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Mobilisations et multipartisme en Afrique entre 1990 et 1994

D 19 novembre 2021     H 04:30     A Régis Marzin     C 0 messages


Mobilisations syndicales et étudiantes, grèves, manifestations, émeutes pendant la période du retour au multipartisme en Afrique entre 1990 et 1994

Entre 1990 et 1994, en Afrique, le passage au multipartisme concerne 36 pays sur 52[1] : 17 anciennes colonies françaises sur 20, 13 en parti unique fin 1989, le Bénin, le Gabon, le Congo Brazzaville, le Mali, le Togo, le Niger, Madagascar (coalition unique), les Comores, l’Algérie, la Côte d’Ivoire, le Cameroun, la Centrafrique et Djibouti, 4 en régime militaire, le Tchad, le Burkina Faso (qui connaît un début de parti unique), la Mauritanie et la Guinée, 8 anciennes colonies britanniques, 6 en parti unique, les Seychelles, le Kenya, la Sierra Leone, la Zambie, le Malawi, la Tanzanie et 3 régimes militaires, le Ghana, le Lesotho et le Nigéria (qui échouera à mettre en place un bipartisme et restera en régime militaire), 5 anciennes colonies portugaises toutes en parti unique, Sao Tomé-et-Principe, le Cap-Vert, la Guinée Bissau, l’Angola en guerre, et le Mozambique en guerre, 3 anciennes colonies belges en parti unique, le Zaïre, le Rwanda et le Burundi, 1 ancienne colonie espagnole, la Guinée équatoriale, et un pays qui n’a pas connu de colonisation, l’Ethiopie en fin de guerre, qui ira ensuite vers du parti unique de fait.

Ainsi, sur 52 pays en 1990, 20 ex-colonies françaises, 19 ex-colonies britanniques[2], 5 ex-colonies portugaises, 3 ex-colonies belges, 2 ex-colonies italiennes[3], 1 ex-colonies espagnole, 2 pays sans colonisation, 36 vont vers le multipartisme et deux échouent totalement, le Nigéria qui reste en régime militaire et l’Ethiopie qui voit s’installer en pratique en ‘parti unique de fait. Sont donc exclus de ce mouvement 16 pays, 3 côté ex-empire français, la Tunisie, le Maroc et le Sénégal, qui connaissent déjà une forme plus ou moins aboutie de multipartisme, 11 côté ex-empire britannique, six pays déjà en multipartisme, le Botswana, l’Ile Maurice, la Gambie, déjà en démocratie, l’Egypte et le Zimbabwe, déjà en multipartisme limité sans démocratie, et, l’ex-colonie sud-africaine en construction, la Namibie, un pays en multipartisme limité en apartheid, l’Afrique du sud (dans la même période traversé par des luttes de démocratisation au travers de la lutte contre l’apartheid), et 3 régimes militaires, l’Ouganda, le Soudan et le Swaziland (le Nigéria échouant par ailleurs à mettre en place un bipartisme), 2 ex-colonies italiennes, la Libye totalement figée en dictature et la Somalie en guerre civile, et un pays constamment indépendant, le Libéria revenu au multipartisme vers 1985.

Les mobilisations syndicales, étudiantes, les grèves, les manifestations se multiplient en quelques années quand émerge la demande d’une fin des partis uniques, d’une fin des dictatures civiles ou militaires, pour le multipartisme et la démocratie. L’inventaire suivant n’est pas exhaustif mais donne déjà un aperçu de l’essentiel des faits. Il donne une idée de la nature et des formes des mobilisations mais aussi une idée des positions dans les calendriers des processus nationaux et dans un calendrier africain plus général. Les luttes armées qui visent à faire partir un pouvoir et ont commencé souvent plus tôt, ne sont pas considérées.

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En Tanzanie, en 1984, une Déclaration des droits humains est introduite dans la constitution, ce qui fait progresser les libertés d’association et d’expression : des associations de droits humains commencent à réclamer la démocratie. Le ‘Mouvement pour la révocation du système à parti unique’ (Movement for the Revocation of the One-Party System) de James Mapalala demande, pour la première fois de manière médiatique en 1986[4], la fin du parti unique, et, James Mapalala et ses associés sont placés en détention préventive. Ensuite, au début des années 90, au passage au multipartisme, au moins jusqu’en 1993, la répression touche surtout les partis politiques, alors que la population ne s’engage très peu pour le multipartisme. Le CCM, l’ancien parti unique en profite pour se maintenir en dominant la vie politique.

En 1985, des luttes commencent au Bénin[5]. Elles s’intensifient en décembre 1988[6] puis encore en février 1989[7]. Elles concernent les libertés de la presse, de réunion ou d’association et à partir de juin 1989, l’exigence du départ de Mathieu Kérékou. Elles prennent encore de l’ampleur au second semestre 1989, sous formes de grèves et manifestations, soutenues sur le fond par l’église catholique. Le Parti communiste du Dahomey (PCD) appelle le 11 décembre 1989 à une manifestation qui impressionne les dirigeants, alors poussés à prendre des décisions de réformes. A la fin de la Conférence nationale souveraine (CNS) du 19 au 28 février 1990, la menace d’une poursuite et d’une reprise des grèves et des manifestations pèse dans la balance quand sont négociés les conditions d’une transition.

A partir de février 1987, au Cameroun, la crise économique provoque une agitation étudiante et des manifestations[8]. La grève du 17 décembre 1987 est sévèrement réprimée. De nouvelles mobilisations plus politiques se déroulent en 1988 et 1989[9]. Paul Biya mène une répression si forte que l’opposition est empêchée de s’organiser. A Bamenda, ville anglophone de l’Ouest, à la création du ‘Social Democratic Front’ (SDF), le 26 mai 1990, la manifestation importante[10] est fortement réprimée et six manifestants tués[11]. Le 23 mars 1991, Paul Biya refuse une conférence nationale, ce qui amène une flambée de violence dans la rue[12]. En avril 1991, la Coordination nationale des partis politiques lance depuis Bamenda dans plusieurs villes du pays l’opération “villes mortes” de désobéissance civile basée sur des manifestations, des grèves, et le non-paiement des impôts et taxes, action qui gagne tout le pays et dure jusqu’en juin 1991. Après un nouveau rejet de CNS de Paul Biya le 27 juin 1991, les « villes mortes » repartent de plus belle au travers du « Plan d’action de Yaoundé II » lancé le 5 juillet[13]. La répression des manifestations continue de faire des morts. Cette longue mobilisation, par exemple sept mois de « villes mortes » à Douala n’empêche pas le président de passer en force aux élections en inversant le résultat de la présidentielle du 23 octobre 1992.

En Algérie, du 4 au 10 octobre 1988, avant la fausse présidentielle du 22 décembre 1988 où Chadli Bendjedid est candidat unique, se déroulent des manifestations fortement réprimées et émeutes, dans un mouvement spontané qui révèle par ailleurs la présence active d’activistes islamistes. Elles font autour de 500 morts dont 250 à 300 à Alger[14]. Des journalistes, des avocats, des universitaires, des syndicalistes se battent alors contre la répression puis pour « des réformes profondes du système politique, la fin du parti unique, la garantie des libertés démocratiques ». La rue et ce mouvement plus intellectuel obtiennent fin 1988 le multipartisme sans bilan du FLN et sans transition pour construire de nouvelles institutions. A partir de 1989, le Front islamique du salut (FIS) récupère le mécontentement populaire avant d’entrer dans un conflit armé.

En mars 1989, à Madagascar, après l’élection de Didier Ratsiraka le 12 mars 1989, des manifestations ont lieu à Antananarivo et des dizaines de personnes sont tuées[15]. A partir du 14 juin 1991, des centaines de milliers de personnes[16] manifestent régulièrement pour demander la démocratie au travers d’une nouvelle constitution, mobilisées par les « ‘Forces vives’, qui regroupe(nt) 16 partis politiques et 50 organisations sociales » soutenus par les églises. Le 10 août 1991, la garde présidentielle tire sur la foule de 400 000 personnes et une cinquantaine de personnes sont tuées[17]. La mobilisation aboutit au recul de Didier Ratsiraka et au 31 octobre 1991 à la Convention de l’Hôtel Panorama qui marque l’entrée dans une transition vers la démocratie.

En janvier et février 1990, au Gabon, des manifestations précédent l’annonce par Omar Bongo d’une conférence nationale le 23 février 1990. Le 16 janvier 1991, l’Université Omar Bongo de Libreville est en grève et elle est évacuée le lendemain[18]. Des émeutes commencent le 18 et le 19[19]. Le 12 février, des grèves commencent, celles des enseignants puis d’autres catégories de fonctionnaires, qui paralysent le pays[20]. Le 23 février 1990, Omar Bongo cède et annonce une conférence nationale. Le 26 février 1990, les manifestations s’intensifient. Pendant la CN du 23 mars au 19 avril, alors qu’Omar Bongo reprend le contrôle du processus, les 23 et 24 mars, Port-Gentil connaît des manifestations et scènes de pillage, suite à une grève des travailleurs du pétrole[21].

Le 9 février 1990, neuf mois avant l’acceptation du multipartisme, au Niger, une manifestation étudiante réclamant une amélioration de leurs conditions de vie, d’études et la démocratie est réprimée par Ali Saïbou et trois étudiants sont tués[22]. Une manifestation de protestation a lieu le 12. Puis la tension baisse et une CNS aboutit sans difficulté à une démocratisation.

Vers le 19 février 1990, en Côte d’Ivoire, des manifestations étudiantes débutent sur des revendications liées aux examens et l’université d’Abidjan est fermée[23]. Début mars 1990, alors que plan d’austérité décidé en 1989 avec la Banque Mondiale et le FMI fragilise le régime, les étudiants se mettent en grève et demande le départ du chef de l’Etat. Des fonctionnaires se mettent également en grève[24]. Des violences commencent le 2 mars 1990. Le plan d’austérité est suspendu suite au mouvement social. Le 30 avril, le 3 et le 5 mai 1990, le président et le gouvernement annoncent l’instauration du multipartisme mais Félix Houphouët-Boigny, qui refuse une CNS, reprend le contrôle du processus de passage au multipartisme. En mai 1991, les manifestations étudiantes reprennent et sont « violemment réprimées »[25] en particulier les 17 et 18 mai, quand l’armée intervient sur le campus universitaire. Cela provoque une dernière manifestation de protestation le 31 mai à l’appel du parti Front populaire ivoirien (FPI). Félix Houphouët-Boigny réussit à passer le cap de l’entrée dans le multipartisme mais crée des tensions durables.

Du 25 au 27 juin 1990, en Zambie, une émeute causée par le doublement du prix de la farine de maïs dans le cadre d’un plan du FMI, démarrée par un mouvement dans les Université de Zambie (UNZA) et de l’Université de Copperbelt University (CBU)[26], est réprimée et le bilan est de 27 tués et plus de 100 blessés[27]. Les étudiants demandent aussi le départ de Kenneth Kaunda. La pression augmente alors pour réinstaurer le multipartisme de la part de « de certains membres du Parlement, d’hommes d’affaires et du mouvement syndical »[28]. Le « mouvement syndical, les étudiants universitaires et collégiaux, la société civile, l’église et les organismes professionnels tels que l’Association de droit de Zambie (Law Association of Zambia) et l’Association économique de Zambie (Economics Association of Zambia) » demande la fin du parti unique[29]. Le 28 juin 1990, alors que des affiches demandant la démission du chef de l’Etat ont été collées, l’université est fermée. Le soir-même, le président Kenneth Kaunda annonce un référendum sur le multipartisme le 17 octobre 1990. Le processus de passage au multipartisme aboutit à l’alternance au pouvoir en octobre 1991.

Du 7 au 12 juillet 1990, au Kenya, ont lieu des « émeutes pro-démocratie »[30], pour l’instauration du multipartisme et contre l’arrestation des deux principaux opposants, Kenneth Matiba et Charles Rubia, faisant « au moins vingt-deux morts, plus de soixante blessés et près de mille cinq cents arrestations »[31]. Par la suite, les ONG sont très actives, parfois financées par une aide extérieure en particulier américaine[32]. Elles réclament « l’abandon de la section 2A de la Constitution qui avait légalement supprimé le multipartisme en 1982 »[33]. Des associations de juristes et de défense des droits humains sensibilisent la population en 1991. Le 16 novembre 1991, la police empêche un rassemblement pour le multipartisme[34] et les arrestations continuent. Le 29 décembre 1992, les élections permettent à l’ancien parti unique de se maintenir.

Le 1er août 1990, au Ghana, en réaction à des séminaires sur le processus démocratique et les conseils de district organisés par Jerry Rawlings du 5 au 9 juillet 1990 et à son projet d’élections du président et d’une assemblée par les conseils de districts, est créé le Mouvement pour la liberté et la justice (Mouvement for Freedom and Justice, MFJ), présidé par le professeur Albert Adu Boahen. Le MFJ réclame la libération des prisonniers politiques, l’amnistie des exilés, un calendrier constitutionnel et la fin de l’interdiction des partis. Le MFJ rassemble fin 1990 d’autres organisations, dont l’Association du barreau du Ghana (GBA). Ces organisations réclament ensemble un débat national devant aboutir à un référendum[35]. Une fois le multipartisme instauré, fin 1992, le régime militaire se retrouve finalement légitimé par des élections qui n’ont rien de démocratique.

En septembre et octobre 1990, la Confédération syndicale congolaise (CSC), présidée par Jean-Michel Bokamba-Yangouma et indépendant du PCT le 16 septembre 1990, appelle à des grèves et à des manifestations[36]. A l’Université Marien Ngouabi de Brazzaville, les grèves des étudiants suivent le mouvement de la CSC[37]. Les syndicats veulent un « multipartisme intégral » une conférence nationale et l’enregistrement rapide des partis[38]. A la fin de l’année, les grèves continuent, soutenues par les églises. Pendant la CNS, du 25 février au 10 juin 1991, au Congo Brazzaville apparaissent aussi des groupes de jeunes qui retournent dans la rue en janvier 1992 construire des barricades[39].

Le 13 octobre 1990, en Centrafrique, le Comité de coordination pour la convocation d’une conférence nationale organise un meeting qui se termine en émeute de deux jours. En 1991, grèves et manifestations se multiplient. André Kolingba fait face à la « grève du secteur public (d’avril à juillet) et du secteur privé (juin), et à des opérations « villes mortes », à l’initiative de l’Union syndicale des travailleurs centrafricains et de la Coordination des élèves et étudiants ». « Sous la pression de la rue et après des grèves sans précédent »[40], le 22 avril 1991, le président accepte le retour du multipartisme. Après la suspension des libertés syndicales le 6 juillet 1991, des manifestations continuent « pour l’amnistie générale et la convocation d’une conférence nationale » et la répression fait encore « plusieurs victimes à partir d’août 1991 ». Le 1er août 1992 sont organisées des manifestations de protestation contre l’ouverture du Grand Débat National (GDN) pendant lesquelles le Docteur Conjugo trouve la mort. L’alliance des partis Coordination des Forces démocratiques (CFD) organise une journée « ville morte » le 3 août 1992, puis, les syndicats menés par des leaders comme Théophile Sonny-Cole de l’Union Syndicale des Travailleurs de Centrafrique (USTC) et Jackson Mazette, secrétaire général de la Fédération Syndicale des Enseignants de Centrafrique (FSEC-USTC)[41], organisent des « actions multiformes et les grèves illimitées » qui ont une forte influence sur André Kolingba avant sa défaite aux élections d’août et septembre 1993.

A partir d’octobre 1990, au Togo, des grèves, manifestations et « soulèvements populaires » se multiplient autour des revendications d’une Conférence nationale souveraine et d’une nouvelle Constitution »[42], Eyadéma Gnasssingbé choisit la répression. Le 10 avril 1991, il décrète un couvre-feu et le lendemain 28 personnes sont retrouvées massacrées dans la lagune de Bé à Lomé[43]. Le 6 juin 1991, une grève exige une CNS et pas seulement un changement de constitution. Des militants des droits humains s’illustrent dont l’avocat Djovi Gally et Joseph Kokou Koffigoh, le fondateur de la Ligue togolaise des Droits de l’homme qui devient Premier ministre de transition choisi par la CNS obtenu pendant l’été 1991. Puis le dictateur reprend le dessus. A partir du 16 novembre 1992, une grève générale est appelée par l’opposition. Le 25 janvier 1993, Eyadéma Gnasssingbé décide de faire tirer l’armée sur une manifestation pacifique de plusieurs centaines de milliers de personnes à Lomé lors de la visite des Ministres des Affaires étrangères de la France et de l’Allemagne, c’est le massacre de Fréau Jardin, dont le bilan est inconnu, plusieurs dizaines de tués[44].

A partir du 27 octobre 1990, au Mali, l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) reprend le flambeau des contestations de l’Union nationale des élèves et étudiants du Mali (UNEEM) de 1976 à 1980 contre la dictature de Moussa Traoré. Elle participe aux « grèves étudiantes et syndicales » et à la « mobilisation politique et sociale » avec « deux associations politiques, le CNID (Comité national d’initiative démocratique) et l’ADEMA (Alliance pour la démocratie au Mali) »[45]. Cette mobilisation se déroule par ailleurs après l’annonce les 28 et 29 mai 1990, lors de son conseil central extraordinaire, par l’Union nationale des travailleurs du Mali, le syndicat unique, d’une revendication « pour l’instauration du multipartisme et du pluralisme démocratique »[46]. Le 30 décembre 1990, une marche unitaire est organisée par le Cnid et l’Adéma. De plus grosses manifestations ont lieu les 21 et 22 janvier 1991, suivies d’émeutes fin janvier[47]. Puis le 22 mars 1991, lors d’une manifestation sont massacrés des dizaines de personnes. D’autres émeutes ont lieu à partir du 23 mars, faisant encore monter le bilan des tués le 24 mars à « au moins cent-cinquante, selon l’opposition et les milieux diplomatiques »[48], et la grève générale se déclenche[49]. Un coup d’Etat de 17 officiers a lieu le 26 mars 1991 qui permet ensuite une transition vers la démocratie.

En novembre 1990, en Guinée, des grèves et manifestations estudiantines commencées le 27 octobre 1990 se politisent pour aller vers une exigence de réformes démocratiques, de multipartisme, et du départ du président Lansana Conté[50]. La répression cause entre un et trois morts. La mobilisation a lieu avant le référendum constitutionnel du 23 décembre 1990, alors que Lansana Conté veut contrôler le processus et les réformes et retarde la légalisation des partis. En 1992, des manifestations d’opposants sont réprimées par l’armée[51]. Le 25 mai 1993, l’opposition organise une marche[52] qui aboutit à l’ouverture d’un dialogue du pouvoir avec certains partis d’opposition, PRP, RPG et UPG[53]. Par la suite, après les élections de 1993 et 1995, la dictature reprend le dessus.

Le 13 janvier 1991, à Djibouti, après des arrestations pour avoir organisé une réunion politique, une manifestation dégénère à Randa[54] et la répression impose que les mouvements d’opposition se forment de manière clandestine au premier semestre 1991. Puis, la lutte armée du Front pour la restauration de l’unité et la démocratie (FRUD) prend le dessus. Dans la rue, à Arhiba dans le quartier afar de Djibouti-ville, le 18 décembre 1991, « en représailles à une défaite des troupes gouvernementales dans le Nord face au FRUD »[55], l’armée d’Hassan Gouled commet un massacre d’une cinquantaine de personne en tirant sur un rassemblement d’une centaine de personne[56] raflées juste avant[57].

En mars 1991, en Sierra Leone, les étudiants manifestent et se mettent en grève pour réclamer le multipartisme, prenant le relais des demandes de réformes d’un mouvement précédent de salariés, d’enseignants et d’étudiants. Même si leurs revendications aboutissent rapidement dès la fin mars avec en perspective un changement de constitution dès l’été 1991, la guerre civile qui démarre ce même mois, empêche par la suite le débat et la mobilisation de se poursuivre.

Entre le 7 août 1991 et le 6 décembre 1992, pendant la CNS, au Zaïre, des manifestations ont lieu. Le 21 janvier 1992, lors d’une manifestation contre la suspension de la conférence nationale, une dizaine de personnes sont tuées[58] puis début février, à Kinshasa, les syndicats appellent à la grève pour exiger la reprise des travaux[59]. Le 16 février 1992, « 500 000 personnes participent à Kinshasa à une Marche des chrétiens qui réclame la poursuite de la CNS, avec l’appui des Églises »[60] et l’armée tire en faisant plus de trente morts[61]. Le 19 février 1994, le parti UDPS organise à Kinshasa une journée « ville morte ».

En septembre et octobre 1991, au Burkina Faso, la Coordination des Forces démocratiques (CFD) qui exige alors une CNS avant toute élection organise des marches et meetings, dont le 30 septembre 1991, une marche Place de la nation à Ouagadougou qui dégénère, et un meeting le 6 octobre 1991[62], mais n’obtient pas gain de cause. En mai 1990, la première grande mobilisation fortement réprimée des étudiants à l’université de Ouagadougou concerne leurs conditions de vie.

En Mauritanie, après le 24 janvier 1992, date de la présidentielle remportée par le président sortant Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya, après les accusations d’inversion de résultat, des manifestations tournent à l’affrontement à Nouakchott et à Nouadhibou, la deuxième ville du pays, où l’émeute est fortement réprimée, quatre morts étant dénombrés[63].

Le 8 janvier 1992, au Rwanda, à Butare, Gitarama et surtout Kigali, ont lieu des manifestations d’opposants au régime Habyarimana. Le 15 janvier, elles sont ensuite interdites et des manifestants sont arrêtés[64]. Malgré cela, elles entrainent une pression sur les négociations en cours alors que le MRND est poussé à négocier une « ouverture » avant d’accepter un gouvernement de coalition le 16 avril 1992.

Le 17 février 1992, au Tchad, l’opposition organise une grève générale[65] et la Ligue tchadienne des Droits de l’Homme (LTDH) appelle à des ‘journées mortes’, après l’assassinat le 16 février 1992, du vice-président de la LTDH Joseph Behidi. La manifestation qui a lieu à cette occasion à Ndjaména est la première et la dernière grosse manifestation organisée au Tchad puisqu’ensuite Idriss Déby interdit complètement les manifestations.

Au Malawi, à partir du 8 mars 1992, jour de la lecture dans les églises catholiques d’une lettre des évêques catholiques du Malawi critiquant le président Hastings Kamuzu Banda, la société civile, confrontée à une répression particulièrement dure, se réveille. Des étudiants de l’Université du Malawi (Chancellor College et Polytechnic) organisent des manifestations en soutien aux évêques et les campus sont fermés. En avril, le syndicaliste Chakufwa Chihana se fait arrêter alors qu’il fait un discours pour demander un référendum national sur l’avenir politique du Malawi. En mai, les émeutes ouvrières, qui ont pour revendications le départ de Banda, ont lieu dans la ville de Blantyre. Après ces mobilisations en 1992, le multipartisme arrive en 1993 et la démocratie en 1994.

Le 4 mai 1992, au Nigéria, des émeutes éclatent à Lagos et à partir de cette date, de nombreuses manifestations et émeutes s’opposent aux politiques économiques du gouvernement militaire et aux fortes hausses de prix[66]. Après le 18 mai, dans l’État de Kaduna, se déroulent également des affrontements entre chrétiens et musulmans puis des émeutes faisant de nombreux morts[67]. Le 22 juillet 1992 (22 juillet ou 23 août[68]), après une grève entamée le 14 mai et reprise le 20 juillet, après également les législatives du 4 juillet, le gouvernement interdit le syndicat Union du personnel académique des universités (Academic Staff Union of Universities, ASUU)[69], une force militante majeure dans la lutte pour la démocratie, active depuis 1978 sur des questions sociales et économiques surtout[70], déjà interdite après la grève de 1988, et qui continue malgré tout son combat après son interdiction en 1992. Après l’échec de la mise en place du bipartisme en 1993, le régime militaire reste en place. Au Nigéria, face au pouvoir de l’armée, les mobilisations politiques démocratiques se cachent derrière des mobilisations syndicales, sociales et corporatistes, principalement dans les universités.

Le 14 décembre 1992, en Guinée Equatoriale, des professeurs proches du parti Convergence pour la social-démocratie (CPDS) se mettent en grève à l’Institut national de l’enseignement secondaire INEM Rey Malabo[71] pour exiger la libération de Celestino Bonifacio Bakale arrêté le 10 décembre. Le 17 décembre 1992, la grève provoque une manifestation des étudiants qui se termine en émeute (« El 17-D ») et aboutit à de nombreuses arrestations avec maltraitance. Celestino Bonifacio Bakale est libéré le même jour. Le 17-D provoque des réactions diplomatiques américaines et espagnoles, une condamnation de l’UNCHR et des sanctions de la CEE.

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Les pays où les mobilisations populaires sont moins visibles et influentes lors du passage au multipartisme[72] sont sans doute les Comores, les Seychelles, le Lesotho face à un régime militaire, Sao Tomé-et-Principe, le Cap-Vert et la Guinée Bissau, six pays. Dans ces pays, îles ou pays de petite taille, les négociations se déroulent au travers des partis politiques. La démocratisation accompagne le multipartisme au Lesotho, à Sao Tomé-et-Principe, au Cap-Vert. Les guerres et leurs fins empêchent des actions de grèves et de manifestations, en Ethiopie, en Angola et au Mozambique où le multipartisme arrive avec un plan de paix et une transformation de rébellions en partis, au Rwanda (en dehors manifestions du 8 janvier 1992 à Butare, Gitarama et Kigali et de la tentative suivante le 15 janvier 1992) et dans une moindre mesure au Burundi, cinq autres pays. Il se remarque que les cinq anciennes colonies portugaises ne connaissent presque pas de grèves, de manifestations et d’actions de société civile. Ainsi, sans compter le Rwanda en janvier 1992, le passage au multipartisme provoque des grèves, manifestations et émeutes dans 25 pays sur 36 passant au multipartisme, sur 52 pays en Afrique en 1990.

A différent niveau d’intensité, des mobilisations type grèves, manifestations, et plus rarement actions de société civile, commencent, dans l’ordre de l’inventaire des 25 pays sans doute non exhaustif ci-dessus (sans le Rwanda en 1992), en 1984 en Tanzanie, en 1985 au Bénin, en 1987 au Cameroun, en 1988 en Algérie, en 1989 à Madagascar (mars), en 1990 au Gabon (janvier), au Niger (février), en Côte d’Ivoire (février), en Zambie (juin, le 25 juste après le Sommet de la Baule), au Kenya (juillet), au Ghana (août), au Congo Brazzaville (septembre), en Centrafrique (octobre, le 13), au Togo (octobre), au Mali (octobre, le 27), la Guinée (novembre), en 1991 à Djibouti (janvier), en Sierra Leone (mars), au Zaïre (août, début CNS), au Burkina Faso (septembre), en 1992, en Mauritanie (janvier), au Tchad (février), au Malawi (mars), au Nigéria (mai) et en Guinée équatoriale (décembre).

Ainsi, des mobilisations pour le multipartisme commencent dans 8 pays sur 25 avant la Baule et dans 17 autres pays après. Le sommet de la Baule facilite des nouveaux démarrages de processus et aide à intensifier d’autres processus mais n’a rien d’une cause d’un mouvement global, qui avait déjà démarré.

Pour estimer le nombre de personnes mortes pendant la lutte pour le multipartisme en Afrique, un premier inventaire serait le suivant [73] : autour de 500 morts en Algérie dont 250 à 300 à Alger, du 4 au 10 octobre 1988[74], des dizaines de morts, à Madagascar, à Antananarivo, en mars 1989 après l’élection de Didier Ratsiraka le 12 mars 1989[75], trois morts, au Niger, le 9 février 1990, lors d’une manifestation étudiante réclamant une amélioration de leurs conditions de vie et la démocratie[76], six morts, au Cameroun, à Bamenda, le 26 mai 1990, lors de la manifestations pour la création du ‘Social Democratic Front’ (SDF)[77], 27 morts, en Zambie, du 25 au 27 juin 1990, lors des émeutes causées par le doublement du prix de la farine de maïs dans le cadre d’un plan du FMI et demandant le départ de Kenneth Kaunda[78], 22 morts au Kenya du 7 au 12 juillet 1990 dans les « émeutes pro-démocratie »[79], entre un et trois morts, en Guinée, en novembre 1990, pendant les manifestations estudiantines exigeant le départ du président Lansana Conté[80], au moins cent-cinquante morts, au Mali, entre le 22 mars et le 24 mars 1991, dont des dizaines lors de la manifestation pour la démocratie du 22 mars et les autres les 23 et le 24 pendant des émeutes[81], 28 morts, au Togo, à Lomé, le 10 avril 1991, après une manifestation pour obtenir une Conférence nationale souveraine et une nouvelle Constitution [82], des morts, au Cameroun après le 5 juillet 1991 pendant les « villes mortes » du « Plan d’action de Yaoundé II », une cinquantaine de morts, à Madagascar, à Antananarivo, le 10 août 1991, quand la garde présidentielle tire sur la foule de 400 000 personnes rassemblée pour réclamer la démocratie au travers d’une nouvelle constitution[83], quatre morts, en Mauritanie, à Nouadhibou, après le 24 janvier 1992, lors des émeutes après les accusations contre Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya d’inversion de résultat de la présidentielle[84], une dizaine de morts, au Zaïre, le 21 janvier 1992, lors d’une manifestation contre la suspension de la conférence nationale[85], plus de trente morts, 49 selon MSF, tués par l’armée, au Zaïre, à Kinshasa, le 16 février 1992, lors de la Marche des chrétiens qui réclame la poursuite de la CNS[86], plusieurs dizaines de morts, au Togo, à Lomé, à Fréau Jardin, lors d’une manifestation de plusieurs centaines de milliers de personnes pendant la visite des Ministres des Affaires étrangères de la France et de l’Allemagne[87]. Le bilan total africain des morts pour le multipartisme serait estimé, selon cette liste de faits, à entre 870 et 950 morts[88] dont plus de la moitié en Algérie.

*

Aux débuts des années 90, dans les grandes villes surtout, les jeunes, étudiants et les universitaires deviennent des acteurs prépondérants qui aident à faire démarrer et à amplifier les luttes pour la démocratie. Les syndicats s’impliquent pour le multipartisme au travers de grèves et de journées ‘villes mortes’ et, cela, d’autant plus facilement qu’à partir d’un moment les syndicats uniques disparaissent. Le haut niveau de répression retarde jusqu’en 1992, l’expression des revendications démocratiques, en particulier, des mouvements ne se déclarent que cette année-là, en Mauritanie, au Tchad, au Malawi, au Nigéria et en Guinée équatoriale. Il arrive aussi souvent que la pression des manifestants ou grévistes diminue ou disparaisse quand les partis politiques sont enfin autorisés, quand ils portent, avec ou sans répression, les revendications démocratiques et sont considérés comme représentatifs de la population voulant des réformes ou un changement de régime. Au fur et à mesure que des négociations deviennent possibles ou avancent pour mettre en place des institutions en multipartisme, avec élections concurrentielles mais avec ou sans démocratie, dans beaucoup de pays, la mobilisation populaire, plus forte dans des périodes de crises avec des fortes résistances face aux revendications, diminue. Des dirigeants de partis politiques qui représentent plus ou moins bien la population trouvent une plus grande place quand approchent les premières élections, démocratiques ou non. Il manque encore de recul sur la qualité des processus électoraux et le besoin de contrôle quand des dirigeants d’anciens partis uniques sont décidés à rester au pouvoir.

Régis Marzin, journaliste et chercheur indépendant

contact Mail, Twitter : @Regis_Marzin

[1] (20 Fr =17+3+0)+(21 Uk =9+10+2 Namibie (Afr. Sud)+ Soudan du Sud)+(5 Pt =5+0+0)+(3 Be =3+0+0)+(3 It =0+2+1 Erythrée)+(1 Es =1+0+0)+(2 sans = 1+1+0)= (55=36+16+3)

[2] ou sud-africaine avec la Namibie, sans le Sud Soudan et le Somaliland pas encore créés.

[3] L’Erythrée reste en guerre d’indépendance jusqu’en 1993.

[4] thecitizen.co.tz, 23.10.2019

[5] Olivier Bain, L’etat du Monde 1981-1998, Bénin

[6] PCB, Déclaration a l’occasion des trente ans de la conférence nationale de 1990, La flamme, 23.2.20

[7] Onze décembre 1989 une épopée glorieuse, une date inoubliable, Gilbert Kouessi, la Flamme, 11.12.2019, p6 .doc + échange mail 1.9.2020

[8] Pommerolle M.-E., 2005, À quoi servent les droits de l’Homme  ? Action collective et changement politique au Cameroun et au Kenya, Thèse science politique, Sciences Po Bordeaux, cité par Cindy Morillas, §21, 3.2018

[9] Cindy Morillas Ibid., §22 + fin chap3 + Wikipedia ‘Histoire_du_Cameroun’+‘Histoire_contemporaine_du_Cameroun’ + Jeune Afrique 20.1.88

[10] 30 000 personnes selon Perspective Monde, Ibid.

[11] Camer.be 26.5.2016

[12] Gono, Thèse Lyon 2, février 2000

[13] Note 758 Gono, Ibid.

[14] Benjamin Stora, Octobre 1988 : une nouvelle histoire commence en Algérie, 7.10.2008

[15] Perspective monde, Université de Sherbrooke, Québec, 14 juin 1991 Contestation populaire à Madagascar

[16] Olivier Vallée, Pouvoirs et politiques en Afrique, 1999, p7 cité par Mamadou Dindé Diallo, thèse histoire, 28.5. 2003, p247 (=251)

[17] Perspective monde, Université de Sherbrooke, Ibid.

[18] Le Monde, 26.5.1990

[19] matierevolution.fr, Ibid.

[20] Le Monde, 26.5.1990 + matierevolution.fr, Ibid.

[21] Le Monde, 26.5.1990 + matierevolution.fr, Ibid.

[22] 3 morts selon Le Monde, 11.2.1990, peut-être plus 20 selon matierevolution.fr, Ibid.

[23] Diégou Bailly, L’Harmattan, 1995 + Tiégbé Amani, ‘Etudiant, syndicat et engagement politique’, 2018, hal-01847156v1, p12=11

[24] INA 20h Antenne 2, 2.3.1990

[25] Bernard Conte, LAM de Bordeaux, Chronologie

[26] Journal Mwebantu, 27.6.2020

[27] Jane Perlez, New-York Times, 1.7.1990

[28] Jane Perlez, Ibid.

[29] Melvin LM Mbao, ‘The politics of constitution – making in Zambia : where does the constituent power lie ?, 4.2007, p12

[30] HRW, ‘Divide and Rule : State-Sponsored Ethnic Violence in Kenya’, 1.11.1993

[31] 7-12 juillet 1990 Kenya. Des émeutes très meurtrières, Universalis + Le Monde, 14.7.1990

[32] Hervé Maupeu, Jérôme Lafargue, La société civile kenyane : entre résilience et résistance, Politique africaine N°70, 6.1998, p69=9

[33] Kivutha Kibwana, Université de Nairobi, Constitutionnalisme et démocratie au Kenya, 1990-1997, Politique africaine N°70, 6.1998, p77=4

[34] Robert M. Press, , Christian Science Monitor, 4.12.1991

[35] Joseph R.A. Ayee, Ibid., p436 citant A. Adu Boahen à Accra le 24 juillet 1991

[36] Wikipedia ‘Congolese_Trade_Union_Confederation’ + République_populaire_du_Congo’

[37] Claude-Ernest Kiamba., p296=297

[38] Sassou Nguesso, l’irrésistible ascension d’un pion de la Françafrique, Fédération des Congolais de la diaspora (FCD), 2009, p9+35

[39] Rémy Bazenguissa-Ganga, Ibid., pp119-134, + échange mail avec Rémy Bazenguissa-Ganga les 11 et 12.2020, d’après Quantin et Lebris pour les « barricades »

[40] AFP repris par Jeune Afrique, 8.2.2010

[41] Clotaire Saulet-Surungba, devoir de mémoire, sangonet.com

[42] Amélie Delcamp, classe-internationale, 27.3.2018 + Matthieu Kairouz, Jeune Afrique 7.7.2016

[43] RFI 16.4.2011

[44] UFC Togo, 25.1.2004 + news.alome.com, 25.1.2018

[45] Drissa Diakité, La crise scolaire au Mali, Nordic Journal of African Studies, Université Bamako, 2000

[46] Marie-France Lange, Insoumission civile et défaillance étatique : les contradictions du processus démocratique malien, Autrepart, 1999 p117-134, cité par wikipedia ‘Histoire_du_Mali’ + Révoltes en Afrique en 1988-1991, 1991 republié en 18.9.15 par Robert Paris, matierevolution.fr

[47] matierevolution.fr, Ibid.

[48] 22-29 mars 1991, Mali. Chute du président Moussa Traoré, universalis.fr

[49] matierevolution.fr, Ibid.

[50] Reuter 23 nov. 1990 et BBC Summary 29 nov. 1990 cités par Canada : Immigration and Refugee Board of Canada, 3.8.1992

[51] AFP, Le Monde, 25.12.1993, p6.

[52] International Commission of Jurists, rapport d’observation électoral 1993, icj.org, p9=8

[53] ICJ, Ibid., p11=10

[54] Quentin Brisset et Étienne Chaudeurge, Ibid., p11=9 + Minorities at Risk Project, Chronology for Afars in Djibouti, 2004

[55] ardhd.org, 18.12.2018

[56] Minorities at Risk Project, Ibid., 2004

[57] ARD, Documents annexe sur le massacre d’Arhiba du 18 décembre 1991, 18.12.2010

[58] Colette Braeckman, 24.4.1993

[59] Pas de traces des syndicats impliqués. A partir de 91, les principaux syndicats sont l’Union Nationale des Travailleurs du Zaïre (UNTZa futur UNTC) syndicat unique jusqu’en 1991, la Confédération Démocratique du Travail (CDT) et la Centrale Syndicale du Zaïre (CSZa future CSC)

[60] RFI, 1885-1995 : De la colonisation à la dictature, le Congo-Zaïre en coupe réglée

[61] CBraeckman, 24.4.1993, NDI p30 : 17 morts de source officielle, 32 morts selon la Ligue zaïroise des droits de l’homme, 49 morts selon MSF

[62] Kouléga Julien Natielse, ‘Le Burkina Faso de 1991 à nos jours : entre stabilité politique et illusionnisme démocratique’, Science politique, Univ. Montesquieu – Bordeaux IV, 2013, p112=110, Note 294

[63] Pierre Robert Baduel, 1994, Les partis politiques de Mauritanie (1945-1993), Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée 1994 72, p93

[64] matierevolution.fr, Ibid.

[65] Le Monde, 18.2.1992 + 19.12.1992

[66] Immigration and Refugee Board of Canada, 1995 : HRW déc. 1992, 38 + Amnesty 1993, 226 ; HRW déc. 1992, 38

[67] “Quelques milliers” selon HRW déc. 1992, 38 et Country Reports 1992 1993, 202, cités par Immigration and Refugee Board of Canada, 1995

[68] selon les sources, seconde source 23.8.92 : History of the Academic Staff Union of Universities (ASUU)

[69] Immigration and Refugee Board of Canada, 1995 : Constitutional Rights Journal juillet-sept. 1993c, 12 ; Country Reports 1992 1993, 201

[70] « conditions de service ; le financement ; autorité universitaire / liberté académique ; la défense du droit à l’éducation ; les grandes questions nationales telles que les luttes anti-militaires ; et les actions contre la privatisation, le PAS et d’autres politiques néolibérales du gouvernement, y compris les tentatives de la Banque mondiale de prendre le contrôle du système universitaire nigérian grâce à son prêt de 120 millions de dollars sous le régime de Babangida », Chijioke Uwasomba, Ibid., 5.9.2013

[71] CPDS, Les événements du 17-D, 28.11.2018

[72] Des recherches complémentaires sont sans doute nécessaires pour compléter l’inventaire des mobilisations.

[73] Le massacre d’Arhiba à Djibouti le 18.12.1991 n’est pas dans cet inventaire parce qu’il s’agit de « représailles à une défaite des troupes gouvernementales dans le Nord face au FRUD » (citation ARDHD)

[74] Benjamin Stora, Octobre 1988 : une nouvelle histoire commence en Algérie, 7.10.2008

[75] Perspective monde, Université de Sherbrooke, Québec, 14 juin 1991 Contestation populaire à Madagascar

[76] 3 morts selon Le Monde, 11.2.1990, peut-être plus 20 selon matierevolution.fr, Ibid.

[77] 30 000 personnes selon Perspective Monde, Université de Sherbrooke, Québec, mai 1990, manifestations au Cameroun + Camer.be 26.5.2016

[78] Jane Perlez, New-York Times, 1.7.1990 + Journal Mwebantu, 27.6.2020

[79] HRW, ‘Divide and Rule : State-Sponsored Ethnic Violence in Kenya’, 1.11.1993

[80] Reuter 23 nov. 1990 et BBC Summary 29 nov. 1990 cités par Canada : Immigration and Refugee Board of Canada, 3.8.1992

[81] matierevolution.fr, Ibid. + 22-29 mars 1991, Mali. Chute du président Moussa Traoré, universalis.fr

[82] RFI 16.4.2011 + Amélie Delcamp, classe-internationale, 27.3.2018 + Matthieu Kairouz, Jeune Afrique 7.7.2016

[83] Perspective monde, Université de Sherbrooke, Ibid.

[84] Pierre Robert Baduel, 1994, Ibid., p93

[85] Colette Braeckman, 24.4.1993

[86] CBraeckman, 24.4.1993, NDI p30 : 17 morts de source officielle, 32 morts selon la Ligue zaïroise des droits de l’homme, 49 morts selon MSF + RFI, 1885-1995 : De la colonisation à la dictature, le Congo-Zaïre en coupe réglée

[87] UFC Togo, 25.1.2004 + news.alome.com, 25.1.2018

[88] 500+30-60+3+6+27 +22+1-3+150+28+10-20+50+4+10+30-60=871-943

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