même convertis en régime civil ensuite se sont inféodés à la françafrique, l’eurafrique, l’usafrique à l’exception de Thomas Isidore Sankara.
Au contraire, en Asie, ce que les communistes révolutionnaires ont réalisé est ainsi résumé par le Maréchal Giap : « Le principe le plus fondamental de la construction de l’armée est de la mettre sous la direction du parti, et dans l’armée de consolider la direction du parti : le parti est le fondateur, l’organisateur et l’éducateur de l’armée ».
En Guinée Bissau, le malheur a donc été le travail inachevé de formation idéologique et politique d’Amilcar Cabral. Il en est de même dans le cas de Sankara au Burkina Faso, tous les deux assassinés.
Le putschiste Embalo et la CEDEAO
Qui n’a pas entendu l’autocrate de Bissau en va-t-en guerre contre les « putschistes » (sic !) de Bamako, Ouagadougou, Niamey, bref l’AES, en écho à Ouattara de Côte d’Ivoire, Talon du Bénin et Tinubu du Nigeria au nom de la CEDEAO ?
Pris dans le piège de sa propre turpitude, le voilà qui expulse « la commission de 8 membres de la CEDEAO dirigée par l’ancien ministre des affaires étrangères du Nigeria pour rencontrer les leaders de l’opposition afin d’entamer des discussions au menu desquelles la recherche de solutions à cette crise politique lourde de dangers » comme on peut le lire dans la presse. Que va faire le club des chefs d’États néocoloniaux devant l’humiliation infligée par un de ses pairs prétendument « anti-putschiste » d’hier ? Que vont faire les deux présidents souverainistes Sénégalais et Ghanéens encore membres de la CEDEAO pour ne pas désespérer le peuple frère Bissau-Guinéen ?
Difficile de ne pas donner un certain crédit à ces propos que nous lisons dans la presse : « En organisant la signature des accords de cessez-le-feu définitif entre le gouvernement du Sénégal et le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) au même moment que l’opposition et la société civile bissau-guinéenne contestent ce report, Umaro Sissoko Emballo n’a-t-il pas voulu allumer un contre-feu ? Pour certains analystes, le Président bissau-guinéen sortant multiplie les initiatives dans le but seul d’éclipser la dynamique de l’opposition et de la société civile hostile à toute prorogation de son mandat. Avec cette signature, Emballo fait l’actualité dans son pays, joue la montre et fixe son chronogramme à maxima, non sans brandir sa force à travers sa garde présidentielle solidement armée à l’opposé de l’armée régulière sous-équipée ». L’on se souvient qu’en 1998, Nino Vieira avait aussi fait appel à notre armée nationale sous Abdou Diouf dans un conflit interne fratricide qui lui sera ensuite fatal.
Les militaristes françafricains, eurafricains, usafricains n’ont été reconvertis en politiques civils par les « conférences nationales » et les renégats de la gauche historique ont tout simplement été intégrés par le système des privilèges indus et de la corruption dans la gouvernance néocoloniale mondialiste pilotée par le FMI/BM/OMC.
Le putschiste Embalo et l’AES
Deux formes caractérisent l’avènement de nouveaux pouvoirs souverainistes actuellement : d’une part la victoire électorale de l’offre politique du parti souverainiste comme c’est les cas au Sénégal et au Ghana et d’autre part dans un contexte d’insécurité armée djihado-terroriste et séparatiste, le parachèvement par un coup d’état des mobilisations populaires en raison de l’inexistence d’offre politique, notamment de la part des gauches devenus traîtres au souverainisme anti-impérialiste prôné jadis comme c’est le cas au Mali, Burkina, Niger.
Seuls la droite libérale et les socialistes libéraux, tous néocoloniaux, agitent désespérément en écho à la propagande des impérialistes occidentaux le piège attrape-nigaud qui consiste à opposer ces deux formes de prise de pouvoir souverainiste.
Ces pouvoirs civils ou militaires souverainistes ont tous hérité d’un État néocolonial et d’une classe politique corrompue par plus de 60 années de continuité de la gouvernance néocoloniale civile ou militaire. Tous héritent d’un affaiblissement politique et syndical général des classes laborieuses et des forces démocratiques organisées anti-impérialistes et de la nécessité d’élever le niveau de conscience souverainiste du peuple.
Tous héritent aussi d’une économie néocoloniale extravertie dans laquelle les entreprises impérialistes contrôlent les secteurs clefs stratégiques surtout depuis la dévaluation du franc colonial CFA. Tous sont amenés à frayer la voie à leur souveraineté nationale dans le contexte actuel d’hégémonie des impérialistes USA/UE/OTAN/Israël/G7 et de remise en cause de cette hégémonie prédatrice impérialiste par les BRICS et les pays socialistes résistants que sont la Chine populaire, la Corée du nord puissance nucléaire défensive, le Vietnam puissance économique en construction, Cuba puissance médicale et pharmaceutique.
Ils ont tous besoin d’un PARTI et/ou d’un FRONT souverainistes qui soutiennent les politiques de souverainisation de l’appareil d’État, de l’économie nationale, de la diplomatie et la défense nationale. Le PARTI et le FRONT doivent contrôler le gouvernement à travers les députés ou les représentants dans les institutions de la transition. Le PARTI et/ou le FRONT doivent expliquer au peuple les mesures successives des étapes vers la décolonisation politique, économique et culturelle.
Il est donc fondamental d’étudier les expériences de la première phase de la lutte de libération africaine pour savoir d’où on vient, où en est-on et où aller en ne confondant pas changement d’homme ou de gouvernement et libération nationale de l’oppression néocoloniale.
Le parti souverainiste anti-néo-colonial et anti-impérialiste doit, à terme, commander au fusil et au leadership individuel et personnalisé pour garantir au maximum la continuité stratégique et opérer les ruptures tactiques conduisant et mobilisant le peuple sur le chemin ardu de la libération nationale.
La Guinée Bissau est plongée depuis des décennies dans le marais nauséabond du narcotrafic et de la corruption généralisée qui contaminent les hautes sphères de l’appareil d’État néocolonial dont le PAIGC veut sortir le pays. La nature mafieuse des régimes successifs depuis le coup d’état de 1980 est criante. La lutte de l’actuel pouvoir de gauche Colombien contre le narcotrafic alimente la crise interne des revenus tirés du narcotrafic au sein de la bourgeoisie politico-militaire en Guinée Bissau.
Le front politique mis en place par le PAIGC dont le candidat à la présidentielle est Domingos Simoes Pereira apparaît comme l’alternative à l’État hors la loi autocratique de Embalo/Madem, cette coalition néocoloniale libérale qui règne avec brutalité sur le pays d’Amilcar Cabral.
L’offre politique du PAIGC doit rassembler et unir toutes les forces vives patriotiques de Guinée Bissau pour chasser l’autocratie militaro-bourgeoise qui y sévit depuis le coup d’état anti-panafricain qui a fait éclater l’unité avec le Cap-Vert.
14/03/25
19, 20, 21 NOVEMBRE 2024
NIAMEY : CAPITALE DE LA SOLIDARITÉ ANTI-IMPÉRIALISTE PANAFRICAINE ET INTERNATIONALE
Diagne Fodé Roland
Sous le patronage du Général Thiani, président du Niger et du Comité National de Sauvegarde de la Patrie (CNSP) représenté par le premier ministre et en présence des Ambassadeurs accrédités à Niamey et des militants souverainistes du Niger, s’est tenue une conférence panafricaine et internationaliste de solidarité avec les peuples de l’AES initiée par l’Organisation Panafricaine de l’Afrique de l’Ouest (WAPO/OPAO) et Panafrican Today (PAT).
Dans la grande salle de conférence Mahamat Gandhi pleine à craquer et lors du meeting à la place de la patrie, WAPO/OPAO et PAT ont exprimé avec force leur solidarité sans faille avec les expériences souverainistes en cours dans les pays de l’AES.
Le thème de la conférence « pour l’unité anti-impérialiste, paix et solidarité entre les peuples » a été décliné durant trois jours lors des panels sur « Début de la fin de l’impérialisme déchaîné », « les femmes dans la lutte panafricaine », « Sahel, seconde indépendance », « les jeunes dans la lutte panafricaine » et « quel est le chemin vers l’unité continentale ».
Après la rencontre avec le peuple mobilisé de Niamey, le chef de l’État et le gouvernement de la transition ont reçu une délégation de WAPO/OPAO et de PAT pour exposer les politiques souverainistes en cours au Niger et dans l’AES.
Comment le peuple du Niger s’est débarrassé des bases militaires de l’OTAN ?
Le mensonge officiel de « l’aide anti-terroriste » justifiant la présence militaire françafricaine et usafricaine au Niger a été démasqué par le massacre de Terra des jeunes commis par l’armée française chassée du Burkina. La jeunesse nigérienne s’était mobilisée lors du passage du convoi militaire français en terre africaine du Niger pour dire « armée française, allez vous en ».
Des interpellations du gouvernement néocolonial de Bazoum lequel pactisait de fait et libérait des terroristes arrêtés par les militaires de terrain sont restées sans suite.
Ces faits ont accéléré la prise de conscience de la nécessité d’en finir avec la duplicité Otanienne dans sa prétendue « lutte contre le terrorisme », de stopper le pillage des richesses minières du sous sol et la servilité des pouvoirs néocoloniaux soumis aux diktats du FMI/BM. Très vite s’est amplifiée la conscience que l’OTAN mène une guerre de reconquête coloniale en terre sahélienne d’Afrique.
L’impérialisme français étant le principal bénéficiaire de la spoliation séculaire subie par le Niger, en particulier le profiteur AREVA/ORANO et sa présence militaire au service de cette oppression a mobilisé ses laquais de la CEDEAO pour menacer et préparer une guerre contre le coup d’état qui a parachevé les mobilisations populaires des jeunes et des femmes dans tous le pays contre la tuerie de Terra, les préparations de la guerre d’agression de la CEDEAO et les contestations militantes de masses du vol électoral présidentiel par le régime néocolonial.
L’union militaire avec le Mali et le Burkina souverains a été décisive pour dissuader le club fantoche des présidents couchés de la CEDEAO derrière lequel est tapis l’impérialisme dans sa décision de faire la guerre au Niger.
Ces facteurs essentiels vont progressivement faire converger et fusionner les mouvements populaires pour déboucher sur l’encerclement durant 5 mois des bases militaires françaises et contraindre à leur départ du pays. Voyant que leur tour allait venir, les USA ont anticipé en acceptant que leurs bases de drones de AFRIKOM quittent le pays à la demande du pouvoir de la transition. Ces cinq mois durant tous les points stratégiques de Niamey ont été occupés par les jeunes et les femmes pour dire NON à la guerre de la CEDEAO néocoloniale contre notre pays. Deux fois par semaine, les points stratégiques de Niamey demeurent des lieux d’une mobilisation permanente des mouvements populaires contre la françafrique, l’eurafrique et l’usafrique.
Le mouvement syndical relativement à la traîne est entrain de basculer après quelques hésitations dans le camp du peuple à la quête de l’affermissement et la consolidation de la souveraineté nationale et de l’unité panafricaine en construction dans l’AES.
Comme le dit le jeune chanteur nigérien « dites aux carnivores impérialistes que nous ne sommes plus des herbivores inoffensifs, mais des impérialivores… réincarnation des Sankara, Cabral, Sékou Touré, Modibo, Lumumba, Nkrumah, Chavez, Fidel, Che Guevara, Oncle Hô, etc ».
Avec pour avant-garde les jeunes et les femmes, c’est donc le peuple par sa mobilisation déterminée et massive qui a fait échouer tous les complots des impérialistes et de leurs valets de la CEDEAO que les Nigériens appellent « les présidents esclaves gris-grisés » contre la victoire de l’option souverainiste au Niger.
26 juillet 2023 la seconde et vraie indépendance
Comme dans toutes les néo-colonies françafricaines, l’indépendance de 1960 s’est soldée par les « 11 accords du pacte colonial » françafricain imposant la monnaie coloniale CFA, les bases militaires, le monopole quasi exclusif d’exploitation de notre sol et sous sol par les Firmes capitalistes françaises et l’alignement diplomatique sur l’ex-métropole coloniale, etc.
Le peuple du Niger parle de plus en plus de la date du 26 juillet 2023 comme la « seconde et vraie indépendance ». La redécouverte des figures étatiques précoloniales comme Sony Ali Ber, Mali Berro, Sarraouina Mongou…, des figures de la résistance vaincue contre l’annexion coloniale et des leaders et partis anti-coloniaux comme Djibo Bakari, Sawaba, Abdou Moumouni, PAI,... est résumée par la formule suivante entendue : « l’histoire ne ment jamais sauf si on la laisse raconter par les menteurs colonialistes ».
Débaptiser les rues portant les noms des colons pour les rebaptiser par des noms des résistants nigériens, africains ou des anti-impérialistes d’Amérique du sud, d’Asie ou d’Europe, décoloniser les programmes scolaires, mener la bataille pour la vérité médiatique et mettre en place une commission nationale pour réécrire le nouveau narratif de l’histoire nationale sont les actions en cours de réalisation.
Le peuple du Niger nous a expliqués que « les Plans d’Ajustement Structurel (PAS) du FMI/BM ont produit des diplômés et non des intellectuels », « pour nous recoloniser l’impérialisme a fabriqué le terrorisme, les terroristes et fait de certains de nos enfants des terroristes », « les impérialistes et leurs terroristes détruisent nos écoles, nos hôpitaux, nos villages, tuent nos instruits, nos populations et osent dire que c’est nous les sauvages, les barbares », « c’est nous qui nourrissons la France, l’Europe et les USA impérialistes pendant ce temps nous mourrons de faim et vivons dans la misère et maintenant de leurs guerres par terroristes interposés contre nous et les autres peuples », etc.
Voilà pourquoi et comment ce peuple justifie le coup d’état de la fraction patriotique de l’armée : « en 2006 le Niger recevait 300 milliards alors que AREVA/ORANO empochait 2300 milliards de francs CFA », « la démocratie multipartite des impérialistes a créée des gouvernants corrompus qui font de nos enfants des mendiants mal nourris et affamés alors que nous marchons sur des richesses qui sont volées par eux avec la complicité des démocrates à leur solde », « leur démocratie est en vérité une dictature qui nous affame, les enrichit ainsi que leurs gouvernements soumis de chez nous », « les impérialistes disent que nous sommes pauvres alors que notre misère fait leur richesse », etc.
De ce diagnostic, le peuple en bon médecin affirme que « nous nous sommes levés pour nous libérer, cette fois nous ne leur permettrons pas de revenir nous dominer » en « reprenant en main nos richesses pour les mettre au service de nos intérêts à tous », en « développant l’esprit d’insoumission à l’aliénation culturelle », en « luttant contre le gain facile qui n’est pas le fruit du travail digne et honnête », en « remettant au travail le peuple avec un esprit professionnel », en « mettant la science, la technique au cœur de la libération nationale », en « patriotisant notre armée nationale et en construisant notre armée panafricaine commune de l’AES », en « créant notre monnaie propre avec nos peuples frères de l’AES », en « organisant l’unité de toutes les forces nationales qui ont participé à la libération », en « forgeant l’unité des peuples de l’AES comme États libres des peuples libérés d’Afrique en attendant que les États gris-grisés de la CEDEAO et du continent se libèrent aussi pour nous rejoindre ».
Telles sont les paroles entendues par notre délégation panafricaine et anti-impérialiste et des perspectives issues des échanges lors de la conférence panafricaine et internationale anti-impérialiste de Niamey.
Telle est l’invite faite par les peuples libérés de l’AES aux autres peuples de notre sous région ouest africaine et à toute l’Afrique.
Longue vie à la seconde phase de libération africaine.
25/11/24
STOPPONS L’OTANISATION DU TERRORISME AU SAHEL
Diagne Fodé Roland
L’embuscade terroriste de Tinzawatène au Mali dans laquelle sont tombés des dizaines de militaires a provoqué la riposte combinée de l’AES et la rupture des relations diplomatiques du Mali avec l’Ukraine. L’ambassade ukrainienne au Sénégal s’est fendue d’une propagande élogieuse sur son site provoquant un communiqué dénonciateur du Ministère de l’intégration africaine et des affaires étrangères de notre pays. Force est de constater que ces provocations coïncident avec le blocage du décaissement de la levée de fonds de 230 milliards de francs CFA du nouveau pouvoir sénégalais par les institutions de Bretton Woods. N’est-ce pas là des manœuvres pour déstabiliser la transition actuelle au Sénégal après la victoire électorale du camp souverainiste ? Ces faits indiquent une Otanisation du terrorisme djihadiste dans le Sahel et plus généralement en Afrique.
De l’échec de l’occupation militaire du Sahel
Kadhafi a été tué et la Libye divisée par l’agression militaire illégale de l’OTAN dont l’objectif était de mettre fin au financement par l’argent des pétrodollars libyens souverains d’une banque africaine souveraine qui mettait en cause l’assujettissement des Etats africains au FMI et la Banque Mondiale, d’un satellite africain qui rompait la dépendance audiovisuelle africaine, etc. Faisant d’une pierre deux coups, la françafrique, l’eurafrique et l’usafrique en ont profité pour infester le Sahel de terroristes djihadistes qui veulent transformer nos États en Califats et de séparatistes armés pour le Mali.
Alliés contre le communisme et les Etats laïcs indépendantistes, les impérialistes françafricains, eurafricains et usafricains et les terroristes djihadistes, une fois atteint l’objectif commun de détruire l’indépendance nationale et la séparation entre citoyenneté politique et foi religieuse, leurs contradictions les opposent. C’est ainsi que les impérialistes étatsuniens ont sorti du chapeau leurs théories de « guerres de civilisations, des religions, des cultures » pour planifier leur soi-disant « guerre contre le terrorisme ».
Et pourtant l’armée malienne fut interdite d’entrer à Kidal conformément à la promesse faite aux séparatistes de l’Azawad par l’impérialisme français lors de la destruction de la Libye. Le vieux projet français de balkanisation qu’est l’OCRS (organisation commune des régions sahariennes) mis en échec par la solidarité panafricaine entre le FLN algérien et l’US-RDA entre 1960 et 1962 est de nouveau réactualisé contre l’unité territoriale et l’unité nationale du Mali. Contre ce projet colonial d’alors Modibo Keita avait déclaré au moment de la cessation des hostilités en Algérie le 19 mars 1962 : « Aussi, notre reconnaissance est grande, qui s’est exprimée par la solidarité inconditionnelle de la République du Mali avec les frères de l’Algérie Combattante. C’est dire combien notre joie est immense, devant la victoire de ceux auprès desquels dès 1960, le peuple du Mali s’est considéré mobilisé. La victoire du Front de Libération qui a su imposer le respect de la souveraineté et de l’intégrité de l’Algérie Africaine est aussi celle de tous ceux qui, comme les Maliens, n’ont rien ménagé pour en assurer le succès. Victoire du Front de Libération Algérienne, victoire de l’Afrique Combattante, mais aussi victoire des peuples épris de paix au premier rang desquels le peuple de France qui voit mettre un terme aux sacrifices inutiles de ses cadres et de sa jeunesse et à l’hémorragie financière ».
Il est temps après la reconquête de Kidal et la fin de fait de "l’accord d’Alger" que l’Algérie, qui a écrasé les forces djihado-terroristes de sa décennie noire, renvoie l’ascenseur de la solidarité panafricaine au Mali. Les ressources pétrolières partagées entre ces deux pays doivent faire l’objet d’une négociation gagnant-gagnant tout comme celles gazières entre le Sénégal et la Mauritanie.
Les démocratures néocoloniales qui se sont succédé du coup d’État françafricain militariste de Moussa Traoré à IBK en passant par l’ADEMA ont fini par chuter lors du parachèvement du soulèvement populaire qui a précédé le coup d’État souverainiste des 5 colonels. La nouvelle expérience souveraine en cours a aussitôt été rejoint par le Burkina et le Niger, pays aussi confrontés aux métastases djihado-terroristes et dans lesquels il y avaient des mobilisations populaires contre l’insécurité et l’inféodation néocoloniale des démocratures successives.
Les sanctions et menaces de guerre de la CEDEAO/UEMOA sous l’égide de l’impérialisme français contre ces pays membres ont révélé au grand jour la nature néocoloniale de ces institutions d’intégration panafricaine sous régionale et provoqué le départ puis la création de la Confédération AES.
L’expulsion des militaires françafricains, eurafricains et usafricains de l’AES met fin à l’occupation militaire de ces Etats du Sahel et leur permet d’avoir une souveraineté stratégique sur le plan militaire, de la coopération économique, diplomatique et militaire. Si la guerre contre le terrorisme demeure l’équation urgente numéro un à résoudre, seule une politique souveraine et démocratique de large rassemblement des forces vives patriotiques permettra dans la durée de préserver l’intégrité territoriale et l’unité nationale mises en danger par le projet de recolonisation impérialiste.
à l’otanisation du terrorisme
On l’a vu en Syrie, les impérialistes USA et UE ont armé les fanatiques religieux panislamistes pour s’attaquer à l’État laïc indépendant mais ont été vaincu grâce à l’unité nationale démocratique multiconfessionnelle citoyenne entre les musulmans Sunnites, Chiites, Alaouites, les Chrétiens, etc. La séparation entre religion et citoyenneté, entre liberté religieuse privée et personnelle et citoyenneté politique collective a été le facteur principal en plus de l’appui militaire décisif de la Russie bourgeoise, économique, diplomatique de la Chine communiste et stratégique des Etats indépendantistes du Sud global comme Cuba socialiste, le Venezuela de Chavez/Maduro, le Brésil de Lula/Dilma, le Nicaragua, la Bolivie d’Evo/MAS, la Corée du nord, le Vietnam, les BRICS, etc.
Une fois leur double jeu démasqué et leurs militaires expulsés, les mêmes impérialistes refont maintenant un remake contre les États de l’AES. L’OTAN et ses laquais fascistes partisans de Bandera mis en échec en Ukraine, cherchent manifestement à exporter l’affrontement sur la terre africaine du Sahel.
Les impérialistes ne renoncent jamais à leur objectif de briser le vent souverainiste qui souffle sur l’Afrique. L’instrumentalisation néocoloniale de l’UEMOA/CEDEAO contre l’AES ayant été éventrée, la souveraineté nationale malienne, burkinabé et nigérienne ayant expulsé les bases militaires françaises et étatsuniennes et le bâclage de l’évacuation non concertée des camps de la MINUSMA ayant été contré, la défaite de l’OTAN en Ukraine se profilant, il s’agit maintenant de transférer l’affrontement sur la terre africaine du Sahel pour tuer dans l’œuf à la fois le multilatéralisme et le souverainisme montants contre l’unilatéralisme hégémonique séculaire de l’Occident US/UE/Israël/Japon impérialiste.
Les communiqués des nazis alliés de l’OTAN en Ukraine et la provocation de l’ambassade ukrainienne à Dakar sont aussi en réalité une tentative de semer la méfiance et la zizanie entre le Sénégal et l’AES, en particulier avec le Mali. Si l’Ukraine fasciste pro-OTAN persiste dans ce jeu sordide, il faudra une rupture diplomatique du Sénégal souverainiste.
Les impérialistes confrontés à la montée du souverainisme et du panafricanisme en Afrique cherchent coûte que coûte à opposer l’expérience souverainiste militariste malienne et partant du Burkina et du Niger formant la Confédération AES à celle souverainiste civile du Sénégal. C’est l’éternelle tactique du diviser pour régner.
Rassembler dans chaque pays le camp souverainiste dans sa diversité et faire converger les expériences souverainistes d’États dans leur diversité sur la base de l’unité, critique, unité sont deux tâches pour un traitement correct des contradictions secondaires internes au mouvement national panafricain dans l’intérêt de vaincre la contradiction principale entre nos peuples et l’impérialisme.
06/08/24
25 MAI JOURNÉE DE L’AFRIQUE
TIRONS LES LEÇONS DE NOS AÎNÉS POUR LIBÉRER L’AFRIQUE
DU NÉO-COLONIALISME
Diagne Fodé Roland
Le 25 mai 1963 naissait à Addis-Abeba, capitale du seul État africain qui a vaincu le colonisateur, l’Organisation de l’Union Africaine (OUA).
L’Afrique comptait alors 32 États devenus 54 aujourd’hui en attendant que la République Sahraouie accède à l’indépendance.
Se souvient-on que deux projets s’affrontèrent le 24 mai 1963 :
– Celui porté par Kwame Nkrumah, Sékou Touré, Modibo Keita, etc, qui préconisait la mise en place « d’un Comité des ministres des affaires étrangères, des fonctionnaires et des experts, (qui) devrait être habilitée à établir : (1) Une commission pour élaborer une constitution pour un Gouvernement de l’Union des États africains. (2) Une commission pour élaborer un plan à l’échelle du continent pour un programme économique et industriel unifié pour l’Afrique ; ce qui devrait inclure des propositions pour la mise en place : d’un marché commun pour l’Afrique ; une monnaie africaine ; une zone monétaire africaine ; une banque centrale africaine ; un système de communication continentale ; une commission chargée d’élaborer une politique étrangère commune et la diplomatie ; une commission chargée d’élaborer des plans pour un système commun de défense ; une commission devant faire des propositions pour une citoyenneté africaine commune ».
– Celui porté par L.S. Senghor et Houphouët Boigny, etc d’une unité par « cercles concentriques » qui maintenaient « l’intangibilité des frontières héritées du colonialisme ». Cette approche par « cercles concentriques » permettant de créer des « groupements sous régionaux de coopération économique ».
Le compromis qui fut trouvé consacrait la naissance de l’OUA sur la base de l’unité « pas à pas » qui a permis de fait aux anciennes puissances coloniales de manœuvrer avec leurs néo-colonies en Afrique pour retarder au maximum l’avènement de l’Unité africaine. Cela perdure jusque de nos jours.
C’est ce ratage d’alors qui fait qu’aujourd’hui 64 ans après, le sentiment renforcé de l’appartenance nationale à chaque État post-colonial est devenu une réalité et s’impose comme la base du nécessaire futur État fédéral panafricain. C’est ce compromis
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